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Actualités - Reportage

MÉTIERS DE LA MODE Les détecteurs de tendances

Que porterons-nous, qu’achèterons-nous et… que penserons-nous dans quelques années? Pas besoin de nous creuser la tête, les agences de style le savent déjà! Il y a quelques années, un spécialiste libanais de l’habillement avait fait appel aux services de l’un de ces «détecteurs de tendances», débauché d’un grand magazine de mode masculin. Mi-incrédules, mi-ironiques, nous l’avions écouté prédire le remplacement massif du zip par le scratch, l’arrivée des pantalons et des jupes «puzzle» auxquels il est possible d’ajouter ou de retirer une longueur selon l’humeur, le rajout d’une tirette fluo, orange ou rouge à toutes les attaches, mais aussi l’anoblissement de l’agrafe couture qu’on a retrouvé cette année chez D&G. Il nous avait également exhibé des échantillons de tissus parachute, dont les grands couturiers font désormais leurs blousons, et venté, en plein délire minimaliste, une libération massive de la couleur, tant pour la fourrure que pour les cheveux. Camelot des temps modernes, il sortait de ses poches toutes sortes de gris-gris touristiques, d’horribles portefeuilles en plastique transparent où dansait Shiva de ses quatre bras quand on remuait la chose. Voilà à quoi ressembleront les gadgets dans cinq ou six ans, nous avait-il dit. Son job, c’était de faire le tour du monde, de fourrer son nez dans le shopping des touristes et de flairer ce qui plaît. Il suffit ensuite de le proposer aux industriels spécialisés et d’en faire une tartine dans les magazines de mode, avec des photos où les «people» du moment leur donnent crédit. Pendant quelques mois, on laisse mariner, on crée le désir, on écoule au compte-gouttes à prix d’or pour les happy-few, et puis on balance le tout en créant une sorte d’hystérie, de marée qu’on appellera tendance! Nelly Rodi, Peclers ainsi que Promostyl et Lidewu Edelkoort sont à la mode ce qu’est l’institut C.D. Howe à l’économie. À mi-chemin du marketing et de la sociologie, de la publicité et de l’ethnologie, ces Nostradamus de l’air du temps peuvent aussi bien prédire la couleur de nos souliers que le genre de roman que nous lirons demain. Ils ont pour rôle d’annoncer aux multinationales du textile, aux chaînes de prêt-à-porter et aux fabricants d’ordinateurs californiens ce que les consommateurs achèteront dans l’avenir. «Nous essayons de décrypter les tendances deux ans à l’avance. Notre métier consiste à lire dans la tête des gens ce qui sera à la mode avant qu’ils ne le sachent eux-mêmes», affirme le plus sérieusement du monde Elsa Coustal, de chez Nelly Rodi. Avec ses 25 stylistes et ses 17 représentants dans le monde, Nelly Rodi est présente aussi bien aux États-Unis qu’en Corée ou à Taïwan. Quatre fois par an, la maison réunit sa trentaine de stylistes et de spécialistes du design, du prêt-à-porter et de la décoration. C’est par ce genre de brainstorming que les agences tentent de saisir aussi bien les humeurs de l’époque que les grands évènements qui s’annoncent. Le bleu est de retour? «Cela peut être aussi bien attribuable à un besoin d’espace, de liberté chez le consommateur qu’à l’inauguration cette année-là d’un grand musée consacré à l’océan», explique Elsa Coustal. Et par certains de ses aspects, le travail des stylistes tient presque de la littérature. «Nous élaborons les quatre ou cinq scénarios de la saison.» Des «histoires», comme on dit dans le milieu, qui résument quelques-uns des feelings du consommateur d’aujourd’hui. Ça donne quoi? Ces scénarios sont l’amorce d’un long processus qui donnera finalement chez Nelly Rodi 14 cahiers à tirages limités (de 200 à 600 exemplaires) portant aussi bien sur les couleurs et les textures que sur la décoration. Des cahiers que s’arrachent les industriels japonais ou américains, qui paient jusqu’à 2500 $ pièce pour y puiser leur inspiration. Dominique Peclers, fondatrice de l’une des toutes premières agences de style parisiennes: «Mon métier, c’est d’anticiper.» Sa grande réussite reste le retour, en 1984, du caleçon féminin. Le premier marchand par correspondance de France en a vendu 60000 dès la première année – un chiffre astronomique pour un nouveau produit. Le retour du lycra dans le vêtement féminin est aussi au tableau d’honneur de Peclers. Où la styliste trouve-t-elle toutes ces idées? «Il y a des lieux où l’on voit poindre les courants de demain. Le milieu underground, les magazines marginaux, le futur est toujours en germe dans le présent», dit-elle. C’est pour cela qu’elle est constamment à cheval entre Tokyo et Los Angeles. «Il y a 30 ans, les industriels nous disaient: aidez-nous à être à la mode. Maintenant, ils veulent être dans le coup, en se distinguant de leurs concurrents.» Marlon Brando, James Dean, Elvis, les Beatles, Steve McQueen, Madonna... tous le portent ou l’ont porté pour la même raison: il symbolise gloire et révolte. Mais où diable le Perfecto a-t-il été chercher une telle réputation? Il naît bien modestement, pourtant, à Staten Island, New York, en 1928, des mains d’un immigrant russe, Irving Schott, qui tenait, avec son frère Jack, une petite usine fabriquant des imperméables faits main et vendus au porte-à-porte. Un jour, une marque de moto commande des blousons à Irving. Comme il adorait lui-même écumer le bitume, il en crée un, pratique et très résistant, en bon cuir de vache, avec manches fuseau, soufflets d’aération et zips. Une révolution! Il le nomme Perfecto, du nom de sa marque préférée de cigares nicaraguayens, et le vend... 5,50 $! Quand on pense que le Perfecto est fabriqué aujourd’hui à 350000 exemplaires par an et que les ventes internationales atteignent 60 millions $US! Sa véritable célébrité commence en 1954, avec L’équipée sauvage, un road-movie mettant en vedette Marlon Brando. Les adolescents s’en emparent et l’utilisent comme symbole de leur rébellion contre l’autorité parentale. James Dean, héros de La fureur de vivre, le joue désinvolte; Peter Fonda, débraillé dans Easy Rider, et Gene Vincent, vedette du rockabilly, plus agressif. Il devient le must des rockeurs de tout acabit: look mauvais garçon garanti! Même les Beatles l’adoptent. Gainsbourg l’aimait sans manches et le portait peau nue, Jagger l’agrémentait d’un long foulard, Madonna les épaules dénudées, Françoise Hardy, à la hippie, et Pamela Anderson, sexy évidemment. Vêtement de rue par excellence, il permettait à l’origine aux stars de faire le lien avec leurs fans, identification oblige. Il est ensuite devenu symbole de puissance, de danger et de subversion avec les Hells Angels et les punks. Un peu oublié durant les années «flashy disco», il est de retour, auréolé de gloire et de glamour, avec un petit air rebelle «anti-establishment» en sus. Mais, fidèle à ses racines street, il reste à la portée de tous. En vente dans tous les bons magasins! ESTHÉTIQUE Le meilleur moment de la journée pour prendre soin de soi Si on les effectue au bon moment, les soins de beauté peuvent être optimisés. Voici des astuces pour faire durer le plus longtemps possible les effets de votre «bichonnage» quotidien: Prendre un bain Le soir. L’eau tiède et le relatif état d’apesanteur relaxent nos muscles et nous préparent au sommeil. Et pour en faire un moment de détente complète, on adopte un rituel du bain, que l’on accompagne ou non de produits traitants ou parfumés. Hydrater son visage Le matin, 20 minutes après la douche. Les gras qui protègent la peau ont eu le temps de se reconstituer, ce qui nous évite de devoir appliquer trop de crème hydratante. Si notre crème hydratante contient des filtres solaires, on l’étale 20 minutes avant de sortir, pour donner aux filtres le temps de se fusionner à la peau. On peut aussi en profiter pour masser la peau de notre visage en suivant diverses techniques de massage. Ces techniques permettront de cibler un endroit plus relâché de votre visage et d’en prévenir la perte de fermeté. Hydrater son corps Le matin, au sortir de la douche. L’hydratant s’étale mieux sur une peau moite. Se maquiller Le matin, 20 minutes après avoir hydraté notre visage, pour permettre aux fards en poudre de mieux s’étaler. D’autre part, on privilégie toujours la lumière du jour pour se maquiller. Comme c’est la moins favorable pour le visage, on peut ainsi mieux voir et camoufler nos petits défauts. Se parfumer Le matin, après avoir hydraté notre corps mais avant de nous habiller. En effet, il vaut mieux parfumer le corps nu, en ciblant les plis fessiers, le nombril, le creux des chevilles, des genoux, des seins, des coudes, de la nuque et des oreilles. Appliquer notre crème anti-âge Au coucher. Les acides de fruits rendent la peau plus sensible au soleil. Quant au rétinol, il perd une partie de son efficacité à la lumière. S’exfolier Le matin, sous la douche pour garder une peau soyeuse. En règle générale, deux exfoliations hebdomadaires suffisent. Retoucher notre maquillage Après 15h. L’excrétion de sébum atteint son maximum entre midi et 15h. Une fois cette période passée, notre peau en produit moins. Traiter nos cheveux Le matin après le shampooing, si nos cheveux sont normaux, on les vaporise d’un traitement sans rinçage. S’ils sont secs, une fois par semaine, le soir, on applique un masque hydratant qu’on laisse agir pendant 15 minutes. Soigner nos pieds Le soir. Enrober les pieds crevassés avec une crème (genre Vaseline) avant de les couvrir de bas de coton pour la nuit. Appliquer notre autobronzant Soir et matin. Le soir, on applique une fine couche d’autobronzant pour que la couleur se développe durant la nuit. Le matin, une seconde couche d’autobronzant renforce et uniformise le bronzage. Traiter notre cellulite Chaque matin. L’hydratant sera étalé après, pour ne pas nuire à la pénétration des actifs anticellulite. Le soir, on étale de nouveau le produit anticellulite. Diverses techniques d’automassage peuvent être utilisées pour améliorer le tonus et l’apparence de notre «peau d’orange». Épiler nos sourcils Le soir, après le bain. Les vapeurs du bain dilatent les pores, ce qui rend l’épilation moins douloureuse. Pour les refermer, on applique un glaçon sur la peau, suivi d’un tampon de lotion astringente. Acheter un parfum En matinée. Notre odorat est encore «frais». On évite toutefois de choisir un nouveau parfum pendant nos règles quand notre olfaction est légèrement perturbée et que notre peau peut faire tourner la fragrance. Se manucurer Le soir, après le bain. Ramollies par l’eau, les cuticules sont plus faciles à repousser. Toutefois, on attend le lendemain pour étaler la laque transparente de finition. De cette façon, le vernis sera plus résistant. En ce début de millénaire, les tendances sont si nombreuses qu’on en perd son latin. Hip, cool, bohème, hippie-chic, urbain, rétro-chic, preppy ou simplement classique, faites vos jeux! Une garde-robe, ça se construit par strates Ce qu’il faut d’abord comprendre, c’est qu’il y a les basiques et les choses plus éphémères. Un bon basique, c’est un beau chemisier, blanc ou bleu pâle, très bien coupé. C’est aussi un beau col roulé noir sans manches, passe-partout, un ou deux cachemires ayant fière allure, des tricots de qualité qui moulent bien et de jolis tee-shirts très près du corps, qui peuvent se porter aussi bien sous un tailleur qu’avec un jean. L’option mix and match, gagnante à coup sûr L’idée, dans une optique d’économie, est de se donner une marge de manœuvre en combinant un certain nombre d’éléments de qualité à travers différents contextes: travail, loisirs, sorties, soirées plus chics... En d’autres termes, il faut être en mesure de faire ce qu’on appelle du mix and match: assembler et adapter. Le confort, la coupe et la qualité: des éléments primordiaux Les experts affirment qu’on peut très bien se tirer d’affaire avec les bonnes couleurs et les bonnes coupes, tout en considérant la vocation réelle des vêtements. Un bon point de départ est sans aucun doute le classique tailleur trois-pièces, composé d’une veste, d’un pantalon et d’une jupe à partir desquels on peut faire toutes sortes de combinaisons. La veste peut être portée seule, avec le pantalon ou la jupe, ou vous pouvez n’enfiler que le pantalon et l’assortir d’un chemisier, d’un twin-set (chemisier plus débardeur) ou d’un pull à col roulé. Vive les couleurs neutres pour le basique Pour ce qui est des couleurs, il faut se ranger du côté des valeurs sûres. Le marine reste un classique, mais cela dépend des saisons. Avec le blanc, le noir ou le taupe, on ne peut pas se tromper. Les nouveaux neutres, comme le rouge et le brun, sont également de bons choix. On peut les coordonner avec les couleurs de la saison. Accessoires, textures et motifs pour ajouter du piquant À partir de ces bases, on peut se donner une allure plus tendance en ajoutant quelques «accessoires» fantaisie, tels des tee-shirts de nylon avec imprimés du genre hologramme, croco ou autres. Si l’on vous affirme que le classique ne supporte pas un peu de folie, n’en croyez pas un traître mot. Et puis, nul besoin de dépenser une fortune pour ces quelques accessoires plus vibrants... Et vous, messieurs… une règle: simplicité Pour ce qui est des messieurs, les règles vestimentaires ont quelque peu changé. Il est désormais possible pour eux d’allier leur style personnel à une esthétique classique, inspirée du passé. Le classique complet peut dorénavant être agencé avec un col roulé au lieu de la traditionnelle cravate.
Que porterons-nous, qu’achèterons-nous et… que penserons-nous dans quelques années? Pas besoin de nous creuser la tête, les agences de style le savent déjà! Il y a quelques années, un spécialiste libanais de l’habillement avait fait appel aux services de l’un de ces «détecteurs de tendances», débauché d’un grand magazine de mode masculin.

Mi-incrédules, mi-ironiques, nous l’avions écouté prédire le remplacement massif du zip par le scratch, l’arrivée des pantalons et des jupes «puzzle» auxquels il est possible d’ajouter ou de retirer une longueur selon l’humeur, le rajout d’une tirette fluo, orange ou rouge à toutes les attaches, mais aussi l’anoblissement de l’agrafe couture qu’on a retrouvé cette année chez D&G. Il nous avait également exhibé des échantillons de tissus parachute,...