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Actualités - Reportage

Des cours à la pelle pour répondre à la demande des femmes

Le succès fulgurant de la mode de la danse du ventre n’est plus à décrire, et s’est accentué durant les cinq dernières années, répondant à la demande féminine qui ne cesse d’augmenter. Pour le plus grand bonheur des professeurs de danse, qui se déplacent souvent d’un club à un autre pour donner leurs cours, lorsqu’ils ne se limitent pas à une seule école de danse. Quant aux méthodes d’enseignement, elles diffèrent souvent, même si la technique est unique. Les tarifs, eux, varient entre 35 et 55 dollars par mois, selon le cours, le lieu et le professeur. Ici, après un échauffement assez proche de l’aérobic, on privilégie l’apprentissage en douceur, on axe sur la technique, on décortique chaque pas. Là, on préfère commencer par une mise en train rapide puis enchaîner sur les danses à succès, pour répondre au souhait des femmes, souvent pressées d’exercer leurs talents. Ailleurs, on centre le cours sur les musiques très rythmées, au son de la « derbaké », ou de la « tablé », alliant échauffement technique, enchaînement de pas et danses. Partout, les professeurs qualifiés arrivent à leur manière au but recherché : apprendre aux élèves la danse orientale. « Je tente de mettre la technique à la portée de toutes les femmes, même les débutantes », explique Jeanine Badr, qui enseigne la danse du ventre à une centaine de femmes de tous âges, dont quelques femmes enceintes, dans différents clubs du pays. Simplifiant les mouvements difficiles, variant ses chorégraphies, utilisant des chansons à succès, elle entraîne ses élèves à faire travailler leur corps, à exercer leur mémoire et à retenir l’enchaînement des mouvements. « L’effort personnel est indispensable pour acquérir grâce, distinction et souplesse, surtout lorsqu’on n’a jamais dansé auparavant », précise-t-elle, ajoutant que certaines femmes font parfois des progrès remarquables. Pour Pierre Haddad, professeur de danse orientale depuis 21 ans, dont les élèves viennent de tous les coins du pays, ce phénomène de société découle de la sensibilisation des femmes à la nécessité de faire du sport et à être bien dans leur corps. « Même les femmes fortes peuvent être bien dans leur corps et danser gracieusement », dit-il, ajoutant que celles-ci dansent souvent mieux que les femmes minces qui, elles, doivent faire beaucoup d’efforts pour onduler ou se déhancher. « Quant aux progrès réalisés, ils varient selon le don de chacune, explique-t-il, car la danse doit venir du plus profond de soi. » Selon lui, l’apprentissage se fait au fur et à mesure. Mais au moins trois mois sont nécessaires pour retenir les enchaînements et les pas et pour se sentir à l’aise en dansant. « Signe de féminité, de délicatesse, de sensualité et de finesse, la danse orientale a mis beaucoup de temps à être adoptée par la société libanaise, qui refusait de reconnaître ses propres valeurs orientales », regrette Rafic Gharzouzi, qui dirige une académie de danse. « Cette société en avait d’ailleurs une vision erronée et l’assimilait à la danse de cabaret », précise-t-il. On assiste aujourd’hui à une prise de conscience de la beauté de la danse orientale, non seulement au Liban, mais dans le monde entier, estime ce professeur. Et d’ajouter que le meilleur moyen de l’enseigner aujourd’hui est d’en simplifier la technique et les chorégraphies, même si celles-ci ne sont pas toujours authentiques. Certes, au terme de quelques cours de danse orientale, il n’est pas évident de se déhancher sans complexe dans une soirée mondaine, sous les regards des proches, qu’ils soient critiques, ironiques ou au contraire admiratifs. Car après tout, et malgré l’évolution des mœurs et la banalisation du phénomène, la danse orientale n’en reste pas moins une curiosité. A.-M. H.
Le succès fulgurant de la mode de la danse du ventre n’est plus à décrire, et s’est accentué durant les cinq dernières années, répondant à la demande féminine qui ne cesse d’augmenter. Pour le plus grand bonheur des professeurs de danse, qui se déplacent souvent d’un club à un autre pour donner leurs cours, lorsqu’ils ne se limitent pas à une seule école de danse. Quant aux méthodes d’enseignement, elles diffèrent souvent, même si la technique est unique. Les tarifs, eux, varient entre 35 et 55 dollars par mois, selon le cours, le lieu et le professeur.
Ici, après un échauffement assez proche de l’aérobic, on privilégie l’apprentissage en douceur, on axe sur la technique, on décortique chaque pas. Là, on préfère commencer par une mise en train rapide puis enchaîner sur les danses à succès, pour...