La grave crise que traverse le n°1 italien de l’agroalimentaire a culminé samedi avec l’arrestation de son patron, Calisto Tanzi, pour détournements de fonds et banqueroute frauduleuse.
Elle pourrait avoir des répercussions catastrophiques pour l’avenir immédiat du Parma Calcio, présidé par son fils, Stefano Tanzi. Parmalat possède en effet 98% des actions du club de série A.
Les prochains jours risquent d’être décisifs pour l’avenir du club parmesan. Pour renflouer ses caisses, il pourrait notamment être contraint de se séparer de plusieurs de ses meilleurs joueurs. Déjà, la presse italienne évoque les départs du Japonais Hidetoshi Nakata, du Brésilien Adriano (l’Inter Milan aurait proposé 27 millions d’euros) et du gardien de but français Sébastien Frey.
Un éventuel exode aux allures d’immense gâchis pour un club qui a su se faire une place parmi les grands du Calcio.
Premiers rôles
Depuis l’arrivée aux commandes des Tanzi en 1990, Parme a franchi avec méthode les échelons, passant du modeste club de province au puissant d’Europe.
En treize ans, Parme a ainsi enlevé deux Coupes de l’UEFA (1995, 1999), trois Coupes d’Italie (1992, 1999, 2002), une Supercoupe d’Italie et une Supercoupe d’Europe (1993).
Même s’il n’a jamais réussi à s’emparer du titre national, Parme joue le plus souvent les premiers rôles en championnat d’Italie. Cette année encore, il occupe une excellente 6e place, à l’issue de la 14e journée, et reste en course pour une nouvelle qualification européenne en fin de saison.
Malgré le gouffre comptable de Parmalat – un trou d’au moins sept milliards d’euros – et des nouvelles accablantes au quotidien, les dirigeants de Parme continuent néanmoins à nourrir l’espoir de sortir de cette impasse.
Son directeur général, Patrick Nebiolo, et le manageur général responsable de la section technique, l’ancien sélectionneur national Arrigo Sacchi, repoussent énergiquement toute hypothèse de disparition.
Plan de relance
« Nous allons nous rendre indépendants de Parmalat, a commenté M. Sacchi. Deux assemblées générales sont prévues le 31 décembre et le 9 janvier qui nous permettront de mettre en place un plan de relance ».
Ce plan prévoit la construction d’un nouveau capital social avec le soutien d’autres partenaires locaux, nationaux et étrangers, qui, selon les deux hommes, se sont déjà manifestés.
« Beaucoup de problèmes seront réglés après les vacances, profitez-en pour retrouver une sérénité perdue ces derniers temps », a d’ailleurs martelé Arrigo Sacchi devant les joueurs, évidemment perturbés par le scandale, comme l’attestent leurs trois défaites lors des trois derniers matches avant la trêve d’hiver.
Les dirigeants de Parme ne veulent pas entendre parler non plus de vendre, pour l’instant du moins, leurs meilleurs joueurs : « Nous n’avons prévu aucune réduction de notre effectif, assure M. Nebiolo. Au contraire, en janvier, il sera encore plus fort. Quant à Adriano, il restera avec nous jusqu’en juin, il n’y a pas de doute là-dessus ».
« Les salaires sont en ordre, insiste-t-il. Il nous faut seulement convaincre les joueurs qu’ils peuvent encore jouer un rôle de premier plan. Nous sommes à douze points du leader (l’AS Rome) et nous pouvons rester dans le haut du tableau ».


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