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L’Irak, nouvel eldorado pour les sociétés étrangères de sécurité(photo)

Les compagnies privées occidentales spécialisées dans la sécurité se sont ruées en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein et font de très bonnes affaires dans un pays rongé par la violence.
Dans le hall d’un des hôtels pour Occidentaux de Bagdad, gardé comme une forteresse, un homme surveille d’un regard perçant les allées et venues.
De nationalité britannique, il est l’un de ces innombrables gardes étrangers présents en Irak, chargés d’assurer la protection des membres de la coalition, des entrepreneurs privés, des hauts responsables du Conseil de gouvernement irakien, ou encore des infrastructures pétrolières.
« Les clients recherchent l’expérience de soldats qui ont déjà connu des situations extrêmement difficiles, et qui ne vont pas se mettre à bondir dans tous les sens et à crier au moindre incident », dit cet homme, qui ne cache pas son mépris pour ses homologues irakiens, « pas disciplinés » et prompts à déserter selon lui.
De fait, la plupart des gardes étrangers sont des anciens des guerres africaines, latino-américaines ou irlandaise, ou encore d’ex-policiers américains reconvertis dans ce secteur plus lucratif. Leur principale motivation : les espèces sonnantes et trébuchantes. « C’est d’abord et avant tout une question d’argent », reconnaît le garde britannique, qui refuse toutefois de dévoiler son salaire. Selon lui, les « conseillers de sécurité » en Irak touchent au minimum 10 000 dollars par mois, plus du double de ce qu’ils pourraient espérer en Grande-Bretagne par exemple, sans compter les divers défraiements.
Une publicité sur Internet de la société DynCorp International, choisie par le département d’État américain pour former les policiers irakiens, offre des postes de hauts conseillers à la sécurité pour un salaire annuel de 153 600 dollars. Les candidats doivent avoir au moins cinq ans d’expérience dans le domaine, précise Dyncorp International, qui projette d’embaucher quelque 1 000 officiers pour son programme de formation des policiers irakiens.
Il est très difficile de recenser le nombre de compagnies privées de sécurité opérant en Irak, et la nature exacte de leurs missions, mais dans ce secteur les compagnies américaines ArmorGroup et Haart et les britanniques Control Risks Group (CR), Erinys et Olive se taillent la part du lion. Il faut également compter avec les sociétés privées employées par le groupe de services pétroliers et d’ingénierie américain Halliburton et sa filiale KBR (Kellogg Brown and Root), les deux principaux bénéficiaires des contrats pour la reconstruction de l’Irak.
ArmorGroup indique avoir une équipe de 650 personnes en Irak, et son activité dans ce pays devrait constituer 30 % de son chiffre d’affaires de 100 millions de dollars en 2003. Olive et CR emploient de leur côté 500 personnes en Irak, exclusivement d’anciens membres des forces spéciales de l’armée britannique, indique l’un d’entre eux.
Erinys, pour sa part, a remporté un contrat sur le déploiement de 6 500 gardes, essentiellement des membres des forces de sécurité irakiennes, pour surveiller les infrastructures pétrolières, cibles de près d’une centaine d’attaques depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril dernier. Selon plusieurs gardes étrangers, les Irakiens ne sont pas encore en mesure d’assurer eux-mêmes la sécurité, et le marché privé a encore de beaux jours devant lui.
Les compagnies privées occidentales spécialisées dans la sécurité se sont ruées en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein et font de très bonnes affaires dans un pays rongé par la violence.Dans le hall d’un des hôtels pour Occidentaux de Bagdad, gardé comme une forteresse, un homme surveille d’un regard perçant les allées et venues.De nationalité britannique, il est l’un de ces innombrables gardes étrangers présents en Irak, chargés d’assurer la protection des membres de la coalition, des entrepreneurs privés, des hauts responsables du Conseil de gouvernement irakien, ou encore des infrastructures pétrolières.« Les clients recherchent l’expérience de soldats qui ont déjà connu des situations extrêmement difficiles, et qui ne vont pas se mettre à bondir dans tous les sens et à crier au...