Et en bon cousin... romain (en fait germain), je te répondais salut Lucius reconnaissant en toi un César des temps modernes dans tout ce que tu as entrepris dans ta vie.
Toi et moi avons pratiqué (pratiquement) les mêmes choses : premiers responsables de télévision, moi aux 7 et 9, toi aux 5 et 11 (même addition...), fondateurs de régies publicitaires presqu’en même temps, partis tous les deux sur l’audiovisuel. Un job que je n’ai pas fait et que tu as fait avec brio : ministre des Affaires étrangères, lesquelles affaires m’étaient complètement étrangères.
Et puis il y a quatre ans que tu m’as fait plonger avec toi (sans bouée de sauvetage !...) dans l’océan de la gastronomie dont tu avais fait ton... dada (tu t’attendais à ce calembour alors je réponds à ton attente).
Moi qui ne savais pas distinguer une omelette des œufs brouillés (à cause d’une affaire de coque...), j’ai appris à reconnaître même des vins. Ton art culinaire que tu devais au talent de ta mère, tu en parlais avec cette faconde et cette éloquence féconde dont ton père avait tous les secrets.
Et la sauce a pris. On a travaillé ensemble (et réussi !) les deux semaines de la gastronomie des pays francophones, les dîners de la gastronomie, les voyages. Puis tu as eu cette idée folle de la Nuit des trophées, dont l’emblème, prémonitoire, est une Flamme. Une flamme que nous te promettons de garder toujours allumée.
Pour entretenir ton souvenir.
Pour entretenir notre flamme après ton départ.
Après ton départ ! La vie aura-t-elle encore sa saveur ?
Que dis-je sa saveur ? « TES » saveurs ! oui.
Ave Cousinus. Ave « cuisinus ».
Ceux qui vont se nourrir te saluent !
Jean-Claude BOULOS

