Comme elle le dit elle-même en souriant, Véronique Olmi a écrit, du moins jusqu’à aujourd’hui, « des romans très courts ». Or il suffit de la lire pour comprendre, une fois de plus, si cela était nécessaire, que ce n’est pas dans la longueur mais bien dans le condensé que, bien souvent, les pires choses, les pensées les plus profondes, parfois jusqu’au gouffre, se développent. Dans une langue sans effet, presque « blanche » à la manière d’un Camus, Véronique Olmi, qui a signé Numéro six, son deuxième roman (éditions Actes Sud, 2002), au Biel il y a quelques jours, raconte Fanny, sixième enfant d’une famille catholique, recherchant envers et contre tout et tous l’amour paternel. En un peu plus de cent pages, à travers des chapitres d’un condensé fracassant, l’auteur continue, sur un mode mineur cependant, sur sa route du « mystère de l’inhumain dans l’humain ».
Noirceur absolue « La transgression des tabous, les petits ratés de l’existence m’intéressent », explique-elle en faisant allusion à Bord de mer (Actes Sud, 2001), sa première entrée en matière, en forme de coup de maître, dans le registre romanesque, et cela à la demande de son éditeur Actes Sud. Bord de mer, c’est la déroute d’une mère de deux petits garçons, une femme aux revenus très précaires, manifestement de santé mentale fragile, qui emmène mystérieusement ses enfants, en plein hiver et au beau milieu de l’année scolaire, au bord de la mer, que ces derniers n’avaient jamais vu. Dans ces quelques pages d’une noirceur absolue, sans aucun espoir d’amélioration, l’issue est forcément fatale. « Je vois les choses de biais, poursuit-elle, et je les retranscris dans mes pièces et mes romans comme telles. » Par un ironique retour des choses, le roman sera prochainement adapté au théâtre, puis au cinéma. La dramaturge, à cette évocation, ne sourit plus qu’à moitié. « Je n’aime pas vraiment cela, j’aurais préféré que le texte reste tel quel. » En janvier 2004, paraîtra son troisième roman, intitulé Un si bel avenir. L’auteur n’en dira pas plus. Mais on peut compter sur son regard en biais pour aller triturer une humanité probablement plus sombre qu’insouciante.
Comme elle le dit elle-même en souriant, Véronique Olmi a écrit, du moins jusqu’à aujourd’hui, « des romans très courts ». Or il suffit de la lire pour comprendre, une fois de plus, si cela était nécessaire, que ce n’est pas dans la longueur mais bien dans le condensé que, bien souvent, les pires choses, les pensées les plus profondes, parfois jusqu’au gouffre, se développent. Dans une langue sans effet, presque « blanche » à la manière d’un Camus, Véronique Olmi, qui a signé Numéro six, son deuxième roman (éditions Actes Sud, 2002), au Biel il y a quelques jours, raconte Fanny, sixième enfant d’une famille catholique, recherchant envers et contre tout et tous l’amour paternel. En un peu plus de cent pages, à travers des chapitres d’un condensé fracassant, l’auteur continue, sur un mode mineur...
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