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Afghanistan Les combattants démobilisés pourraient être tentés de cultiver le pavot

Les maîtres d’œuvre de la campagne de désarmement en Afghanistan, dont une phase pilote a commencé vendredi à Kunduz (Nord), se sont engagés à fournir un travail aux 1 000 combattants démobilisés, mais devront surtout éviter qu’ils ne se lancent dans la culture du pavot, aujourd’hui florissante dans le pays.
« La clé du succès du désarmement est que les ex-miliciens trouvent un travail qui leur assure un niveau de vie viable », explique Noel Cossins, un responsable de l’ANBP, organe comprenant des responsables de l’Onu et du ministère afghan de la Défense, en charge de la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR). « Et ce n’est pas que ça : vont-ils pouvoir garder leurs revenus pour eux-mêmes, ou vont-ils devoir en verser une partie à leur ancien commandant ? », s’interroge-t-il.
Face à un futur incertain après une longue vie militaire, la tentation de se lancer dans la culture du pavot et la production d’opium sera forte, préviennent de nombreux analystes. « Sans la création de sources de revenus suffisantes, le pavot va agir comme un aimant sur les combattants démobilisés, en particulier s’ils conservent des liens avec leurs commandants qui tirent souvent profit du commerce d’opium », estime l’organisation de réflexion International Crisis Group (ICG).
L’ambitieux DDR, qui vise à terme à désarmer 100 000 hommes, a commencé la semaine dernière à Kunduz avec un premier test grandeur nature, et la collecte d’armes d’un millier de combattants.
Noorullah, 32 ans, envisage de retourner à la ferme pour cultiver le blé et le coton. « Juste du blé et du coton », jure-t-il aux journalistes.
La culture de pavot, de loin la plus lucrative en Afghanistan, rapporte aujourd’hui à Mazar-i-Sharif (Nord) au moins dix fois plus qu’une récolte de blé et jusqu’à 40 fois plus dans le Sud. La culture du pavot a explosé depuis deux ans dans les provinces de Badakshan et Takhar, avec des commandants locaux qui plantent, trafiquent et taxent les récoltes, et la création de nombreux laboratoires pour transformer l’opium en morphine puis en héroïne.
L’explosion de la culture du pavot est par ailleurs synonyme de plus de milices, s’alarme M. Cossins, et « ces narco-milices nous échapperont totalement ».
Les maîtres d’œuvre de la campagne de désarmement en Afghanistan, dont une phase pilote a commencé vendredi à Kunduz (Nord), se sont engagés à fournir un travail aux 1 000 combattants démobilisés, mais devront surtout éviter qu’ils ne se lancent dans la culture du pavot, aujourd’hui florissante dans le pays.« La clé du succès du désarmement est que les ex-miliciens trouvent un travail qui leur assure un niveau de vie viable », explique Noel Cossins, un responsable de l’ANBP, organe comprenant des responsables de l’Onu et du ministère afghan de la Défense, en charge de la mise en œuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR). « Et ce n’est pas que ça : vont-ils pouvoir garder leurs revenus pour eux-mêmes, ou vont-ils devoir en verser une partie à leur ancien commandant ? »,...