En 2000, 1928 divorces ont été prononcés aux Maldives, pour 3829 mariages, soit un taux de 50,35%. L’année suivante, le gouvernement a rendu plus difficile le recours au divorce, faisant reculer ce taux à 32%, selon les chiffres officiels, contestés par certains observateurs. Une étude de 2002 menée par un organisme américain évalue à 11 le nombre de divorces pour 1000 Maldiviens, beaucoup plus que tous les 92 pays étudiés. La Turquie, pays musulman tout comme les Maldives, a un taux de 0,5 pour 1000 et les États-Unis 4 pour 1000.
« Ici, il n’y a pas de “pour toujours”. Les hommes tout comme les femmes se marient quelquefois très jeunes et leur attitude n’est pas très responsable », témoigne « Aisha » (nom d’emprunt), qui s’apprête à se marier pour la troisième fois de sa vie. En 1979, la moitié des Maldiviennes se mariaient à l’âge de 15 ans ou même avant, selon une étude des Nations unies. « Aux Maldives, ceux qui divorcent ne croient pas qu’ils font quelque chose de mal », ajoute-t-elle.
L’explication classique repose dans l’économie du pays, essentiellement basée sur la pêche (avec le tourisme) : les hommes devaient souvent changer d’île, dans cet archipel qui en compte 1200, à la recherche de nouvelles ressources, fondant alors une nouvelle famille. Certains Maldiviens voient une contradiction entre l’islam, qui donne au seul mari le droit de demander le divorce, et ces latitudes tropicales où la sexualité est relativement plus libre. « Dans beaucoup de pays musulmans, si une fille n’est pas vierge avant le mariage, c’est fini. Ici, si la fille est vierge, le garçon y regarderait à deux fois », explique Ahmed Abbas, un artiste maldivien.
En 2001, Malé (la capitale) autorisait les femmes à demander le divorce devant la justice, abandonnant ainsi une loi qui conférait au mari le monopole de la séparation : « De plus en plus de femmes reviennent de l’étranger avec des diplômes universitaires. Elles ont plus d’exigences », estime Hassan Saeed, un responsable du ministère de la Justice. La loi de 2001 s’attaquait également à la polygamie, qui n’est pas très répandue aux Maldives, en exigeant de la justice qu’elle contrôle les finances du mari avant de lui permettre de prendre une nouvelle épouse. Mais M. Saeed craint que rendre plus difficile le recours au divorce augmente la violence conjugale, de la part de maris frustrés de ne pas pouvoir quitter leur épouse aussi vite qu’ils le voudraient.


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