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Archéologie Une Bible scellée dans un caisson à n’ouvrir qu’en 3454(photo)

Une Bible scellée dans un caisson qui ne pourra être ouvert qu’en 3454, 2000 ans exactement après la première édition de la Bible de Gutenberg, telle est la dernière œuvre d’un artiste alsacien qui se présente comme un archéologue du futur. «C’est une bouteille à la mer destinée aux générations futures», explique Raymond Waydelich qui confie solennellement samedi son caisson en cuivre de 4 mm d’épaisseur au musée historique de la ville, à l’ombre de la cathédrale de Strasbourg.
Contacté par le Conseil protestant de Strasbourg (CPS) pour une démarche entrant dans le cadre de l’année de la Bible, l’artiste a aussitôt pensé à laisser un message aux générations du 4e millénaire, comme il l’avait déjà fait en 1995: il avait alors enterré toute une série d’objets hétéroclites du XXe siècle dans un caveau destiné à n’être ouvert que le 23 septembre 3790, au pied de la même cathédrale. Dans le caisson confié samedi au musée historique par acte notarié, les Strasbourgeois du XXXVe siècle retrouveront trois éditions récentes de la Bible (en anglais, français et allemand) sur papier mais également sur CD-Rom ou microfilms, ainsi que 1282 feuilles de 43x31 cm, le format de la Bible de Gutenberg, annotées par leurs ancêtres du XXIe siècle. «J’ai été surpris par l’enthousiasme du public qui est prêt à jouer le jeu», confie le pasteur Jacques Parmentier, à l’église protestante Saint-Thomas de Strasbourg où les visiteurs sont, depuis le 7 octobre, invités à laisser des messages à leurs lointains descendants.

Des annuaires, du blé
et de l’eau
«Nous avons eu des messages en allemand, et même en hébreu, note le pasteur, qui fait partie du comité de pilotage du projet. C’est un peu comme un arrêt sur image, cela renvoie les gens à ce qu’ils vivent dans le monde actuel et à ce qu’ils aimeraient confier à leurs descendants.» Le caisson comportera également les annuaires téléphoniques du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, un exemplaire des deux journaux régionaux, les Dernières nouvelles d’Alsace et l’Alsace, un kilo de graines de blé, une bouteille d’eau d’Alsace et un petit pain blanc, enveloppés dans du papier sulfuré puis dans du papier aluminium. «J’ai choisi les trois grandes langues européennes actuelles», explique Waydelich, qui n’hésite pas à rappeler l’extraordinaire destin de la pierre de Rosette: retrouvée lors d’une expédition napoléonienne en Égypte (1798 à 1801), la pierre gravée 20 siècles plus tôt, en hiéroglyphes, en grec et en démotique, avait permis à Champollion de percer le secret de l’écriture égyptienne. Obnubilé par la volonté de laisser des marques du passé, l’artiste plasticien, qui a également, dans le passé, enterré des objets à Kassel (Allemagne), a choisi cette fois-ci un musée malgré son caractère aléatoire. «Je fais confiance à l’humanité, dit-il, pour ne pas lancer de bombes atomiques.»
À l’avenir, Waydelich ne désespère pas de réaliser un projet qu’il caresse depuis vingt ans: construire une maison entière, « avec tout ce qu’il y a dedans de nos jours, notamment une voiture dans le garage», dans une sorte de blockhaus. Le tout, précise-t-il, sera enseveli sous 10 mètres de terre, «avec des arbres plantés sur le monticule».
Une Bible scellée dans un caisson qui ne pourra être ouvert qu’en 3454, 2000 ans exactement après la première édition de la Bible de Gutenberg, telle est la dernière œuvre d’un artiste alsacien qui se présente comme un archéologue du futur. «C’est une bouteille à la mer destinée aux générations futures», explique Raymond Waydelich qui confie solennellement samedi son caisson en cuivre de 4 mm d’épaisseur au musée historique de la ville, à l’ombre de la cathédrale de Strasbourg.Contacté par le Conseil protestant de Strasbourg (CPS) pour une démarche entrant dans le cadre de l’année de la Bible, l’artiste a aussitôt pensé à laisser un message aux générations du 4e millénaire, comme il l’avait déjà fait en 1995: il avait alors enterré toute une série d’objets hétéroclites du XXe siècle...