Rechercher
Rechercher

Actualités

Un réseau francophone contre la violence

Présidente du Réseau francophone international de prévention des traumatismes et de promotion de la sécurité (REFIPS), Martine Bantuelle participe au 5e congrès de son organisation à Beyrouth. « Le REFIPS est né de la volonté d’intervenants suisses, français, québécois et belges d’organiser des échanges de compétences dans ce domaine », explique-t-elle. Aujourd’hui, le réseau inclut d’autres pays. « Très rapidement, nous avons voulu inclure des pays du Sud, raconte-t-elle, nous avons des correspondants au Cameroun, au Maroc, en Tunisie, en Algérie et au Liban, avec les organisateurs de ce congrès. »
Comment luttent-ils contre la violence et les traumatismes dans le cadre d’une telle diversité sociale entre les pays ? « C’est vrai que les différences sont fondamentales, selon les cultures, le développement économique, le type de politique développée, reconnaît Mme Bantuelle, mais la manière d’analyser la situation, de définir les stratégies, est universelle. Cette expertise est intéressante à partager et à adapter, selon les réalités des uns et des autres. »
Les échanges entre les pays membres du réseau ne se limitent pas aux expertises, mais englobent aussi les pratiques. « Le groupe n’est pas formé que d’experts ou de chercheurs universitaires, mais aussi de gens de terrain, en contact avec la population, qui veulent partager leur expérience et augmenter leur compétence grâce au contact avec le réseau », précise-t-elle.
Quel est le plan d’avenir ? « Pour que le réseau puisse poursuivre son action, il faut que des accords soient conclus entre les États pour permettre des échanges plus approfondis, explique Mme Bantuelle. Notre présence au Liban prouve notre volonté d’établir des liens privilégiés avec les acteurs libanais. J’ai rencontré l’ambassadrice de Belgique à Beyrouth et lui ai fait part de mon souhait que des accords soient conclus entre les deux pays. Avec ces accords, nous pourrions proposer des projets : à titre d’exemple, une recherche effectuée simultanément en Belgique et au Liban, ou un échange de formation, ou des stages organisés dans l’un ou l’autre des pays, etc. »
Comment est assuré le financement du REFIPS ? « Le réseau n’est pas financé, répond-elle, il est la somme de personnes volontaires mais professionnelles. Nous apportons notre expertise et cherchons notre propre financement dans notre pays. Pour des projets communs, nous obtenons des budgets spécifiques, notamment dans le cadre de ces accords bilatéraux. »
Est-ce que la violence et les traumatismes sont toujours des sujets tabous ? « De moins en moins, souligne Mme Bantuelle, puisque quand on analyse les situations, on se rend compte que, de plus en plus, les traumatismes sont causés par la violence, donc celle-ci devient de toute évidence un facteur primordial. Il reste cependant plus difficile de soulever les questions des violences de type collectif ou social, comme la violence routière. On peut considérer qu’un État qui ne prend aucune mesure pour assurer la sécurité routière est coupable de violence envers sa population. C’est une nouvelle orientation qui n’est pas encore très répandue. »

Le partenariat indispensable

Interrogé par L’Orient-Le Jour sur les mécanismes pouvant être mis en place pour instaurer une stratégie de prévention des traumatismes, M. Bertrand Chevallier, professeur en pédiatrie et membre du REFIPS, déclare : « Actuellement, la prévention des accidents repose sur une action concertée entre les décideurs, qui sont aussi les financiers, les experts et les citoyens. Tous les programmes qui ont réussi dans le monde n’ont été efficaces que quand ces trois parties étaient d’accord sur un même objectif. »
La difficulté, c’est quand le citoyen n’arrive pas à convaincre le politique, qui n’a pas toujours les mêmes priorités que lui. « Pour cela, le citoyen peut mettre en avant l’impact économique, puisque l’accident coûte cher, poursuit-il. Il peut également emprunter la voie judiciaire, poursuivre les hommes politiques si un accident leur est imputé. »
À l’inverse, le politique peut prendre des initiatives et avoir besoin de l’appui des citoyens. « Dans ces cas, le citoyen ne répond pas toujours présent, parce que, que ce soit en Orient ou en Occident, nous n’avons pas de culture de participation aux décisions politiques », souligne M. Chevallier. Mais dans ce cas, n’est-ce pas au citoyen de développer sa capacité de participation ? « C’est aussi le politique qui doit former le citoyen à l’exercice de sa citoyenneté, répond-il. Des deux côtés, l’effort doit être fait. L’importance du REFIPS, c’est de montrer au politique que le citoyen est indispensable, et de prouver au citoyen qu’il est capable de participer à la prise de décision. C’est là la grande difficulté. »
Présidente du Réseau francophone international de prévention des traumatismes et de promotion de la sécurité (REFIPS), Martine Bantuelle participe au 5e congrès de son organisation à Beyrouth. « Le REFIPS est né de la volonté d’intervenants suisses, français, québécois et belges d’organiser des échanges de compétences dans ce domaine », explique-t-elle. Aujourd’hui, le réseau inclut d’autres pays. « Très rapidement, nous avons voulu inclure des pays du Sud, raconte-t-elle, nous avons des correspondants au Cameroun, au Maroc, en Tunisie, en Algérie et au Liban, avec les organisateurs de ce congrès. »Comment luttent-ils contre la violence et les traumatismes dans le cadre d’une telle diversité sociale entre les pays ? « C’est vrai que les différences sont fondamentales, selon les cultures, le...