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Les spirales écarlates d’un temps écartelé

Mémoire. Sadate 1981, Rabin 1995. Un topo classique. La paix est en route. La haine lui coupe le chemin. Résille d’un blanc fil de vie, d’un autre de mort noir, liés de rouge sang pour s’enrouler autour d’un sablier. Le temps, le temps : Buffalo Bill Bush est pressé. Pas du tout les tueurs, le Likoud glabre et le Hamas barbu, ces ennemis identiques. Dont l’erreur, dont la faute, inexpiable mais efficace, reste l’ignorance. Pour eux les nouvelles donnes que dévide la propagande US, c’est de la barbe à papa. Longtemps, la notion de rapports de force s’est limitée à l’art martial. Puis à mesure que les conflits se globalisaient, à la lumière d’impératifs économiques ou culturels, l’expression s’est géopolitisée. Aujourd’hui, le terrorisme qu’exercent des nébuleuses genre el-Qaëda, ou des États comme Israël, y rajoute une dimension, un facteur impondérables. Qui permettent à Sharon et Yassine de contester le tableau gradué que la puissance américaine présente. Après ses quatre victoires consécutives : l’effondrement du bloc de l’Est, la première guerre du Golfe, l’Afghanistan puis l’Irak.
Il reste pourtant deux éléments à prendre en compte, et Yassine ou Sharon se trompent en les ignorant : l’absolue sincérité des Américains concernant la primauté de la lutte contre le terrorisme. Et le fait, paradoxal, qu’on ne bâtit pas une politique, encore moins un Empire, sur un tel objectif prophylactique. Ce qui signifie que si Bush est pressé d’en finir ce n’est ni pour éradiquer une violence indestructible ni pour des considérations électorales. Mais bien à cause du seul danger qui menace les USA et leur présence dominante dans le monde : le virus rampant, mais preste, de la récession économique. Le mal frappe déjà, officiellement, l’Allemagne. En Amérique même, l’indice des prix à la production a chuté de 1,9 % en avril. La plus forte baisse depuis la création de ce barème en mars 1947. Quant à la consommation, elle a baissé de 0,30 %, du jamais vu depuis octobre 2001. Signes d’autant plus inquiétants que le moratoire obtenu par Washington, désormais responsable de ce compte, pour les 127 milliards de dollars de la dette irakienne ne court que jusqu’en 2004. Ces chiffres montrent un peu pourquoi les États-Unis tiennent à régler le conflit israélo-arabe dans les meilleurs délais. En tentant de retourner à leur profit les abominables attentats ici ou là.
Et en neutralisant les parties qui bloquent ou réfrènent leur processus. Contentes ou mécontentes, les entités régionales concernées doivent plier et plier bagage, le cas échéant. Car dans ce monde, c’est la loi du plus fort qui prévaut tôt ou tard. Et le plus fort, c’est encore, c’est toujours, le roi dollar.

Jean ISSA
Mémoire. Sadate 1981, Rabin 1995. Un topo classique. La paix est en route. La haine lui coupe le chemin. Résille d’un blanc fil de vie, d’un autre de mort noir, liés de rouge sang pour s’enrouler autour d’un sablier. Le temps, le temps : Buffalo Bill Bush est pressé. Pas du tout les tueurs, le Likoud glabre et le Hamas barbu, ces ennemis identiques. Dont l’erreur, dont la faute, inexpiable mais efficace, reste l’ignorance. Pour eux les nouvelles donnes que dévide la propagande US, c’est de la barbe à papa. Longtemps, la notion de rapports de force s’est limitée à l’art martial. Puis à mesure que les conflits se globalisaient, à la lumière d’impératifs économiques ou culturels, l’expression s’est géopolitisée. Aujourd’hui, le terrorisme qu’exercent des nébuleuses genre el-Qaëda, ou des États...