Avec ses 126 millions d’habitants et la toute-puissance de son industrie pétrolière, le Nigeria est de toute façon assuré d’avoir une influence prépondérante dans les affaires de la région.
Mais en jouant un rôle diplomatique actif et en tentant de créer une cohésion dans cette partie troublée du continent africain, le président nigérian Olusegun Obasanjo a considérablement renforcé la position d’Abuja, selon les analystes. « En tant que puissance régionale exerçant une importante influence en raison de notre taille et de notre richesse, nous n’avons pas d’autre choix », affirme Bolaji Akinyemi, universitaire et ancien ministre des Affaires étrangères nigérian.
L’influence d’Olusegun Obasanjo a été particulièrement ressentie mercredi dernier lorsqu’il a lui-même réinstallé au pouvoir Fradique de Menezes, le président de São Tomé qui avait subi un coup d’État une semaine auparavant. « Nous n’étions pas dans une perspective favorable, mais grâce aux efforts entrepris par les leaders régionaux, nous avons été à même de nous en sortir », a déclaré le président Obasanjo, alors qu’il surveillait le retour à l’ordre civil à São Tomé, en compagnie des représentants de plusieurs pays africains et lusophones.
Dans le même temps, le Nigeria poursuit toujours ses efforts, entamés dans les années 1990, pour maintenir la paix au Liberia, en s’apprêtant à envoyer de nouveau ses troupes se déployer dans ce pays. La prochaine mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) au Liberia, qui pourrait débuter dès la semaine prochaine, sera en effet à nouveau composée en majorité de troupes nigérianes. « Devant la gravité de la situation au Liberia, nous avons décidé de déployer d’urgence deux bataillons nigérians dans ce pays », soit 1 300 hommes, avait indiqué mercredi Mohammed Ibn Chambas, secrétaire exécutif de la Cedeao, à la fin d’un symposium de deux jours à Dakar sur la sécurité régionale et les conflits.
Le rôle de leader régional du Nigeria, déjà unanimement reconnu en Afrique, a été consolidé au niveau international au début du mois par la visite du président américain George Bush, venu rencontrer son homologue nigérian, alors qu’il hésite à envoyer des troupes américaines intervenir au Liberia.


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