Le dollar a poursuivi son processus d’affaiblissement, entamé au début de la semaine, sur fond d’aggravation du déficit public US qui pourrait dépasser largement les 500 mds $ l’an prochain. Le contexte qui a pesé sur le billet vert est resté inchangé à la veille d’un long week-end chômé aux États-Unis pour le Labor Day, comme l’a confirmé l’évolution de ses cours face aux autres grandes monnaies. À cet égard, l’annonce par l’Université du Michigan que son indice de confiance des consommateurs dans l’économie US a été finalement révisé à la baisse de 90,2 points à 89,3 points en août contre 90,90 points en juillet a déçu la communauté financière dans la mesure où les dépenses de consommation représentent les deux tiers du PIB aux États-Unis. De ce fait, les opérateurs n’ont pas tardé à ignorer la hausse de l’indice d’activité des directeurs d’achat, dans le secteur industriel de la région de Chicago de 55,9 points en juillet à 58,9 points en août, estimant devoir attendre celui des directeurs d’achats nationaux (ISM) mardi prochain. Il en est de même de l’annonce d’une hausse de 0,8 % des dépenses des ménages en juillet malgré la maigre augmentation des revenus personnels des Américains pendant la même période. Enfin, le discours prononcé hier par le président de la Fed, Alan Greenspan, lors d’un symposium dans le Wyoming (voir par ailleurs), n’a pas retenu l’attention des cambistes car il a seulement évoqué la politique des taux d’intérêt sans dire grand-chose sur l’état de l’économie US. En revanche, la monnaie unique européenne a trouvé hier appui dans l’annonce par Eurostat que l’inflation dans la zone euro s’est accélérée en août à 2,1 % après 1,9 % en juillet, franchissant le plafond de 2 % fixé par la BCE. Ce développement, qui exclut tout assouplissement de la politique monétaire de la BCE et maintient l’écart entre les taux européens et US, a pesé lui aussi sur le dollar, ainsi que l’annonce par le ministère japonais des Finances qu’il n’était pas intervenu sur le marché des changes entre le 30 juillet et le 27 août pour freiner la hausse du yen. Dans ces conditions, le dollar s’est retrouvé en position de faiblesse, se négociant finalement à New York à 1,0990 pour un euro contre 1,0885 la veille, à 1,3995 FS contre 1,4140 et à 116,85 yens contre 117,30, mais à 1,5760 pour un sterling contre 1,5780. À Beyrouth, l’offre du dollar s’est un peu développée à l’occasion de l’échéance mensuelle d’août, alors que la demande continuait d’être nourrie par des achats de certificats de dépôt en LL émis par la BDL, le faisant maintenir à 1 514 LL sur le marché interbancaire. Le volume des échanges s’est élevé à plus de 10 millions, affectés en grande partie à l’achat de ces certificats.
En Bourse, les marchés américains ont évolué dans des fourchettes très étroites, la publication d’indicateurs et le discours de Greenspan n’ayant quasiment pas affecté la tendance fondamentale de la cote. En clôture, Wall Street a regagné 0,44 % à 9 415,82 points et le Nasdaq 0,58 % à 1 810,58 points. Quant aux Bourses européennes, elles ont pour la plupart fini en baisse après le mauvais départ de Wall Street. Le CAC 40 a perdu 0,35 % à 3 311,42 points, le Footsie 0,88 % à 4 161,10 points et l’Extra Dax 0,23% à 3 484,58 points.
À Beyrouth, on a relevé la baisse de 5 002 actions A et de 150 actions B de Solidere de 4,46 à 4,45 $ et de 4,58 à 4,52 $ respectivement, alors que 368 actions C de la Byblos Bank se sont maintenues à 1,67 $ ainsi que 274 certificats GDR de la Blom Bank à 23 $.
Élie KAHWAGI
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