Certains pouvaient en douter, lui pas ! Certains voyaient dans les derniers mois du Marocain les signes d’une possible défaite et espéraient que l’incroyable allait se produire pour permettre au Français Mehdi Baala de se parer d’or devant son public.
D’abord, le détenteur du record du monde avait renoncé à l’une de ses rares sorties de l’été début août en invoquant des douleurs dorsales. Ensuite, ses séries, comme sa course à Zurich le 15 août, avaient été gérées parfaitement – certes – mais sans éclat.
Enfin, le défi du doublé 1 500-5 000 m qu’il s’est lancé sur la piste du Stade de France était supposé lui pomper de l’énergie.
Mais voilà, comme le dit l’enfant d’Ifrane quand on lui demande son secret : « Hicham, c’est Hicham ! »
Avec lièvres en réunions, il est invincible. Sans lièvre en grands championnats, le roi a montré tout autant de brio en prenant la tête avant la mi-course pour ne plus présenter que son dos à ses adversaires.
« Il est le meilleur du monde. Peut-être qu’il y a chez moi un peu d’appréhension et de respect face à cela », ne peut que soupirer Baala, qui veut donner rendez-vous à son aîné de trois ans à Athènes, aux Jeux olympiques.
Énorme motivation
L’Olympe est justement le seul rendez-vous manqué par el-Guerrouj (28 ans) depuis 1996.
Depuis sept ans, le Marocain n’a connu le goût de la défaite qu’à trois reprises, dont un mile en finale du Grand Prix en 1997, battu par le Danois Robert Andersen.
Mais le vrai traumatisme de el-Guerrouj est son histoire olympique. En 1996 à Atlanta, il chute en finale, avant de vivre un cauchemar en Australie en 2000 lorsqu’il est devancé par le Kényan Noah Ngeny.
Aujourd’hui encore, ce revers lui laisse les yeux humides. Ce souvenir laisse malheureusement peu d’espoirs à ses adversaires du 1 500 m, qui trouveront un roi qui aura totalement consacré son année à ce titre olympique.
Avant cela, celui qui a été désigné athlète de l’année depuis 2001 aura pourtant un autre défi, avec le 5 000 m des Mondiaux. Il termine 4e de sa série et se qualifie pour la finale. « Il n’a fait qu’un seul 5 000 m cette année. Ça va être très, très dur pour lui. Son adversaire principal est l’Éthiopien Bekele. Cela va être une belle bagarre, mais je crois en ses chances », lance Baala, son dauphin, qui sera son premier supporteur. Pour la première et dernière fois avant les JO d’Athènes.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir