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Affaire Kelly : chaque jour, de nouvelles révélations gênantes pour Blair

La pression s’accentuait encore hier sur le Premier ministre britannique, Tony Blair, à trois jours de son audition dans l’affaire de la mort de l’expert en armement David Kelly, avec de nouvelles révélations gênantes pour le gouvernement.
Les quelque 9 000 pages de documents publiées samedi sur le site Internet de l’enquête sur le suicide apparent du spécialiste de l’armement irakien sont devenues une mine d’or pour les médias britanniques qui les épluchent scrupuleusement une à une.
Dernier document potentiellement explosif pour Tony Blair, repéré hier par les quotidiens Daily Telegraph et Financial Times : un mémorandum d’Alastair Campbell, directeur de la communication du Premier ministre, suggérant que M. Blair a demandé de souligner la menace nucléaire dans un dossier gouvernemental controversé sur l’arsenal irakien de septembre 2002. « Le Premier ministre est soucieux de la façon dont vous présentez la question du nucléaire », écrit M. Campbell le 17 septembre à John Scarlett, président du Comité conjoint des services de renseignements (JIC), dans un mémorandum. Le 19 septembre, un nouveau courrier électronique d’Alastair Campbell au chef du JIC lui propose notamment une réécriture du passage sur le nucléaire irakien, avec en conclusion la formule suivante : « Ils pourraient produire des armes nucléaires dans un délai de un à deux ans » avec une aide de l’étranger. La formulation sera reprise dans le dossier final.
Des propos plus qu’embarrassants pour Downing Street, qui a toujours catégoriquement nié être intervenu dans la rédaction du dossier et a fortiori d’avoir voulu « muscler » le document pour justifier une guerre en Irak comme l’en a accusé la BBC.
Les propos de l’ancien vice-président du Comité conjoint des services de renseignements (JIC qui, selon Downing Street, avait la « maîtrise » du dossier gouvernemental), le général de corps d’armée John Walker, révélés par l’enquête, ne vont pas l’aider. Selon lui, les armes de destruction massive supposées détenues par le régime de Bagdad « n’étaient pas la raison, mais l’excuse pour aller en guerre ». Le général Walker, chef du Service de renseignement militaire (DIS) de 1991 à 1994, juge, dans une lettre du 2 juillet, « inacceptable » qu’ait été incluse la phrase sur la possibilité d’utiliser des armes de destruction massive en 45 minutes « sur la base d’une seule source ». Tony Blair devra certainement s’en expliquer jeudi devant le juge Brian Hutton qui dirige l’enquête.
Le porte-parole libéral-démocrate (opposition), Menzies Campbell, a pris les devants hier évoquant les questions qui doivent être posées au Premier ministre : « Lorsqu’il écrit en préambule du dossier que la menace est sérieuse et actuelle, était-il au courant, par exemple que (son directeur de cabinet), Jonathan Powell avait exprimé des réserves très logiques sur le dossier qui, selon lui, ne montrait pas que la menace irakienne était imminente ? » L’une des questions fondamentales est de savoir si Tony Blair aurait pu vouloir tromper le Parlement pour justifier la guerre.
Si la classe politique est en général plutôt avare de commentaires sur ce sujet brûlant, le député Jeremy Corbyn, de la gauche travailliste, qui accuse Tony Blair de dérive droitière, a pour sa part déjà tranché. Pour lui, l’affaire Kelly « ressemble à l’enquête du Watergate où le président (Nixon) aux États-Unis a été finalement mis au pied du mur car il avait en fait été impliqué dans toute l’histoire depuis le début ».
La pression s’accentuait encore hier sur le Premier ministre britannique, Tony Blair, à trois jours de son audition dans l’affaire de la mort de l’expert en armement David Kelly, avec de nouvelles révélations gênantes pour le gouvernement.Les quelque 9 000 pages de documents publiées samedi sur le site Internet de l’enquête sur le suicide apparent du spécialiste de l’armement irakien sont devenues une mine d’or pour les médias britanniques qui les épluchent scrupuleusement une à une.Dernier document potentiellement explosif pour Tony Blair, repéré hier par les quotidiens Daily Telegraph et Financial Times : un mémorandum d’Alastair Campbell, directeur de la communication du Premier ministre, suggérant que M. Blair a demandé de souligner la menace nucléaire dans un dossier gouvernemental controversé sur...