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Actualités

Courrier Divines larmes pour un don impossible

« En vérité, les gens d’un mérite sublime
entraînent de chacun et l’amour et l’estime. »
Molière (Le Misanthrope, III, 5).

Que des parents versent des larmes sur un enfant défunt, quoi de plus normal. Mais qu’ils le fassent parce que cet enfant ne va pas pouvoir, après sa mort, faire profiter d’autres personnes de ses organes, voilà qui est insolite et sublime.
La scène se passe dans la salle des soins intensifs d’un hôpital de Zahlé. Une jeune fille de 17 ans se meurt. On savait qu’elle avait, depuis l’âge de 11 ans, un mal incurable. Diverses thérapeutiques chirurgicales et médicales n’ont pu changer le pronostic de sa maladie. Déjà, depuis plusieurs mois, elle était dans le coma. Ses parents savaient que l’issue fatale ne tarderait pas et avaient fermement décidé de faire donation de ses organes (cœur, foie, reins...) à de potentiels receveurs. Ils se consolaient à cette idée de sublimer un verdict cruel par une généreuse contribution à une vie nouvelle pour des personnes en détresse. Tout était programmé dans ce sens. Mais le décès, attendu sous forme de mort cérébrale, survint lors d’un arrêt cardiaque irréversible ; ce qui contre-indiquait le prélèvement d’organes mal perfusés. La déception des parents fut à son comble. À l’annonce de l’impossible prélèvement, la mère fondit en larmes. Sa voix entrecoupée de sanglots suscita dans l’assistance un mouvement spontané de solidarité, prêt à se matérialiser à tout instant. Cette histoire authentique s’est passée il y a 15 jours. Elle mérite d’être rapportée. Elle marque un tournant dans la perception psychosociale du don d’organes au Liban et devrait entraîner un effet de boule de neige dans la conscience collective des Libanais.
« De même que le mal, le sublime a sa contagion. »
Je souhaite que le ministre de la Santé soit informé de cette histoire. Le Comité national du don d’organes et l’Association libanaise du don d’organes (Aldor) ainsi que le grand public devraient faire sentir à cette brave et honnête famille doublement éplorée leur solidarité, leur estime et leur admiration pour son héroïque et courageux comportement.

Pr Antoine GHOSSAIN
« En vérité, les gens d’un mérite sublime entraînent de chacun et l’amour et l’estime. » Molière (Le Misanthrope, III, 5).Que des parents versent des larmes sur un enfant défunt, quoi de plus normal. Mais qu’ils le fassent parce que cet enfant ne va pas pouvoir, après sa mort, faire profiter d’autres personnes de ses organes, voilà qui est insolite et sublime.La scène se passe dans la salle des soins intensifs d’un hôpital de Zahlé. Une jeune fille de 17 ans se meurt. On savait qu’elle avait, depuis l’âge de 11 ans, un mal incurable. Diverses thérapeutiques chirurgicales et médicales n’ont pu changer le pronostic de sa maladie. Déjà, depuis plusieurs mois, elle était dans le coma. Ses parents savaient que l’issue fatale ne tarderait pas et avaient fermement décidé de faire donation de ses organes...