Trois étrangers avaient disputé le 24 août 1963 la première journée de la Bundesliga, nouvellement créée. Depuis l’arrêt de Bosman, le nombre de joueurs avec un passeport étranger a régulièrement progressé et atteint aujourd’hui 58,8 % des effectifs de la 1re division allemande. Depuis le début de la saison, 190 étrangers pour 133 professionnels allemands ont été titularisés par les entraîneurs. « Ça ne peut pas continuer comme ça, puisque notre propre génération montante n’a pas de chance », a estimé récemment le président de la Fédération allemande de football (DFB), Gerhard Mayer-Vorfelder. « Les talents allemands jouent de moins en moins. C’est évidemment contre-productif pour la Nationalmannschaft », a-t-il observé, en tirant la sonnette d’alarme dans la perspective du Mondial 2006 en Allemagne.
« Je voudrais rencontrer des représentants d’Espagne, d’Angleterre, d’Italie et de France pour essayer de trouver au sein de l’UEFA (Union européenne de football) une ligne commune en vue d’une intervention auprès de l’Union européenne », a ajouté M. Mayer-Vorfelder, qui préconise un statut particulier pour le sport auprès de l’UE.
Le sélectionneur national Rudi Voeller réclame également des solutions entre la Ligue allemande de football (DFL) et la DFB, afin « de faire venir plus de joueurs allemands en Bundesliga ».
Misère en attaque
Il estime que la situation actuelle n’est pas favorable pour la Nationalmannschaft. Le champion du monde 1990 préconise qu’au moins six Allemands figurent sur la feuille de match des 18 joueurs en Bundesliga. Le mieux serait toutefois une autolimitation, telle qu’elle est pratiquée par le vice-champion Stuttgart.
« Une limitation pour les non-Européens existe déjà en Italie », a indiqué le dirigeant du Bayern Munich, Franz Beckenbauer, également président du comité d’organisation du Mondial 2006. « Ce serait certainement une démarche raisonnable. » Mais Beckenbauer estime aussi que « si un talent allemand ne peut pas s’imposer face à un étranger, il ne vaut rien ». Selon le secrétaire général de l’UEFA, Gerhard Aigner, un projet d’imposer un quota d’étrangers « n’a aucune chance d’aboutir », et déclencherait « une vague de cas » devant les tribunaux, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire allemand Focus.
En effet, le libre choix du lieu de travail est garanti au sein de l’UE et concerne également les joueurs professionnels.
Certains clubs rejettent une limitation : « Nous ne pourrions exister sans étrangers », a souligné le président de Hanovre, Martin Kind.
La Nationalmannschaft, vice-championne du monde, connaît en particulier des problèmes en attaque. Plus de 70 % des buts en championnat sont l’œuvre d’étrangers. Parmi les 20 meilleurs buteurs depuis le début de la saison, seul Oliver Neuville (Leverkusen, 3 buts) figure en sélection nationale.

