« Des élections libres et justes seront organisées sur la base d’une nouvelle Constitution rédigée par la Convention nationale », a déclaré lors d’une allocution le nouveau Premier ministre Khin Nyunt.
Le général Khin Nyunt n’a pas donné de dates pour la tenue de ces élections ni pour les autres étapes de ce qu’il a appelé « une feuille de route en sept points pour la démocratie ». Dans son premier discours depuis sa nomination à la tête du gouvernement il y a cinq jours, le général Khin Nyunt a précisé que le plan prévoit d’abord la réunion « dès que possible » de la Convention nationale pour l’élaboration d’une Constitution, suspendue depuis 1996 après son boycottage par la Ligue nationale pour la démocratie (LND, opposition) d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix.
Une nouvelle Constitution sera alors rédigée et soumise à un référendum, a-t-il dit. Des élections seront ensuite organisées, le Parlement réuni et un « gouvernement de membres élus » formé.
M. Khin Nyunt n’a mentionné que deux fois dans son discours Aung San Suu Kyi, toujours emprisonnée depuis le mois de mai dernier, pour reprocher à son parti de boycotter la convention.
L’opposante est détenue dans un endroit tenu secret après des affrontements consécutifs à une embuscade tendue à ses partisans par une bande favorable aux militaires au pouvoir. Des analystes ont émis des doutes sur le fait que cette annonce puisse modifier le climat politique en Birmanie ou préfigure une prochaine libération de Aung San Suu Kyi. La Birmanie est gouvernée depuis 1962 par les militaires, qui ont refusé de reconnaître les résultats des élections de 1990 qui s’étaient traduites par une victoire écrasante d’Aung San Suu Kyi.
M. Khin Nyunt, que les gouvernements étrangers et les diplomates en poste à Rangoon considèrent comme le plus accessible aux réformes au sein de la junte, fait figure de modéré parmi ses collègues partisans d’une ligne dure. Il était chargé de la gestion du processus de réconciliation soutenu par les Nations unies et interrompu après l’arrestation d’Aung San Suu Kyi.

