Le Hamas a nettement réduit le ton belliqueux de ses déclarations hostiles à Israël et au Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, après avoir été soumis la semaine écoulée aux coups de boutoir de l’armée israélienne.
Officiellement, le mouvement demeure opposé à tout accord de cessez-le-feu avec Israël, mais a accepté de participer à des pourparlers interpalestiniens menés avec la médiation de l’Égypte en vue d’une suspension de la violence.
À l’issue de la réunion hebdomadaire du cabinet palestinien, le ministre de l’Information Nabil Amr a indiqué avoir reçu des « signaux positifs » des groupes radicaux et être « convaincu » du succès de ces contacts.
Le Hamas est catégoriquement opposé à la « feuille de route », qui prévoit notamment la création progressive d’ici à 2005 d’un État palestinien aux côtés d’Israël.
Selon sa charte, le mouvement intégriste entend créer un État palestinien « de la mer au fleuve », c’est-à-dire de la Méditerranée au Jourdain, sur les ruines d’Israël.
Toutefois, selon une source proche du Hamas, ce dernier a réalisé qu’il prend le risque de perdre gros s’il radicalise encore son action.
Il a déjà été victime la semaine écoulée de la formidable machine de guerre d’Israël, et la confrontation avec l’Autorité palestinienne qui contrôle le Fateh, principal mouvement palestinien, aurait fatalement précipité son déclin.
« Le Hamas va négocier, car il serait totalement perdant dans une confrontation avec l’Autorité », a affirmé un officiel palestinien sous couvert d’anonymat.
Le Hamas a rompu le dialogue avec M. Abbas après que celui-ci eut qualifié, au sommet d’Aqaba (Jordanie) le 4 juin, de « terroristes » les attaques anti-israéliennes de la branche armée du Hamas, et après qu’il eut préconisé la « démilitarisation » de l’intifada.
« Le Hamas est aussi conscient des pressions internationales, notamment des États-Unis qui ont provoqué le tarissement relatif de ses sources de financement », a encore dit cet officiel.
M. Rantissi a certes été promu au rang de héros, après le raid israélien de mardi auquel il a échappé. Mais dans le même temps, la colère gronde parmi les Palestiniens exaspérés par les victimes des raids de représailles d’Israël que le Hamas provoque, a encore estimé cet officiel.


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