L’Afrique, encore plus délaissée par l’Europe et les États-Unis qui se sont focalisés sur la guerre en Irak et le Proche-Orient, a montré « des signes plus forts » de sa volonté de se prendre en main, estime l’Institut international d’études stratégiques. L’Afrique a montré « des signes plus forts (...) qu’elle prenait plus solidement en main son propre destin », écrivent les experts de l’IISS. L’Afrique du Sud a « finalement commencé à appliquer une politique étrangère constructive, forte de son statut économique et politique en favorisant les accords de paix promis en République démocratique du Congo », dit l’IISS. Le rôle primordial de Pretoria et du Nigeria, dans la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), est « un signe que les principaux États africains commencent à réellement travailler ensemble », estime l’institut. Le Nepad, adopté par les dirigeants africains en 2001, est un plan global destiné à sortir l’Afrique de la pauvreté en faisant notamment appel aux investisseurs privés des pays développés et plus seulement aux bailleurs de fonds institutionnels. L’IISS cite également la « transition politique douce » au Kenya « entre le président Daniel Arap Moi, au pouvoir pendant 25 ans, au moyen d’élections multipartites transparentes et relativement justes » qui ont porté au pouvoir l’opposant Mwai Kibaki. L’Afrique a également pris une importance inattendue lors des négociations sur une nouvelle résolution devant le Conseil de sécurité de l’Onu autorisant le recours à la force contre l’Irak qui n’a jamais été soumise au vote, Moscou et Paris ayant menacé de recourir à leur droit de veto. L’Angola, le Cameroun et la Guinée, membres non permanents du Conseil de sécurité, avaient été courtisés de part et d’autre et sont apparus comme « des votes potentiellement clefs » à l’Onu, note l’IISS. Bien que la résolution n’ait jamais été soumise au vote, « l’importance des débats et la réticence de ces trois pays à soutenir la résolution a mis en lumière les craintes de marginalisation de l’Afrique » dans un environnement politique d’après-attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis. « Après une opération militaire hautement controversée en Irak destinée à modifier le statu quo en place au Proche-Orient, l’Afrique va vraisemblablement encore moins attirer l’attention de Washington et des capitales européennes », relève le rapport. Il reste par ailleurs « de multiples sources d’instabilité, d’insécurité et de misère humaine », particulièrement en Afrique australe. Cette région souffre d’une « pénurie d’eau potable qui s’aggrave » et, « chroniquement, des effets déstabilisants de la famine et du sida », souligne l’IISS. L’ « Angola doit encore faire face à d’importants problèmes pour établir la paix, la situation économique et politique du Zimbabwe s’est encore dégradée et l’arrivée en masse de réfugiés et d’armes de RDC reste une menace », souligne l’IISS. Le Zimbabwe est considéré par l’IISS comme « l’élément le plus déstabilisateur de la région ». « Les privations et la décadence politique au Zimbabwe ainsi qu’une insurrection qui persiste de façon inattendue en Côte d’Ivoire menacent de se transformer en zones d’instabilité qu’el-Qaëda pourrait parfaitement exploiter », met en garde le rapport.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Afrique, encore plus délaissée par l’Europe et les États-Unis qui se sont focalisés sur la guerre en Irak et le Proche-Orient, a montré « des signes plus forts » de sa volonté de se prendre en main, estime l’Institut international d’études stratégiques. L’Afrique a montré « des signes plus forts (...) qu’elle prenait plus solidement en main son propre destin », écrivent les experts de l’IISS. L’Afrique du Sud a « finalement commencé à appliquer une politique étrangère constructive, forte de son statut économique et politique en favorisant les accords de paix promis en République démocratique du Congo », dit l’IISS. Le rôle primordial de Pretoria et du Nigeria, dans la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), est « un signe que les principaux États...