INSOLITE Centurions et gladiateurs interdits de Colisée
le 04 avril 2003 à 00h00
Heaumes emplumés sur le crâne et armures de métal sur le thorax, des gladiateurs et des légionnaires romains ont fait le siège du Colisée pour protester contre une décision du gouvernement leur interdisant l’accès au monument. «Deux mille ans après, Rome revit la révolte de ses légions », pouvait-on lire sur une banderole déployée par ces manifestants déguisés de pied en cap, qui vivotent d’ordinaire des oboles des touristes. Le ministère de la Culture a ordonné de les éloigner du Colisée au motif qu’ils portent préjudice au monument visité chaque année par quelque trois millions de touristes. Mais les gladiateurs des temps modernes veulent conserver leur terrain de représentation. « Comment osent-ils dire que nous défigurons le Colisée ? » s’est insurgé Franco Magni, dit « Brutus », portant comme ses lointains ancêtres de solides caligae, des sandales de cuir à lanières montantes, et une armure rutilante. « Nous avons construit des boutiques de souvenirs à l’intérieur du Colisée pour gagner de l’argent mais nous sommes chassés, empêchés de faire notre travail. C’est une honte.» Glaives et poings brandis, la quarantaine de manifestants hurlaient «Nous voulons travailler!» sous le regard amusé des touristes qui ont profité de ce spectacle rare pour compléter leurs albums-photos. «Ils n’ont pas le droit de nous virer. Les touristes nous adorent», a lancé pour sa part Giorgia, un gladiateur de sexe féminin vêtue d’une mince tunique blanche avec casque et plaque de poitrine dorés. De fait, beaucoup de touristes semblaient soutenir les protestataires. « Je ne pense pas que le Colisée soit en soi une visite sympa. Ils apportent un peu d’humour à la chose », a ainsi observé Paul Kenny, un Irlandais. « C’est un travail. Pourquoi ne seraient-ils pas autorisés à le faire ? Ils ne font pas de mal », ajoutait, entre deux clichés photographiques, Katerina Atmatzidou, une touriste grecque. Ce n’est pas la première fois que cette troupe de comédiens est dans l’œil du cyclone. Le conseil municipal de Rome les avait déjà réprimandés par le passé parce que les conseillers estimaient que leurs tenues n’étaient pas du meilleur goût, surtout avec leurs glaives de bazar en plastique. Rome avait alors menacé de leur imposer des règles vestimentaires. Des touristes se sont aussi plaints des prix exorbitants réclamés par ces centurions d’opérette pour poser sur les photos. Le spectacle de la révolte des gladiateurs de ce début d’année 2003 devrait toutefois être sans commune mesure avec les jeux du cirque donnés en l’an 80 pour l’inauguration du Colisée : des milliers de gladiateurs et de bêtes sauvages y furent alors massacrés.
Heaumes emplumés sur le crâne et armures de métal sur le thorax, des gladiateurs et des légionnaires romains ont fait le siège du Colisée pour protester contre une décision du gouvernement leur interdisant l’accès au monument. «Deux mille ans après, Rome revit la révolte de ses légions », pouvait-on lire sur une banderole déployée par ces manifestants déguisés de pied en cap, qui vivotent d’ordinaire des oboles des touristes. Le ministère de la Culture a ordonné de les éloigner du Colisée au motif qu’ils portent préjudice au monument visité chaque année par quelque trois millions de touristes. Mais les gladiateurs des temps modernes veulent conserver leur terrain de représentation. « Comment osent-ils dire que nous défigurons le Colisée ? » s’est insurgé Franco Magni, dit « Brutus », portant comme...
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