« Les enfants de la guerre » montent sur les planches
le 02 avril 2003 à 00h00
Ils viennent du Kurdistan, de Sierra Leone, du Salvador, de Somalie ou d’Afghanistan. Ils ont de 13 à 18 ans et, sur une scène depuis lundi à Washington, racontent leurs vies dans une pièce documentaire intitulée Les enfants et la guerre. Leurs litanies sont tristes, à l’image de l’histoire évoquée par Derren Pasha, un jeune réfugié kurde. En 1991, George Bush père, alors président des États-Unis, promettait assistance à la minorité kurde d’Irak pour qu’elle se soulève contre Saddam Hussein. Elle s’est soulevée, mais l’aide n’est jamais venue et les Kurdes ont dû affronter seuls un ennemi puissant et déterminé. Les récits d’enfants ont été réunis par le metteur en scène d’avant-garde new-yorkais Ping Chong, un Américain d’origine chinoise. De chacun d’entre eux surgit la mémoire à vif et douloureuse de vies marquées par de terribles événements. Fatu Sankoh raconte : en 1994, en Sierra Leone, « une faction de la guerre civile est venue à Freetown, ma ville, pour enrôler des soldats. Ils ont pris des garçons de 12 ans et en ont fait des tueurs ». « Voilà comment ils ont fait. On fait des petites entailles dans leur peau. On passe de la cocaïne dessus, cela fait de meilleurs tueurs. On tue leurs familles devant eux, cela fait de meilleurs tueurs. » « Maintenant il y a des milliers d’enfants qui violent, qui volent et qui tuent en Sierra Leone. » Le metteur en scène a choisi des adolescents de 13 à 18 ans parmi un groupe de 80 réfugiés scolarisés dans des écoles de Washington et sélectionnés par le Centre de services humanitaires multiculturels de Washington. Faire parler des enfants sur leur vécu de la guerre est difficile pour les adultes, reconnaît le directeur du Centre, le psychologue Dennis Hunt, mais l’expérience a été pour eux cathartique. « Le premier jour, ils se sont assis et ont écouté les histoires des uns et des autres et ils ont compris qu’ils n’étaient pas seuls » à avoir vécu ces traumatismes, indique M. Chong, pour lequel « il est important que les enfants n’ayant pas vécu de guerre entendent cela... parce qu’ils sont l’avenir ». Awa Nur, dont la famille a fui la guerre civile en Somalie en 1991 et qui a passé quatre ans dans un camp de réfugiés au Kenya, dit que ses camarades de classe qui ont vu le spectacle ont changé de point de vue sur la guerre et le monde en général. Interrogée sur la guerre américaine en Irak, sa réponse est directe : « Qu’est-ce que vous croyez ? La guerre n’est pas une réponse... Cela me pèse beaucoup. » De même pour Dereen dont le père a été exécuté devant elle par les hommes de Saddam Hussein. « Ces missiles qui ont tué 350 civils... Si vous envoyez des bombes, vous allez tuer des femmes, des enfants, des lieux, une histoire », dit-elle, à propos de récentes informations sur la guerre en Irak.
Ils viennent du Kurdistan, de Sierra Leone, du Salvador, de Somalie ou d’Afghanistan. Ils ont de 13 à 18 ans et, sur une scène depuis lundi à Washington, racontent leurs vies dans une pièce documentaire intitulée Les enfants et la guerre. Leurs litanies sont tristes, à l’image de l’histoire évoquée par Derren Pasha, un jeune réfugié kurde. En 1991, George Bush père, alors président des États-Unis, promettait assistance à la minorité kurde d’Irak pour qu’elle se soulève contre Saddam Hussein. Elle s’est soulevée, mais l’aide n’est jamais venue et les Kurdes ont dû affronter seuls un ennemi puissant et déterminé. Les récits d’enfants ont été réunis par le metteur en scène d’avant-garde new-yorkais Ping Chong, un Américain d’origine chinoise. De chacun d’entre eux surgit la mémoire à vif...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.