À Beyrouth et à Tripoli, mais aussi dans le Chouf et au Liban-Sud, des manifestations contre la guerre en Irak ont été organisées pendant que les ulémas appelaient les Irakiens, dans leurs prêches du vendredi, à « résister jusqu’au martyre à l’invasion de leur pays par les forces de la coalition américano-britannique ». Quelque 60 000 personnes, selon les forces de l’ordre, 100 000 selon les organisateurs, ont manifesté à Tripoli leur soutien à la « résistance des Irakiens contre les envahisseurs » et ont appelé au « jihad » (guerre sainte). Les manifestants, mis en condition par les prêches appelant au « jihad », sont sortis des mosquées après les prières du vendredi et ont convergé vers le stade Rachid Karamé, à l’entrée sud de Tripoli, en sillonnant les artères principales de cette ville. Les manifestants libanais, qui criaient notamment : « Vive la résistance du peuple irakien contre l’envihasseur » et « Le jihad pour l’Irak est un devoir pour tout musulman », ont été rejoints par des milliers de Palestiniens venus des camps de réfugiés de Beddaoui et Nahr el-Bared, proches de la frontière syrienne. Des centaines de gendarmes, épaulés par l’armée, ont encadré les manifestants qui ont brûlé une marionnette à l’effigie du président américain George W. Bush, ainsi que des drapeaux américains, britanniques et israéliens. À l’appel du chef du PSP, Walid Joumblatt, des manifestations ont été organisées à Baakline, dans l’Iklim el-Kharroub, à Aley, à Rachaya et à Hasbaya. Haranguant la foule à Baakline, où il a participé au mouvement de protestation, M. Joumblatt a salué la résistance du peuple irakien avant de déclarer : « Qu’est-ce qui est mieux aujourd’hui ? Régler des comptes avec le commandement irakien ou se tenir aux côtés de son peuple et de son armée ? Fermer le canal de Suez ou le laisser ouvert aux porte-avions (des forces de la coalition) ? Arrêter la production du pétrole qui alimente la machine militaire américano-britannique ou en augmenter la production en vue de davantage d’oppression et de destruction ? Nous n’obtenons pas de réponses à ces questions, mais un jour, ces dirigeants et ces cheikhs qui avaient un jour participé à une manifestation contre le Liban et la Syrie, brandissant des drapeaux américains et britanniques, vont chuter. » Dans le même temps, des voix s’élevaient dans les mosquées, appelant les Irakiens à résister aux forces américaines et britanniques. « La résistance en Irak n’a pas pour but de servir le régime, mais de défendre la liberté (...) Nous devons sortir du rôle de victime et assumer celui de résistant », a déclaré sayyed Mohammed Hussein Fadlallah, dans son prêche prononcé dans la banlieue sud. Le président du Conseil des ulémas de Jabal Amel, cheikh Afif Naboulsi, qui conduisait la prière à Saïda, a souligné que « résister à l’invasion américaine prime, au niveau de la charia (loi islamique), toute autre cause ou problème, aussi importants soient-ils ». « L’intérêt de la nation nous dicte de reserrer les rangs pour affronter le danger américain », a-t-il ajouté. À Tyr, un autre religieux chiite, cheikh Ali Yassine, a appelé les Irakiens à « mener des attaques-suicide contre les troupes de la coalition, à l’exemple des résistants libanais qui avaient poussé l’armée israélienne à se retirer du Liban-Sud ». « Nous invitons le peuple irakien à suivre cette voie et à se faire exploser contre les chars des envahisseurs américains et britanniques », a-t-il dit. Dans le camp voisin de réfugiés palestiniens de Bass, un religieux sunnite, cheikh Mohammad Majayri, a rappelé aux fidèles « que dans Son Livre, Dieu nous apprend que le jihad mène à la victoire et toute personne religieuse doit lutter contre les Américains et les juifs ». À Tripoli, cheikh Malek Chaar a critiqué les régimes arabes et les a appelés à rompre leurs relations diplomatiques avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. « Aujourd’hui, c’est l’Irak, demain viendra votre tour. Votre silence ne protègera ni vos trônes ni vos têtes, et la guerre qui se prolonge n’est pas dans votre intérêt, car le peuple arabe va, tôt ou tard, se soulever » , a-t-il lancé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À Beyrouth et à Tripoli, mais aussi dans le Chouf et au Liban-Sud, des manifestations contre la guerre en Irak ont été organisées pendant que les ulémas appelaient les Irakiens, dans leurs prêches du vendredi, à « résister jusqu’au martyre à l’invasion de leur pays par les forces de la coalition américano-britannique ». Quelque 60 000 personnes, selon les forces de l’ordre, 100 000 selon les organisateurs, ont manifesté à Tripoli leur soutien à la « résistance des Irakiens contre les envahisseurs » et ont appelé au « jihad » (guerre sainte). Les manifestants, mis en condition par les prêches appelant au « jihad », sont sortis des mosquées après les prières du vendredi et ont convergé vers le stade Rachid Karamé, à l’entrée sud de Tripoli, en sillonnant les artères principales de cette ville. Les...