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La Fédération espagnole plongée dans une crise sans précédent

Démission du comité de compétition, destitution du secrétaire général, vice-président accusé d’abus de biens sociaux, organisation défaillante, la Fédération espagole de football (FEF), dirigée par Angel Maria Villar, est plongée dans une crise sans précédent. « Pepe Gotera et Otilio, bousillage à domicile », c’est le nom d’une bande dessinée espagnole où les deux héros, artisans d’une entreprise de « réparations en tous genres », font tout de travers. Depuis quelques jours, ce sont, dans la presse, les surnoms du président de la FEF, Angel Maria Villar, également vice-président de la Fifa, et de son vice-président Juan Padron. La FEF est en effet secouée par plusieurs affaires depuis le début de l’année. Première alerte, la destitution surprise et à effet immédiat le 29 janvier après 18 ans passées à la fédération de Gerardo Gonzalez, son secrétaire général. Si les deux parties ont refusé de divulguer les motifs du divorce, la presse a fait état des affrontements perpétuels entre Gerardo Gonzalez et Juan Padron. Le quotidien As, qui qualifie Angel Maria Villar « d’ange exterminateur », avançait que Gerardo Gonzalez reprochait notamment au vice-président de tenter de protéger le club de Tenerife d’où il est originaire, mais surtout la faible transparence, voire la mauvaise gestion, des comptes de la fédération par Padron. « Hôtel en ruines » Ces premiers remous n’étaient que l’annonce de la tempête. Mardi soir, les trois membres du comité de compétition chargée du calendrier mais surtout d’appliquer les sanctions aux clubs et joueurs contrevenant au règlement ont démissionné. Motif : l’ingérence de la présidence dans le cas Gurpegui, le joueur de l’Athletic Bilbao, contrôle positif à la nandrolone en septembre et qui n’a toujours pas été suspendu. Selon une partie de la presse, le président a refusé le choix (du comité) de l’instructeur du dossier. À la fédération, on explique que ce sont des motifs financiers qui ont conduit Villar à refuser la mission de l’avocat Tomas Gonzalez, qui « prenait trop cher » (El Pais) mais d’autres titres de la presse estiment que Villar a surtout voulu enterrer provisoirement l’affaire. « Aujourd’hui, c’est le cas Gurpegui, demain cela en sera un autre », a affirmé Fernando Sequeira, président du comité. Le président, qualifié par Marca de « patriarche d’un hôtel en ruines », a aussitôt nommé un nouveau comité dont la légitimité paraît chancelante. Dernière grosse affaire en date, les accusations contre Juan Padron. Mercredi, lors de l’émission nocturne « El Larguero » (La transversale), qui attire plusieurs millions d’auditeurs chaque soir, accusait Padron d’avoir profité de déplacements des équipes nationales espagnoles pour inviter sa femme et parfois ses deux filles à des voyages en Corée, Japon, Chine, Brésil, Finlande et Russie. Coût de ces largesses : 150 000 euros selon l’émission de la Cadena Ser. Juan Padron a vigoureusement démenti ces assertions et promis des poursuites à ses accusateurs. La fédération a de plus commis plusieurs bourdes au niveau de l’organisation. Ainsi, lundi, 200 enfants, invités par la fédération, ont attendu en vain pendant plusieurs heures la visite des vedettes de la sélection espagnole à Majorque. L’image de la fédération, déjà écornée, a ainsi été vilipendée par la presse régionale et même nationale, Marca qualifiant, photo d’enfant en pleurs à la une, le rendez-vous manqué de « Bricolage national ». Un ensemble d’affaires qui pourrait nuire aux ambitions internationales du président Angel Maria Villar, qui avait déjà évoqué à mots couverts une candidature à la présidence de la Fifa.
Démission du comité de compétition, destitution du secrétaire général, vice-président accusé d’abus de biens sociaux, organisation défaillante, la Fédération espagole de football (FEF), dirigée par Angel Maria Villar, est plongée dans une crise sans précédent. « Pepe Gotera et Otilio, bousillage à domicile », c’est le nom d’une bande dessinée espagnole où les deux héros, artisans d’une entreprise de « réparations en tous genres », font tout de travers. Depuis quelques jours, ce sont, dans la presse, les surnoms du président de la FEF, Angel Maria Villar, également vice-président de la Fifa, et de son vice-président Juan Padron. La FEF est en effet secouée par plusieurs affaires depuis le début de l’année. Première alerte, la destitution surprise et à effet immédiat le 29 janvier après 18 ans...