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Antiaméricanisme contre francophobie, la « guerre » des mots fait rage

La « guerre » des mots fait rage entre deux alliés de longue date, la France et les États-Unis, qui connaissent un regain d’antiaméricanisme et de francophobie alimenté par les divergences entre Washington et Paris sur la crise irakienne. Les déclarations acrimonieuses aux États-Unis contre les « Frenchies » se multiplient, à commencer par le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld taxant avec mépris la France et l’Allemagne, de « vieille Europe ». Les remarques les plus acerbes viennent de journalistes et commentateurs politiques, qui s’adonnent au plaisir de taper sur ces « singes mangeurs de fromages », nouvelle insulte en vogue aux États-Unis concernant les Français, selon un chroniqueur du Financial Times établi outre-Atlantique. Un chroniqueur du Wall Street Journal s’est distingué récemment par une diatribe particulièrement virulente contre le président français Jacques Chirac qu’il a qualifié de « Pygmée (...) travesti en une Jeanne d’Arc au crâne dégarni » qui a transformé « la France en abject proxénète de Saddam ». Les Français ne sont pas en reste à l’égard des Américains, l’antiaméricanisme étant assez largement partagé chez les élites françaises. Les dérapages verbaux n’ont ainsi pas manqué après la remarque de Donald Rumsfeld, la palme revenant à la ministre de l’Écologie Roselyne Bachelot, qui a fait allusion au « merde » retentissant proféré par le général des armées napoléoniennes Pierre Cambronne à une sommation de se rendre à Waterloo. L’opposition de gauche ne s’est pas privée, le député socialiste et ancien ministre Paul Quilès dénonçant « l’arrogance » du « cow-boy » Rumsfeld. La presse française aussi a du mal à cacher son mépris à l’égard de l’Administration Bush. « La brutalité de George W. Bush envers ses alliés confine à la vulgarité d’esprit : il siffle la fin de la “partie” comme il le ferait pour un match de base-ball, alors qu’il s’agit d’une guerre », écrit Le Figaro dans un éditorial samedi. « Enlevez ses jouets à George W. Bush », écrit un lecteur dans une lettre publiée par le quotidien Libération. « Et si un jour un dictateur encore plus fou prenait le pouvoir à Washington ? » s’interroge-t-il. « Les Américains font semblant de respecter la démocratie. En réalité, ils se promènent armés jusqu’aux dents et passent leur temps à tirer sur les passants et les Indiens. Pas besoin d’inspecteurs pour s’en convaincre », écrit un ancien ministre français Brice Lalonde dans un texte publié dans Le Figaro. La « guerre » des mots fait donc rage de part et d’autre de l’Atlantique. « France/États-Unis, les heures froides », titre en couverture l’hebdomadaire français Le Figaro magazine paru samedi. « La francophobie a connu une montée en puissance inquiétante au cours des deux dernières années aux États-Unis », estime Justin Vaïsse, historien-chercheur au Center on the US and France à la Brookings Institution à Washington, cité par l’hebdomadaire. « Cette francophobie est véritablement le double inversé de l’antiaméricanisme : comme lui, elle consiste en une opposition épidermique et souvent haineuse à l’autre pays », ajoute-t-il. « Le but n’est plus d’avoir raison face à lui mais d’avoir raison de lui. L’antiaméricain refuse à Bush le droit de parler parce que l’Amérique applique la peine de mort. Le francophobe dénie à Chirac le droit de répondre parce que la France est antisémite », estime le chercheur. Selon lui, les crises se sont multipliées depuis 2000 notamment avec les attaques antijuives perpétrées en France « qui ont ravivé le cliché d’un pays antisémite ». Mais ce qui inquiète davantage le chercheur, c’est « l’europhobie » qui gagne Washington : ce sont désormais « les Européens dans leur ensemble qui sont lâches, antisémites, antiaméricains, immoraux, insignifiants », explique-t-il.
La « guerre » des mots fait rage entre deux alliés de longue date, la France et les États-Unis, qui connaissent un regain d’antiaméricanisme et de francophobie alimenté par les divergences entre Washington et Paris sur la crise irakienne. Les déclarations acrimonieuses aux États-Unis contre les « Frenchies » se multiplient, à commencer par le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld taxant avec mépris la France et l’Allemagne, de « vieille Europe ». Les remarques les plus acerbes viennent de journalistes et commentateurs politiques, qui s’adonnent au plaisir de taper sur ces « singes mangeurs de fromages », nouvelle insulte en vogue aux États-Unis concernant les Français, selon un chroniqueur du Financial Times établi outre-Atlantique. Un chroniqueur du Wall Street Journal s’est distingué récemment par une...