«Anglo Cubano», «Afro Saxon»: les origines mixtes du pianiste Alex Wilson, en concert jeudi dernier au Strange Fruit, sont claires et ces deux appellations sont les titres de ses deux albums. Accompagné du contrebassiste Tom Herbert, du saxophoniste ténor Paul Booth et du batteur Rod Young, le musicien aux racines sierra leonaises a donné près de deux heures de concert pendant lesquelles du jazz pur, assez peu mâtiné, a dominé. Entrée en matière vers 21h30, dans un espace remanié par une direction rajeunie, semble-t-il, qui a investi l’écran de l’ancienne salle de cinéma pour en faire une judicieuse projection d’ombres, ce qui permettait au public du niveau supérieur de se faire une idée de ce qui se passait sur scène. Alex Wilson se met au piano à queue et donne le ton général de la soirée: plutôt «smooth» que «groovy», autrement dit plutôt mélodique que rythmique. Au rabais Les autres musiciens le rejoignent alors et reçoivent une chaleureuse ovation de leurs congénères anglais et anglophones qui, eux, ont investi le devant de la scène. Paul Booth a réellement été l’accélérateur de tempo de la soirée et l’a fait savoir dès les premières notes lancées. Toujours au premier plan, il a donné le coup de peps qui manquait constamment sauf, rares exceptions, dans le jeu de ses partenaires. L’impeccable Tom Herbert, en costume intégral, boutons de manchettes compris, a ponctué les interprétations avec une classe tout anglaise. Quant à Rod Young, Noir tout de blanc vêtu, il a donné une petite leçon de «free jazz» à tous les batteurs présents ce soir-là, sans pour autant que son talent trouve de réel et authentique espace pour s’exprimer et se développer. D’une manière générale, ce concert a été plutôt décevant. Comme cela arrive malheureusement souvent au Liban, Alex Wilson et ses trois accompagnateurs ont joué au rabais, si bien que leur jazz a sonné un peu trop repassé, lisse, voire monotone. Le pianiste, dont il était attendu plus de personnalité, s’est contenté de lâcher quelques notes de son cru, mais sans arriver à donner une idée claire et personnelle de ses préférences. Il semblerait que les quatre musiciens aient confondu les trois ateliers qu’ils ont animés, avant la date du concert, au Conservatoire national de musique, avec le concert lui-même: une belle démonstration de talent, auquel a seulement manqué le plus important, à savoir l’énergie et la présence artistique que requiert la scène. Diala GEMAYEL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Anglo Cubano», «Afro Saxon»: les origines mixtes du pianiste Alex Wilson, en concert jeudi dernier au Strange Fruit, sont claires et ces deux appellations sont les titres de ses deux albums. Accompagné du contrebassiste Tom Herbert, du saxophoniste ténor Paul Booth et du batteur Rod Young, le musicien aux racines sierra leonaises a donné près de deux heures de concert pendant lesquelles du jazz pur, assez peu mâtiné, a dominé. Entrée en matière vers 21h30, dans un espace remanié par une direction rajeunie, semble-t-il, qui a investi l’écran de l’ancienne salle de cinéma pour en faire une judicieuse projection d’ombres, ce qui permettait au public du niveau supérieur de se faire une idée de ce qui se passait sur scène. Alex Wilson se met au piano à queue et donne le ton général de la soirée: plutôt...