Le gouvernement britannique, qui va déployer un quart de son armée de terre dans le Golfe, a insisté mardi sur les liens existant entre l’organisation terroriste el-Qaëda et des Irakiens, sans pour autant établir de lien entre el-Qaëda et le régime de Bagdad. L’existence de liens entre el-Qaëda et des personnes en Irak a été mise en évidence par les services de renseignements, a déclaré le Premier ministre Tony Blair, interrogé pendant deux heures et demie par une commission parlementaire. « Il y a des renseignements portant sur des liens entre des membres d’el-Qaëda et des personnes en Irak », a déclaré M. Blair. « Je ne suggère pas qu’il y a des preuves liant des membres du régime irakien à des membres d’el-Qaëda », a dit M. Blair. Un peu plus tard, devant la Chambre des communes dans son ensemble, le ministre des Affaires étrangères Jack Straw a fait le lien entre « les terroristes et les États voyous », en soulignant qu’ils constituaient la grande menace des prochaines années. « L’organisation terroriste la plus dangereuse est el-Qaëda, l’État voyou le plus agressif est l’Irak », a-t-il dit. Pour M. Blair, des liens entre l’Irak et el-Qaëda ne sont toutefois pas nécessaires pour justifier une action contre Saddam Hussein, la question des armes de destruction massive étant selon lui suffisante. Les informations des services de renseignements britanniques sur l’existence de ces armes en Irak sont « écrasantes », a réaffirmé le Premier ministre. « Il y a des preuves indiquant qu’ils (les Irakiens) sont en train de construire des armes de destruction massive », a-t-il affirmé. « Nous devons montrer à Saddam (Hussein) qu’il n’y a pas pour lui d’autre issue que de désarmer », a dit M. Blair. Le Premier ministre a estimé que la « pression énorme » exercée par les États-Unis et la Grande-Bretagne « était en train de porter ses fruits ». « Des failles apparaissent dans le régime de Saddam Hussein », a-t-il dit. Mais Tony Blair a été prudent sur la possibilité de voir le président irakien partir en exil. « La réaction instinctive serait de ne pas s’y opposer, a-t-il dit, mais je ne sais pas si cela se produira. » M. Blair s’est livré à un plaidoyer du rôle des États-Unis dans le monde, ajoutant que l’antiaméricanisme était « injuste et erroné ». « Si l’Europe et les États-Unis se séparaient, n’importe quel pays dans le monde pourrait profiter de cette situation et ce serait très dangereux », a-t-il affirmé. Le Premier ministre, qui a précisé que le Royaume-Uni aurait « son mot à dire » dans le choix de cibles en Irak en cas d’opération conjointe, est attendu le 31 janvier à Camp David (Maryland, États-Unis) pour des entretiens avec le président George W. Bush. Dans une allusion directe à la Corée du Nord, il a reconnu que « l’Irak n’était pas le seul problème en ce qui concerne les armes de destruction massive ». Le Premier ministre a affirmé qu’il « comprenait parfaitement le scepticisme » de l’opinion publique britannique sur la nécessité d’un conflit contre l’Irak, tout en ajoutant que sa « tâche était d’expliquer aux gens pourquoi cela pourrait être nécessaire ». M. Blair s’est dit sûr que « lorsque le temps viendra, s’il vient, les gens trouveront ces raisons acceptables ».
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