Ce joaillier de génie, connu pour sa mise en valeur du «diamant noir», affirme que la créativité joaillière est mère de l’audace... en ajoutant, toutefois, qu’il faut savoir en profiter en l’associant, en complice plutôt qu’en ennemi, aux valeurs de base de la tradition joaillière spécifique à chaque culture. Fawaz Gruosi, en véritable alchimiste de l’ère post-atomique, réussit l’exploit rare d’introduire dans l’esthétique contemporaine des joyaux fidèles à la tradition mais porteurs d’éléments inédits... Le diamant noir et, actuellement, le diamant d’or en sont des exemples. Autour de ces gemmes, élaborées par des procédés innovateurs qui les mettent en valeur, s’articulent des collections qui allient la tradition au présent, la création à l’esprit du temps moderne. Fidèle à ses lointaines racines libanaises, Fawaz Gruosi s’inspire de l’Orient en intégrant l’art contemporain et la tradition dans des mélanges d’une esthétique parfaitement moderne. Comme le signale lui-même, «il ose, en créant, en transgressant les règles du passé, manipuler volumes et effets, pour apporter à la haute joaillerie le droit de mériter son époque...» Après avoir travaillé durant plus de vingt ans au sein de la haute joaillerie, cet innovateur choisit de s’installer au sein de son époque, donnant libre cours à ses visions. En 1997, le «Black Orlov», une gemme de 190 carats, contenant de minuscules inclusions, est identifié par la suite comme étant un diamant de couleur noire. Sa rareté et les grandes difficultés de sa taille avaient contribué jusque-là à sa mise en écart de la bijouterie courante. Fawaz Gruosi décide d’en faire le centre de son inspiration, créant une première collection de joyaux. La suite se passe de commentaires. Une voie nouvelle venait d’être tracée. Trois ans plus tard, le prix du carat du diamant noir atteignait les mêmes sommets que les plus prisées des gemmes... Fort de cette réussite, ce joaillier visionnaire est à l’origine de nouvelles découvertes: les «Icy Diamonds», les «Diamants d’or» en font partie, à côté d’autres découvertes et mises au point techniques. Fidèle à ses racines, Fawaz Gruosi, à la tête de sa propre entreprise De Grisogono – Genève, maintient des liens étroits avec le Liban où il compte de nombreux amis et des clients fidèles. Une «success story», en fait, qui ne manque ni de génie ni de panache... L’écharpe revient en force Voilà des années qu’elle était confinée au tiroir des vieux accessoires importables... Ses rares fidèles étaient les femmes pieuses et les enrhumé(e)s par temps froid... Autrement personne parmi les faiseurs de mode ne songeait à ajouter une écharpe à ses créations... Mais voilà que cet hiver ce vieil accessoire oublié revient en force... «Très longue et résolument tricotée», précise L’Officiel, grand indicateur des tendances et du chic. Que toutes (et tous) les «fashion victims», ces suppliciés de la mode, se préparent car tôt ou tard l’épidémie atteindra nos rivages. Long et flottant jusqu’aux bas des jupes, elles aussi longues, le nouvel objet de tous les désirs s’enroule ou se drape autour des épaules de toutes les averties côté tendances. Pour être tout à fait «trendy» (lire: à la pointe du mouvement), il faut l’accompagner d’un bonnet assorti, lui aussi tricoté main! Inséparable, ce duo vient en tête de toutes les tendances de cet hiver. Le style «College Girl» se traduit par de larges rayures sur du mohair coloré. Des mèches en frange, couleur écru, et des côtes irrégulières traduisent le genre rustique. Le style romantique s’affiche en tricotage jacquard sur des modèles travaillés au crochet ou ajourés. Accessoire «amphisexe», l’écharpe réchauffe avec une tendresse égale hommes et femmes. Car pour les hommes aussi cet accessoire revient en force. Il y a à peine quelques mois, cet accessoire d’un autre temps ne sortait de son reposoir que pour secourir les enrhumés et bronchiteux obligés de quitter le lit pour quelque inévitable urgence... Facétieuse la mode, comptant surtout sur la nostalgie qui dénoue les bourses autant que les souvenirs, elle agite son écharpe au-dessus des accessoires. Et voilà la foule des aficionados victimes consentantes et enthousiastes qui s’empressent à se faire tordre le cou par ce nouvel hochet brandi par les faiseurs de vogues... La vogue des bijoux «bohèmes» Les femmes aiment les bijoux... C’est là une ancienne vérité que les hommes ont su bien exploiter. Soit pour obtenir ce qu’ils convoitent, soit pour vendre ce qu’ils fabriquent... Cela n’empêche nullement ces objets de toutes les convoitises d’être souvent de superbes œuvres d’art. C’est le cas d’une nouvelle classe de joyaux dont la valeur se situe bien moins dans les éléments qui les composent que dans le souffle et l’art de celui qui les crée. Il ne s’agit ni de parures haute couture ni de cinéma, encore moins de haute valeur matérielle, mais des créations qui occupent une place à part. Elles sont vendues généralement en circuits amicaux ou parallèles, dans des boutiques, la demeure de leurs créateurs ou en cercles amicaux restreints. Comme par magie ou par osmose, par recommandation d’amis amateurs, des visiteurs étrangers les connaissent et n’omettent jamais de les visiter à chacun de leur passage... Ce que ces bijoux «création d’art» ont de commun c’est que leur valeur ne se situe pas à leur matière première: des pierres dures ou fines, de l’argent et du vermeil, de l’or aussi, mais pas essentiellement. Les pierres sont toujours véritables, elles sont traitées et mises en valeur pour en faire des parures uniques, hors du temps et des vogues, comme le sont les pièces d’art, hors de mode et des imitations. En dehors des griffes connues au Liban, il y en a qui ont réussi une renommée et une carrière internationales. C’est bien le cas de Vivi Corm, une styliste qui vit entre les États-Unis et la France. Il y a deux ans, les grands magasins Saks de New York lui ont commandé une collection entière, qui a connu un immense succès. Comme pour ses autres créations, les éléments de base étaient des pierres brutes, récoltées au cours des voyages-explorations de la créatrice, mélangées ou assorties à des turquoises, des racines de corail, du cristal de roche, du jaspe, des perles aux formes baroques. Le résultat était des «parures bohèmes» spectaculaires, dont la grande valeur consistait à la beauté très originale de chaque pièce. Quelle est la différence de ces créations par rapport à la joaillerie classique? Le principal support de ces pièces n’est pas nécessairement de l’or ou des pierres précieuses de valeur. À quelques exceptions près, certes, il s’agit d’œuvres d’art, matérialisées par les gemmes et le métal, devenant le support et non pas l’essentiel élément de la pièce créée. Cheveux: cinq conseils de bonne santé Avant tout voyage ou départ en vacances, Jean Mamatis, un grand professionnel capillaire, donne à ses clientes cinq conseils que toute femme a intérêt de respecter. – Vérifier régulièrement la perfection d’une coupe. Surtout avant un voyage, des vacances ou une absence. Ajustée, remodelée par un petit coup de ciseaux, «remise à jour» en quelque sorte, elle évitera bon nombre de problèmes. – La coupe modulable (à la Meg Ryan) permet de changer de tête en restant soi-même, à condition de choisir une bonne longueur. – Il faut absolument protéger les cheveux, comme la peau, des UV solaires. Autrement dit les couvrir: chapeau, fichu, bandana sont de mise pendant toute exposition. Autrement, employer les soins qui leur permettent de survivre à l’épreuve. – Après une exposition au soleil, un bain de mer, un exercice intense qui fait transpirer, ne pas manquer de bien rincer sa chevelure. En quittant la plage, en été, prévoir une bouteille d’eau pour ce rinçage. – Éviter ou renoncer même au séchoir durant les vacances. L’accumulation de soleil, sel ou vent représente des épreuves qu’on a tout intérêt de limiter... Avant tout départ en vacances, bain de vapeur, masque, soins particuliers si nécessaire permettent de prévenir d’éventuels dégâts... Les pantoufles de Cendrillon Voilà des siècles que cette question hante l’imagination: les pantoufles de Cendrillon étaient-elles en verre? Publié en 1697, le conte de Perrault relate que ces souliers fragiles ont fait reconnaître par le prince l’élue de son cœur. Au XIXe siècle, toutefois, estimant qu’on ne peut marcher sur du verre sans dégât, même si on est la favorite du sort, on chaussa, dans le texte, Cendrillon d’une seule chaussure non pas de verre mais de vair. Cette matière est une fourrure très douce, de couleur grise, provenant d’un écureuil, le petit-gris, originaire de la Russie, très recherché par les chasseurs et les fourreurs à cause de son pelage très apprécié dans les pays froids. Réalisé en 1950 par Walt Disney, le long-métrage inspiré du conte a tenu compte de ce détail, en chaussant l’héroïne de souliers étincelants... En rénovant l’intrigue avec sa racine première, il a chaussé Cendrillon de chaussons brillants comme du verre, respectant autant la légende que le quiproquo... Le luxe en crise Les grands joailliers internationaux sont en crise. Cartier, numéro un mondial de la joaillerie, s’est séparé récemment de son directeur général pour des raisons personnelles. En réalité, les mauvaises performances de la maison justifient amplement cette mesure. La faiblesse du dollar n’est pas étrangère à cette baisse, associée à la hausse de l’euro, alors que le chiffre d’affaires est en recul de 3%. Cartier n’est pas le seul à souffrir de cette crise. Le ralentissement pour la joaillerie de luxe est brutal pour tous, y compris les États-Unis. Selon Le Figaro Économie du 15 novembre passé, la progression des ventes pour Tiffany atteint à peine +3% et +1,8 pour... Swatch. Le ralentissement de l’économie mondiale n’est pas étranger à cette crise, sans ignorer les séquelles de l’attentat du 11 septembre. Les ventes de montres se sont effondrées, semble-t-il. Mais elles sont beaucoup plus rentables que les bijoux (plus de 50% du chiffre d’affaires chez Bulgari, Chaumet ou Cartier). Depuis les années 70, en effet, l’horlogerie, selon les analyses des économistes, était un des secteurs les plus porteurs, les montres étant des accessoires de mode. La bijouterie aussi traverse une crise. «Par manque de créativité», disent certains, face au grave problème de l’offre. Mais deux facteurs aggravent sérieusement le problème: la montée des frais et surtout le coût de la publicité. Londres se plaint également de la crise. Le célèbre Garrard de Londres a engagé la fille de Mick Jagger pour moderniser ses collections et lancé – entre autres réformes publicitaires –, la vente de bracelets à 100 livres! Par contre, en France, deux grands groupes financiers, Gucci et LVMH, axés jusqu’à présent vers la mode et la maroquinerie, ont décidé d’investir dans la joaillerie: LVMH en rachetant Chaumet, Fred et Tag Heuer, Gucci en reprenant Boucheron. «On est au plus bas, expliquent les analystes. À long terme, le secteur sera probablement très intéressant pour les investisseurs.»
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