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Actualités - Chronologie

Un Yom Kippour dans la peur

Le président palestinien Yasser Arafat se trouvait hier soir au pied du mur, l’ultimatum que lui a lancé le Premier ministre israélien Ehud Barak ne lui laissant aucune option satisfaisante. M. Barak avait sommé samedi soir M. Arafat de mettre un terme à la révolte palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza dans un délai de 48 heures, faute de quoi il considérera le processus de paix terminé et ordonnera d’utiliser tous les moyens pour réprimer les violences. Ne rien faire risquerait donc de provoquer une riposte israélienne impitoyable et la fin du processus de paix, sur lequel M. Arafat a misé toute sa stratégie depuis les accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne. Mais obéir aux instructions israéliennes, si tant est, d’ailleurs, qu’il ait le pouvoir de faire cesser les violences, constituerait un moyen sûr de perdre le soutien d’une bonne partie des Palestiniens. L’ultimatum de M. Barak repose sur la certitude – quasiment générale en Israël – que M. Arafat est à l’origine des émeutes, ou en tout cas qu’il les a attisées. Les experts palestiniens sont d’un avis différent. «Arafat ne contrôle pas la rue et mon sentiment est que Barak le sait», assure Ghassan al-Khatib, directeur du Centre de Jérusalem pour les médias et la communication (JMCC). La révolte actuelle «n’est pas orchestrée par Arafat ou par qui que ce soit», a-t-il déclaré, car «c’est simplement une réaction à des tueries continuelles». Selon lui, c’est la brutalité de la riposte israélienne aux manifestations qui a fait plus de 90 morts en dix jours, qui est à l’origine de la poursuite des affrontements. Les émeutes ont débuté à l’occasion de la visite très controversée du chef de l’opposition de droite israélienne, Ariel Sharon, le 28 septembre sur l’Esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam. Une visite ressentie comme une insulte par la plupart des Palestiniens. M. al-Khatib admet que M. Arafat «n’a pas beaucoup essayé» d’arrêter les combats, «parce qu’il sait que cela ne sert pas à grand-chose». La mise à sac et la destruction samedi à Naplouse par une foule déchaînée du tombeau de Joseph, un lieu saint juif que l’armée venait d’évacuer, semble indiquer que M. Arafat ne contrôle pas entièrement ses troupes, comme l’a d’ailleurs souligné le vice-ministre israélien de la Défense, Ephraïm Sneh. Cet acte de vandalisme a, en effet, porté atteinte à l’image de responsabilité qu’essaie de projeter l’Autorité palestinienne, à tel point que M. Arafat a décidé le soir même que le bâtiment serait reconstruit. Si cette absence de contrôle effectif était confirmée, cela augurerait mal de l’évolution de la situation sur le terrain. Les Israéliens font cependant remarquer qu’au lendemain même de l’ultimatum, un accord sur un arrêt des combats dans la bande de Gaza a été conclu dimanche par l’armée israélienne avec les services de sécurité palestiniens et qu’il a été suivi d’une certaine accalmie, la police palestinienne intervenant pour évacuer les manifestants près du point chaud de Netzarim. Pour M. al-Khatib «la violence ne cessera pas, mais elle continuera de diminuer graduellement». L’arrêt de la violence est à ses yeux «un processus» et ne peut survenir de manière soudaine. Dans tous les cas, M. Arafat se trouve dans une situation délicate. «Il peut conserver sa popularité» chez les Palestiniens en maintenant la position dure qui est la sienne depuis le début «et couler le processus de paix» par la même occasion, affirme un chercheur israélien, Barry Rubin, expert au Centre des études stratégiques de l’université Bar-Ilan, près de Tel-Aviv. L’autre option est de reprendre les négociations. Mais il le fera alors, selon lui, dans des conditions plus mauvaises qu’avant les émeutes, car «vous pouvez tirer un trait sur de nouvelles concessions israéliennes».
Le président palestinien Yasser Arafat se trouvait hier soir au pied du mur, l’ultimatum que lui a lancé le Premier ministre israélien Ehud Barak ne lui laissant aucune option satisfaisante. M. Barak avait sommé samedi soir M. Arafat de mettre un terme à la révolte palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza dans un délai de 48 heures, faute de quoi il considérera le processus de paix terminé et ordonnera d’utiliser tous les moyens pour réprimer les violences. Ne rien faire risquerait donc de provoquer une riposte israélienne impitoyable et la fin du processus de paix, sur lequel M. Arafat a misé toute sa stratégie depuis les accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne. Mais obéir aux instructions israéliennes, si tant est, d’ailleurs, qu’il ait le pouvoir de faire cesser les violences,...