Inexorablement, fidèle aux équinoxes, la femme est soumise, bon gré mal gré, deux fois l’an, à l’épreuve du placard. À la fin de l’hiver, puis à celle de l’été, face aux deux battants largement écartés, elle médite sur son capital vestimentaire... Témoins insensibles, les fonds de l’an passé, pendent sur leurs cintres. Face à ces présences muettes, naît la terrible question. Comment être une femme dans le vent, active et à la page, vêtue de ces reliques ? En déambulant dans des défroques semblables, je perdrais toute estime de moi-même. D’ailleurs, la presse unanime cataloguait, déjà il y a six mois, la mode de la saison passée «terne et conventionnelle»... Dans des dispositions pareilles, comment trouver l’élan de faire un tri ? Si on écoutait son cœur, on en ferait un tas de ces nippes importables en les éliminant soit par le feu, soit via la fenêtre... Ouvert sur le lit, le numéro spécial d’une revue féminine annonce, moqueur, «une saison chatoyante et précieuse, tranchant avec l’été passé morose et ascétique...». Furibard, le regard se pose, une fois de plus, sur le placard ouvert. Du brun, du gris, des ensembles «missionnaire», des jupes importables, des pantalons étroits, des tuniques informes... Tu parles de panache... Que peut-on donc sélectionner dans cet innommable résidu d’une malle préhistorique ? On referme le caveau aux ossements intacts. L’humeur en berne, le cœur lourd et le pas lent, en ruminant sa frustration, l’héroïne quitte la pièce... L’armoire se videra pour mieux se remplir. Six mois plus tard, dans les mêmes lieux, la pièce sera reprise avec la même actrice. Comme pour les grands classiques, l’intrigue ne subira que des retouches mineures. Là on parlait d’été quand maintenant c’est l’hiver... Puis vice versa. Un jour, lointain ou proche, les équinoxes réclameront des dividendes très élevées aux industries de la mode. Ce ne sera que justice, puisque ce sont eux, après tout, qui alimentent la vente ?...
Inexorablement, fidèle aux équinoxes, la femme est soumise, bon gré mal gré, deux fois l’an, à l’épreuve du placard. À la fin de l’hiver, puis à celle de l’été, face aux deux battants largement écartés, elle médite sur son capital vestimentaire... Témoins insensibles, les fonds de l’an passé, pendent sur leurs cintres. Face à ces présences muettes, naît la terrible question. Comment être une femme dans le vent, active et à la page, vêtue de ces reliques ? En déambulant dans des défroques semblables, je perdrais toute estime de moi-même. D’ailleurs, la presse unanime cataloguait, déjà il y a six mois, la mode de la saison passée «terne et conventionnelle»... Dans des dispositions pareilles, comment trouver l’élan de faire un tri ? Si on écoutait son cœur, on en ferait un tas de ces nippes...
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