Au moment où les territoires palestiniens se rapprochent de l’État, la direction palestinienne a impulsé le réseau Internet comme un tremplin possible pour une nouvelle économie, mais une mauvaise gestion et les monopoles brident le développement de ce secteur. «Les télécommunications sont au cœur de toute économie tournée vers la technologie. En Palestine, ce secteur est en état d’arrêt cardiaque», affirme Sami Bahour, directeur d’une firme de consultants en haute technologie à Ramallah en Cisjordanie. De nombreux entrepreneurs palestiniens spécialisés dans l’Internet se plaignent que le monopole des téléphones dans les territoires, Paltel, exerce trop d’influence sur le ministère des Postes et Télécommunications. M. Maan Bseiso, directeur général du plus important fournisseur palestinien de services sur Internet, Palnet, affirme qu’un récent décret ministériel imposant un droit de 20 dollars pour un accès vaguement défini à Internet pourrait le contraindre à cesser ses activités. «Le décret ne définit même pas ce que l’accès à Internet signifie. Sera-t-il illimité ? Que va-t-il inclure ?», déplore M. Bseiso à propos de ce texte, qui doit entrer en application le 1er octobre. Le ministre des Télécommunications, Imad al-Falouji, affirme que l’objectif est d’accroître le nombre de Palestiniens reliés à la toile en réduisant les coûts. «Il y a trop peu d’abonnés et nous voulons que chaque Palestinien puisse disposer d’Internet à la maison», a déclaré M. Al-Falouji. «Un tarif bas est une étape et il y en aura d’autres. Nous espérons parvenir à un point où Internet sera disponible dans chaque foyer palestinien comme le téléphone», poursuit le ministre. Les Palestiniens, qui devaient déclarer l’indépendance de leur État le 13 septembre, ont décidé de reporter cette échéance pour donner une nouvelle chance aux négociations avec Israël. Les dirigeants palestiniens affirment désormais que l’objectif principal est de jeter les bases d’institutions nationales afin qu’elles soient prêtes lorsque l’État sera déclaré. Alors que le président palestinien Yasser Arafat a évoqué son espoir de transformer le futur État palestinien en une puissance technologique telle que Singapour, des professionnels palestiniens s’exprimant récemment lors d’un symposium à Ramallah ont estimé que l’avenir de la haute technologie est imprévisible. «Il n’y a pas de règles du jeu claires. Nous ne savons pas où nous sommes», affirme M. Bseiso, dont la société a la plus grande part du modeste marché d’Internet de 12 000 abonnés sur une population de 3,15 millions d’habitants. Des règles bien définies aideraient à attirer des investisseurs, estiment les professionnels. «Les investisseurs sont totalement les bienvenus. Qu’il s’agisse d’investisseurs palestiniens ou étrangers, nous leur fournirons tout type d’assistance et de service», assure M. Al-Falouji sans donner de détails. Les Palestiniens, qui ont obtenu leur code Internet l’an dernier avec leur adresse se terminant par la mention «PS», s’inquiètent du fait que sans un marché au fonctionnement clair, ils pourraient manquer l’occasion de développer une économie liée à Internet. «La Palestine a raté l’ère industrielle à cause de l’occupation israélienne. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester en arrière à l’âge de l’information», affirme M. Bahour.
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