Les Palestiniens ont confirmé hier qu’ils pourraient renoncer à exiger la souveraineté sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, mais à condition que ce site, le troisième Lieu saint de l’islam, soit placé sous souveraineté islamique, un compromis qu’Israël a toutefois d’ores et déjà rejeté. Le président du Conseil législatif palestinien Ahmed Qorei (Abou Ala’a) a déclaré que les Palestiniens pourraient accepter que la souveraineté sur l’Esplanade revienne à l’Organisation de la conférence islamique (OCI), au lieu de l’Autorité palestinienne. «Nous ne pouvons pas aller au-delà (de cette acceptation) et cela n’a aucun sens de parler d’autre chose», a déclaré M. Qorei au quotidien palestinien al-Ayyam. Ces propos confirment une information publiée auparavant par le quotidien arabe al-Hayat, selon lequel M. Arafat a proposé que le comité al-Qods de l’OCI exerce «une souveraineté religieuse» sur l’Esplanade, un État palestinien se contentant de la «juridiction». Israël a publiquement rejeté cette éventualité, insistant pour que l’Esplanade, le Mont du temple pour les juifs, soit sous souveraineté israélienne. M. Qorei a écarté la possibilité d’une souveraineté internationale, par le biais des Nations unies, sur les Lieux saints de Jérusalem, notamment l’Esplanade. Cette idée a été écartée, selon lui, verbalement et par écrit, par le président palestinien Yasser Arafat lors du sommet de Camp David, qui s’est achevé sans accord le 25 juillet. Selon le quotidien palestinien al-Qods, le projet a cependant été remis sur le tapis lors de discussions qui se déroulent à New York par l’entremise des États-Unis. Les Palestiniens exigeaient la souveraineté sur l’ensemble de Jérusalem-Est qui abrite les principaux Lieux saints de l’islam, du christianisme et du judaïsme, dont ils veulent faire la capitale de leur futur État. La partie orientale de Jérusalem a été occupée et annexée en 1967 par Israël qui a proclamé toute la ville comme sa capitale «unifiée et éternelle», ce qui n’est pas reconnue par la communauté internationale. Le quotidien israélien Haaretz a affirmé mardi qu’Israël n’avait pas rejeté l’idée de confier la souveraineté sur l’Esplanade à un organisme international composé des pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu et de représentants du comité al-Qods, ce qui a été démenti par le bureau du Premier ministre israélien Ehud Barak. À plusieurs reprises, M. Barak a pressé le président palestinien de faire preuve de «souplesse» sur cette question. «Jusqu’à présent, nous ne voyons pas de signe de souplesse de la part d’Arafat», a indiqué vendredi M. Barak lors d’un entretien avec le président de Micronésie, Leo Falcam. «Nous espérons qu’Arafat saisira cette chance de paix qui s’offre à nous et réalisera les risques que nous courons si nous n’aboutissons pas à un accord», a ajouté M. Barak. L’Esplanade des mosquées, où se dressent la mosquée al-Aqsa et le Dôme du rocher, et le Mur des lamentations focalisent les passions religieuses et nationales des Palestiniens et des Israéliens. Troisième Lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine, l’Esplanade est aussi le site le plus sacré du judaïsme. À cet emplacement, le roi Salomon avait érigé son Temple, contenant le Saint des Saints, selon la Bible, et dont il ne reste trace. En contrebas, les énormes pierres du Mur des lamentations sont le dernier vestige du Temple érigé plusieurs siècles plus tard par le roi Hérode et détruit en l’an 70 par les Romains. Le ministre israélien de la Justice et des Cultes Yossi Beilin avait prôné pour l’Esplanade un statut d’«extraterritorialité» semblable à celui d’une ambassade. Pour les Israéliens et les Palestiniens, qui ont repris séparément les négociations avec les Américains à New York, la tâche principale sera de trouver une solution miracle à la question de la souveraineté sur les Lieux saints.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Palestiniens ont confirmé hier qu’ils pourraient renoncer à exiger la souveraineté sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, mais à condition que ce site, le troisième Lieu saint de l’islam, soit placé sous souveraineté islamique, un compromis qu’Israël a toutefois d’ores et déjà rejeté. Le président du Conseil législatif palestinien Ahmed Qorei (Abou Ala’a) a déclaré que les Palestiniens pourraient accepter que la souveraineté sur l’Esplanade revienne à l’Organisation de la conférence islamique (OCI), au lieu de l’Autorité palestinienne. «Nous ne pouvons pas aller au-delà (de cette acceptation) et cela n’a aucun sens de parler d’autre chose», a déclaré M. Qorei au quotidien palestinien al-Ayyam. Ces propos confirment une information publiée auparavant par le quotidien arabe al-Hayat,...