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Actualités - Conferences Et Seminaires

Les femmes qui disparaissent au Yémen : coupables jusqu'à preuve du contraire(photo)

Au Yémen, malgré des avancées certaines, la femme reste prisonnière de préjugés très puissants qui vont même affecter la vie et la mort ! C’est ce que nous apprend Anissa Ahmed Hadi, représentante de l’Association pour la capacitation économique des femmes. Interrogée sur la progression de la condition féminine au Yémen, Mme Hadi dit : «La situation actuelle de la femme au Yémen présente des aspects positifs et des aspects négatifs. Il faut avouer que certaines femmes ont brigué des postes importants dans le pays, pas autant qu’on l’aurait souhaité, mais c’ est déjà cela d’acquis. Mais nous sommes loin du compte». En effet, les femmes sont souvent victimes d’injustices indicibles. «Au Yémen, quand une femme disparaît, son père, son mari ou son frère ont encore honte d’aller signaler sa disparition au poste de police parce qu’ils considèrent d’emblée que, si elle n’est pas revenue, c’est qu’elle s’est livrée à des activités malhonnêtes, poursuit-elle. Il faut dire qu’ils sont découragés par l’attitude des policiers s’il leur arrive de porter plainte. Ceux-ci, dès qu’ils se rendent compte qu’il s’agit d’une fille, demandent invariablement aux parents de s’adresser à la police des mœurs, sans prendre le temps d’étudier l’affaire !». C’est alors qu’elle aborde un fait divers des plus aberrants, qui donne une idée du traitement qu’on réserve à la femme dans son pays : «Un tueur en série a assassiné seize jeunes étudiantes dans une faculté de médecine. Or, si des chaînes de télévision étrangères n’avaient pas révélé l’affaire, nous ne l’aurions jamais sue parce que les parents des filles, qui les avaient pourtant accompagnées à l’université le matin de leur disparition, n’ont jamais osé alerter la police !». L’Association pour la capacitation économique des femmes à laquelle appartient Mme Hadi existe depuis deux ans. Actuellement, ses fondatrices mettent au point un programme de travail qui définirait mieux leurs objectifs. «Il existe un grand nombre de femmes qui ne sont même pas incluses dans les statistiques officielles, poursuit Mme Hadi, parlant des problèmes que ces pionnières rencontrent. Nous essayons donc d’effectuer nos propres statistiques, de former des femmes dans les domaines où elles se sentent compétentes...». Côté pratique, comment travaille ce comité ? «Bien que nous soyons encore dans la phase de fondation, nous avons déjà ouvert une douzaine de comptes d’épargne dans les banques», dit-elle. Mais c’est d’autre chose que rêvent ces pionnières. «Notre objectif ultime est de fonder une banque, ajoute-t-elle. Les banques régulières ne sont pas accessibles aux femmes à moins qu’elles soient soutenues par leurs maris». Les femmes engagées dans ce mouvement viennent de différents secteurs. La présidente occupe un haut poste dans l’administration publique. Le mouvement est principalement financé par l’ambassade de Hollande. Révélateur... Les membres du comité travaillent en volontaires et se réunissent tous les jeudis. Toutefois, le financement du projet de la banque est encore loin d’être acquis. Interrogée sur les réactions des femmes yéménites à cette initiative, Mme Hadi souligne : «Elles se sont montrées très enthousiastes à l’idée des comptes d’épargne et des nouvelles possibilités qui leur étaient offertes».
Au Yémen, malgré des avancées certaines, la femme reste prisonnière de préjugés très puissants qui vont même affecter la vie et la mort ! C’est ce que nous apprend Anissa Ahmed Hadi, représentante de l’Association pour la capacitation économique des femmes. Interrogée sur la progression de la condition féminine au Yémen, Mme Hadi dit : «La situation actuelle de la femme au Yémen présente des aspects positifs et des aspects négatifs. Il faut avouer que certaines femmes ont brigué des postes importants dans le pays, pas autant qu’on l’aurait souhaité, mais c’ est déjà cela d’acquis. Mais nous sommes loin du compte». En effet, les femmes sont souvent victimes d’injustices indicibles. «Au Yémen, quand une femme disparaît, son père, son mari ou son frère ont encore honte d’aller signaler sa...