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Actualités - Chronologie

Arafat cherche à Moscou un nouveau parrain

Le président palestinien Yasser Arafat est attendu aujourd’hui à Moscou pour une visite de deux jours au cours de laquelle il tentera de persuader la Russie de s’investir davantage dans le processus de paix au Proche-Orient afin de contrebalancer la prééminence de Washington. La Russie, officiellement coparrain avec les États-Unis du processus de paix lancé en 1991 à Madrid, a adopté une position en retrait par rapport à Washington, consciente que la faiblesse de son économie ne lui permettait pas de rivaliser avec les offres américaines d’aide massive au financement du processus. Au cours de ses rencontres vendredi avec le président Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov, M. Arafat devrait cependant appeler Moscou à assumer ce rôle de coparrain, a indiqué le chef de la représentation palestinienne en Russie, Khaïri Aloridi. «Nous voulons que la Russie joue un rôle actif en tant que parrain, comme la communauté internationale lui a donné le droit de le faire avec les Américains», a déclaré M. Aloridi. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Vassili Sredine a affirmé hier que la Russie était «fermement résolue à apporter sa contribution à la recherche d’un compromis» dans le processus de paix israélo-palestinien, selon l’agence Interfax. Mais Moscou a perdu de son influence au Proche-Orient depuis l’effondrement de l’URSS, privant les Palestiniens d’un allié de poids face à la politique, jugée pro-israélienne, des États-Unis. Le président américain Bill Clinton a d’ailleurs affirmé le 1er août qu’il tenterait de «faire bouger» les Palestiniens pour remettre le processus de paix avec Israël sur les rails, après l’échec des négociations entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et M. Arafat à Camp David auxquelles M. Clinton avait activement participé. Aucun représentant russe n’y était présent. «Nous n’apprécions pas l’attitude des États-Unis en tant que parrain, nous attendons d’eux la neutralité. La Russie peut faire valoir son propre statut et son rôle», a souligné M. Aloridi. De son côté, Moscou, écarté de facto des négociations, a toujours évité de condamner Washington. «Nous n’avons aucun désaccord avec les États-Unis, nous soutenons leurs efforts pour la résolution du problème israélo-palestinien», a assuré le chef du service de presse du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Iakovenko. Cette position attentiste est jugée «réaliste» par un spécialiste du Proche-Orient du quotidien Izvestia, Vladimir Dounaïev. «La Russie ne peut jouer qu’un rôle minime. Les États-Unis n’accepteront pas qu’elle joue son rôle de coparrain», estime M. Dounaïev qui souligne que de toutes façons, «la Russie n’a pas les moyens de dépenser les milliards de dollars qui seraient nécessaires à l’obtention d’un véritable siège à la table des négociations». Selon les estimations officielles de Washington, si M. Clinton obtient un accord de paix entre Israël et les Palestiniens, son application coûtera 15 milliards de dollars aux contribuables américains sur les prochaines années, selon le quotidien américain Washington Post. M. Arafat, qui a affirmé à plusieurs reprises son «droit» à proclamer un État palestinien le 13 septembre, même en l’absence d’un accord de paix avec Israël à cette date, ne peut dans ces conditions espérer recevoir un soutien inconditionnel de Moscou. Un diplomate russe ayant requis l’anonymat et cité par Interfax a indiqué que la Russie ferait tout ce qu’elle pourrait pour «empêcher les parties de prendre des décisions unilatérales qui pourraient déstabiliser la région».
Le président palestinien Yasser Arafat est attendu aujourd’hui à Moscou pour une visite de deux jours au cours de laquelle il tentera de persuader la Russie de s’investir davantage dans le processus de paix au Proche-Orient afin de contrebalancer la prééminence de Washington. La Russie, officiellement coparrain avec les États-Unis du processus de paix lancé en 1991 à Madrid, a adopté une position en retrait par rapport à Washington, consciente que la faiblesse de son économie ne lui permettait pas de rivaliser avec les offres américaines d’aide massive au financement du processus. Au cours de ses rencontres vendredi avec le président Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov, M. Arafat devrait cependant appeler Moscou à assumer ce rôle de coparrain, a indiqué le chef de la représentation...