Kenya Chercher de l'eau, nouvelle tâche quotidienne des habitants de Nairobi
le 19 août 2000 à 00h00
L’eau est devenue une denrée rare et chère à Nairobi, dont des milliers d’habitants partent chaque matin, bidons et jerricanes à la main, en quête de quelques litres qu’ils paient à prix d’or. Touchée par une sécheresse présentée comme la plus grave de ces dernières années, la capitale kényane est soumise à un programme drastique de rationnement, qui prévoit de couper l’eau cinq jours par semaine dans presque tous les quartiers. À la faveur de la pénurie, les vendeurs d’eau ont vu leurs activités décupler dans les bidonvilles comme dans les quartiers aisés. «Nous n’avions pas de travail, c’est une opportunité pour nous de gagner de l’argent», explique Ibrahim Simindi, 26 ans, un vendeur d’eau d’un quartier au sud de Nairobi. Avec six de ses amis, Simindi sillone chaque jour la ville pour acheter de l’eau provenant de puits appartenant à des sociétés privées. Il paie 10 shillings (15 cents US) pour 20 litres qu’il revend ensuite à 50 shillings (80 cents) dans les quartiers résidentiels. «Si les affaires sont bonnes, nous gagnons 800 shillings par jour (11 dollars)», affirme-t-il. La municipalité de Nairobi, où les coupures d’eau étaient déjà fréquentes, a commencé à rationner l’eau de façon systématique début juillet, affirmant que le niveau de ses réservoirs avait dangereusement baissé à cause de la sécheresse. Les coupures d’eau grèvent le budget des entreprises, des hôtels ou des hôpitaux qui font venir quotidiennement des camions d’eau achetée au secteur privé. International House, un immeuble de bureaux de 13 étages dans le centre-ville, dépense 28 000 shillings (373 dollars) chaque jour pour faire venir l’eau depuis un puits situé à l’est de Nairobi, a indiqué le manager Timothy Muriuki. Depuis une semaine, les coupures ont été encore aggravées, en raison, selon la municipalité, de coupures électriques ayant affecté le principal réservoir de la ville. «Nous n’avons pas pu pomper l’eau à cause des rationnements d’électricité. Mais la société d’électricité nous a assurés que nos stations de pompage seraient désormais exemptées de coupures», a indiqué Mugo Gitahi, responsable des relations publiques au conseil municipal de Nairobi. «Quand les gens ont soif et que leurs toilettes sont sales, ils ne demandent pas d’où vient l’eau», a expliqué ce vendeur, qui a requis l’anonymat. La pénurie d’eau a également intensifié les sabotages du réseau de distribution, déplore la municipalité. Des voleurs percent des trous dans les tuyaux et siphonnent l’eau pour la vendre ensuite, a déclaré M. Gitahi. Une bataille rangée a ainsi opposé récemment pendant plusieurs jours policiers municipaux et laveurs de voitures qui s’approvisionnaient directement sur le réseau, grâce à des fuites d’eau.
L’eau est devenue une denrée rare et chère à Nairobi, dont des milliers d’habitants partent chaque matin, bidons et jerricanes à la main, en quête de quelques litres qu’ils paient à prix d’or. Touchée par une sécheresse présentée comme la plus grave de ces dernières années, la capitale kényane est soumise à un programme drastique de rationnement, qui prévoit de couper l’eau cinq jours par semaine dans presque tous les quartiers. À la faveur de la pénurie, les vendeurs d’eau ont vu leurs activités décupler dans les bidonvilles comme dans les quartiers aisés. «Nous n’avions pas de travail, c’est une opportunité pour nous de gagner de l’argent», explique Ibrahim Simindi, 26 ans, un vendeur d’eau d’un quartier au sud de Nairobi. Avec six de ses amis, Simindi sillone chaque jour la ville pour...
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