Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, a décidé hier le maintien de la suspension des vols des Concorde d’Air France, cloués au sol depuis la catastrophe de Gonesse le 25 juillet. Dans un communiqué, il considère qu’un scénario sur les causes de la catastrophe «se dessine» mais que trop d’«incertitudes» demeurent. Il annonce également son intention de proposer à son homologue britannique John Prescott une concertation des autorités de l’aviation civile des deux pays «pour prendre des mesures communes» concernant Concorde. Contrairement à Air France, qui a préféré immobiliser ses cinq appareils encore disponibles au nom du principe de précaution, British Airways a repris les vols de ses sept supersoniques dès le lendemain de l’accident de Gonesse. Le Bureau enquêtes accidents (BEA), chargé de l’enquête technique, a publié jeudi un début de scénario de l’accident accréditant la thèse d’une cause externe. Il a avancé qu’une pièce métallique découverte sur l’accotement de la piste avait probablement entaillé un pneu, dont l’éclatement aurait déclenché une cascade de défaillances : réservoir percé, fuite de carburant, incendie, problèmes de moteur et de train d’atterrissage. La gendarmerie du transport aérien (GTA), qui mène parallèlement une enquête judiciaire, a jugé ce début de scénario prématuré, soulignant que les résultats des expertises n’étaient pas attendus avant plusieurs semaines. «En l’état actuel de ses investigations, le BEA considère que la cause initiale de l’accident est la destruction du pneu intérieur avant du train principal gauche entraînant des conséquences catastrophiques dans un délai très bref», a souligné Jean-Claude Gayssot dans son communiqué. «Si le scénario semble se dessiner, par exemple sur l’origine de la destruction du pneu, des incertitudes persistent sur la chronologie des faits et leur enchaînement, ainsi que sur des éléments particuliers et spécifiques, comme la source et l’importance de l’incendie», a-t-il ajouté. Jean-Claude Gayssot a également insisté sur le fait que Concorde était «le seul avion de transport supersonique au monde avec un faible nombre d’unités en service». «En conséquence, l’expérience, malgré la longévité de sa carrière, est moins développée que pour n’importe quel avion de la flotte civile», écrit-il. Le ministre propose donc une concertation des aviations civiles française et britannique «pour prendre des mesures communes au vu des éléments actuellement disponibles». Il n’a pas précisé dans l’immédiat quel type de mesure était envisagé. Un porte-parole de la CAA, l’équivalent britannique de la direction générale de l’aviation civile, a déclaré qu’a priori, le Concorde lui-même n’était pas mis en cause par les experts. «Nous avons des experts qui travaillent en France avec les enquêteurs», a-t-il dit. «Nous n’avons rien entendu qui pourrait indiquer un problème avec l’avion lui-même», a-t-il ajouté, précisant que les autorités françaises informeraient immédiatement Londres d’un éventuel problème nécessitant des mesures d’urgence. Air France avait refusé de se prononcer mardi dernier sur l’avenir du supersonique, dont la retraite était annoncée pour 2007. «Les organismes officiels, comme le Bureau enquêtes accidents, la DGAC, examinent les conditions de l’accident, publient régulièrement des informations, tentent de reconstituer la chaîne des causes», a déclaré Philippe Calavia, directeur général délégué d’Air France. «C’est à l’issue de ces travaux que les autorités prendront une décision sur l’avenir de la flotte Concorde», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, a décidé hier le maintien de la suspension des vols des Concorde d’Air France, cloués au sol depuis la catastrophe de Gonesse le 25 juillet. Dans un communiqué, il considère qu’un scénario sur les causes de la catastrophe «se dessine» mais que trop d’«incertitudes» demeurent. Il annonce également son intention de proposer à son homologue britannique John Prescott une concertation des autorités de l’aviation civile des deux pays «pour prendre des mesures communes» concernant Concorde. Contrairement à Air France, qui a préféré immobiliser ses cinq appareils encore disponibles au nom du principe de précaution, British Airways a repris les vols de ses sept supersoniques dès le lendemain de l’accident de Gonesse. Le Bureau enquêtes accidents (BEA), chargé de...