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Actualités - Conferences Et Seminaires

Engouement pour la psychanalyse ... à Rachaya el-Wadi

Jusque-là, on savait que la psychanalyse et les théories freudiennes et lacaniennes étaient plutôt l’apanage d’une certaine élite urbaine, voire d’une intelligentsia rodée à une terminologie que les profanes ne peuvent que... difficilement saisir. Mme Wafa Daoud, la femme du député Fayçal Daoud, a voulu relever le défi. Présidente d’une association féminine de Rachaya el-Wadi, elle a pris l’initiative d’inviter une psychanalyste dans son village, pour une conférence sur les principes fondamentaux de la psychanalyse, et les problèmes sociaux dans leur ensemble. Le challenge est de taille : tout d’abord, la communauté de Rachaya ne constitue pas, on s’en doute bien, une audience avertie pour ce type de discours. En second lieu, la conférence devait être donnée en arabe, un exercice auquel la psychanalyste, Nadine Chacar, s’est prêtée avec habileté, ayant choisi la langue parlée pour mieux communiquer avec son public. Petit à petit, les gens ont afflué, jusqu’à remplir les deux cents sièges de la grande salle du village. Tenue traditionnelle pour les femmes druzes, le tailleur des grandes occasions pour celles qui ont voulu faire un effort supplémentaire, l’événement était important pour les habitants du village, mus par une vive curiosité pour cette «spécialiste des questions psychiques» venue de la ville. «On croit souvent qu’il faut être fou pour se rendre chez un psychanalyste». Telles étaient les premières paroles de l’exposé clair et précis, conçu pour un public qui n’est pas familier avec les rouages de l’inconscient, les concepts de désir et de refoulement. Après avoir clarifié la distinction entre les métiers de psychanalyste, de psychologue et de psychiatre, Nadine Chacar explique, avec des images et des exemples puisés dans la vie de tous les jours, comment les sentiments refoulés resurgissent via l’inconscient, sous divers aspects, tels que les actes manqués, les lapsus, les angoisses, ou encore les rêves, qui ne sont finalement que l’expression de ce non-dit qui n’est jamais remonté à la surface. «Le monde de l’inconscient exprime la réalité de nos sentiments et de nos désirs, dit-elle. Et ce que l’on tente d’oublier, ne nous oublie pas. Lorsque l’on tente d’expliquer le sens de ces phénomènes inconscients, à ce moment-là s’effectue une véritable prise de conscience». Cela pourra-t-il pour autant mettre un terme à notre anxiété ? «Pas tout de suite», répond l’analyste, qui explique comment, à travers un processus de transfert, le patient projette tous ses sentiments sur le psychanalyste, qui prend tour à tour le rôle du père, de la mère ou du substitut. «Ainsi s’opère une sorte de déchargement affectif sur la personne du psychanalyste, qui sert d’intermède dans le processus analytique». «C’est avec une troisième oreille que ce dernier doit écouter son patient, un peu comme si le patient et l’analyste communiquaient par inconscients interposés». Et Nadine Chacar de souhaiter, en guise de conclusion, que médecins, psychanalystes et psychologues puissent, main dans la main, collaborer et se concerter pour le bien-être des patients, tout en étant toujours à l’écoute de leurs maux, «dans l’espoir d’alléger leurs souffrances». La réaction du public n’a pas tardé à se manifester. Les questions, qui ont été posées par écrit, ont commencé à s’entasser sur le bureau de la conférencière. Dans un langage simple, parfois désarmant, les gens exposaient leurs problèmes, leurs angoisses, leurs petits complexes, bref, des sujets qu’ils n’ont probablement jamais osé soulever dans ce village éloigné, et où les secrets de famille ne peuvent jamais traverser la porte du domicile. Alors que certaines interrogations tournaient autour des problèmes affectifs, des grandes questions d’amour et de haine, d’autres posaient des problématiques plus sérieuses, des conflits de générations, des problèmes de dépressions graves, auxquels la psychanalyste s’est contentée de répondre en des termes vagues, en conseillant aux personnes concernées de s’adresser à des spécialistes. Bref, un échange fructueux, bénéfique, que les habitants de Rachaya el-Wadi ne sont prêts d’oublier.
Jusque-là, on savait que la psychanalyse et les théories freudiennes et lacaniennes étaient plutôt l’apanage d’une certaine élite urbaine, voire d’une intelligentsia rodée à une terminologie que les profanes ne peuvent que... difficilement saisir. Mme Wafa Daoud, la femme du député Fayçal Daoud, a voulu relever le défi. Présidente d’une association féminine de Rachaya el-Wadi, elle a pris l’initiative d’inviter une psychanalyste dans son village, pour une conférence sur les principes fondamentaux de la psychanalyse, et les problèmes sociaux dans leur ensemble. Le challenge est de taille : tout d’abord, la communauté de Rachaya ne constitue pas, on s’en doute bien, une audience avertie pour ce type de discours. En second lieu, la conférence devait être donnée en arabe, un exercice auquel la...