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Actualités - Chronologie

La Fifa et son président en échec

Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Joseph Blatter, a subi un sérieux revers après la désignation de l’Allemagne comme pays hôte du Mondial 2006, le dirigeant suisse ayant pesé de tout son poids pour que l’Afrique du Sud soit élue. Le déroulement même du scrutin est facteur de crise : l’étrange «choix personnel» d’abstention du délégué de l’Océanie, qui n’a pas respecté les consignes de sa confédération en faveur de l’Afrique du Sud, a fait basculer la décision et a débouché sur l’ouverture d’une enquête officielle. Toutefois, pour l’instant, «rien ne remet en cause la désignation de l’Allemagne», précise la Fifa. Le scrutin a mis en évidence la marge de manœuvre infime dont dispose le diplomate président Blatter qui doit composer avec divers blocs soudés. Le bloc asiatique avait ouvertement pris fait et cause pour l’Allemagne contre M. Blatter. En effet, au congrès extraordinaire de Los Angeles (États-Unis), l’été dernier, tous les membres de cette confédération (AFC) avaient quitté la salle, furieux de ne pas avoir eu cinq représentants pour le Mondial 2002 organisé par le Japon et la Corée du Sud. À Zurich, malgré une rencontre surprise avec M. Blatter quelques heures avant le vote, les quatre membres de l’AFC au comité exécutif de la Fifa sont restés inflexibles. Congrès délicat «Des membres asiatiques ont trahi Blatter et ont relancé la position dominante de l’Union européenne (UEFA). Le prochain congrès (4 et 5 août à Zurich) s’annonce délicat», a lâché un membre influent de la Fifa. «L’Afrique a eu affaire à un axe asiatico-européen dont je ne comprends pas toutes les raisons», a indiqué Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine (CAF). Joseph Blatter, le continent africain et l’Amérique du Sud sont ainsi les grands perdants du scrutin le plus serré de l’histoire de la Fifa. L’UEFA, accusée d’égoïsme par certains membres africains, ne s’est jamais investie dans cette course, mais pour son plus grand bonheur, elle organisera son 10e mondial en 18 éditions de Coupe du monde. Rotation Le congrès pourrait intégrer dans les statuts de la Fifa le principe de rotation du Mondial entre les six confédérations. Chacune n’accueillerait le Mondial que tous les 24 ans et de plus, une confédération ne pourrait présenter qu’un seul candidat par scrutin. Ce principe avait été rejeté lors du congrès de Chicago en 1994 et le combat s’annonce très difficile, même si M. Blatter peut encore espérer le soutien de l’Afrique et de l’Amérique du Sud. «Le président Blatter n’a pas trahi l’Afrique. Il a beaucoup travaillé pour que l’Afrique organise la Coupe du monde mais il s’est heurté à l’axe asiatico-européen», a constaté M. Hayatou. La Conmebol sud-américaine a bien soutenu l’Afrique, mais le retrait du Brésil de la course n’aura finalement servi à rien, et son silence jeudi soir était très remarqué. Elle n’a plus reçu la Coupe du monde depuis 1978 en Argentine et espérait avoir 2010 après un succès africain en 2006. Si le principe de rotation est acquis, le continent africain inaugurera en 2010 le nouveau système «pour que ce qui s’est passé ici à Zurich ne se reproduise plus», a conclu Joseph Blatter.
Le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Joseph Blatter, a subi un sérieux revers après la désignation de l’Allemagne comme pays hôte du Mondial 2006, le dirigeant suisse ayant pesé de tout son poids pour que l’Afrique du Sud soit élue. Le déroulement même du scrutin est facteur de crise : l’étrange «choix personnel» d’abstention du délégué de l’Océanie, qui n’a pas respecté les consignes de sa confédération en faveur de l’Afrique du Sud, a fait basculer la décision et a débouché sur l’ouverture d’une enquête officielle. Toutefois, pour l’instant, «rien ne remet en cause la désignation de l’Allemagne», précise la Fifa. Le scrutin a mis en évidence la marge de manœuvre infime dont dispose le diplomate président Blatter qui doit composer avec divers blocs...