Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a identifié treize «paradis» marins en Méditerranée à protéger en priorité et lancé à Rome un appel aux gouvernements riverains pour qu’ils s’engagent en ce sens. «La Méditerranée est, après les Tropiques, le plus important réservoir d’espèces endémiques de la planète, avec 20 % de ces espèces», a affirmé Paolo Guglielmi, un des responsables du programme du WWF pour la Méditerranée, lors d’une conférence de presse. L’association écologiste a mené pendant deux ans une vaste étude sur l’état de la biodiversité du fonds de la mer Méditerranée qui lui permis d’établir une carte des risques pour les espèces. Elle a ainsi identifié treize régions à «absolument protéger si l’on veut conserver un héritage unique». Alors que seulement 0,78 % des côtes méditerranéennes sont actuellement protégées écologiquement, plusieurs espèces sont en danger comme les tortues, le phoque moine, les dauphins et les baleines. Les treize zones identifiées par le WWF sont : mer d’Alboran (Algérie, Maroc, Espagne), îles Baléares (Espagne), côte liguro-provençale (Italie-Monaco, France), côtes de la Corse et de la Sardaigne (France, Italie), côte tyrrhénienne méridionale (Italie), côte dalmate (Croatie), côtes et îles de la partie orientale de la mer ionienne (Albanie, Grèce), mer Égée et côte anatolienne (Grèce, Turquie), côte cilice (Turquie) et chypriote (Chypre), côte de Cyrène (Libye), golfe de Syrte (Libye), golfe de Gabès (Tunisie), côte algéro-tunisienne (Algérie, Tunisie). Les chercheurs du WWF ont découvert qu’aucune de ces zones n’était «exempte de dégradations», même si deux d’entre elles, la côte libyenne et la mer Égée, peuvent être considérées comme des véritables «paradis marins». Ils ont en revanche identifié plusieurs zones «perdues» en terme de biodiversité, dont la côte adriatique italienne, la côte entre la Syrie et l’embouchure du Nil, la côte reliant l’embouchure du Rhône (France) à l’Espagne et la côte espagnole, de Barcelone à Valence. Le WWF «s’est fixé comme objectif d’obtenir que 10 % des côtes soient protégées et gérées d’ici les dix prochaines années, soit 1 % par an», a indiqué Paulo Guglielmi. Il a appelé les gouvernements des vingt-deux pays riverains à «harmoniser leurs politiques en matière de pêche en interdisant la pêche à la traîne sur les fonds jusqu’à cinquante mètres de profondeur, à bannir toute nouvelle construction touristique dans les zones à protéger» et à «traiter les eaux usées et déchets industriels». Le WWF a mis en place des projets spécifiques de conservation sur dix des zones à protéger.
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