Le problème de l’envoi de l’armée libanaise au Liban-Sud, et plus particulièrement dans l’ancienne zone de sécurité, continue de faire couler beaucoup d’encre et suscite de nombreux commentaires dans divers milieux politiques qui insistent sur la nécessité d’un déploiement rapide de la troupe dans la région méridionale du pays. Cette question a été évoquée par les députés Nassib Lahoud et Farès Boueiz au cours des entretiens qu’ils ont eus hier, séparément, avec le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, à Bkerké. De leur côté, l’ancien ministre et député Albert Moukheiber ainsi que le Parti national libéral ont dénoncé ce qu’ils ont considéré comme des atermoiements du pouvoir sur ce plan. À sa sortie de Bkerké, M. Lahoud, député du Metn-Nord, a rappelé qu’il a réclamé à plusieurs reprises un «déploiement massif des forces légales au Liban-Sud». M. Lahoud a souligné que la décision prise jeudi soir par le gouvernement d’envoyer une force mixte armée-FSI de 1 000 hommes au Sud, sans fixer la date de ce déploiement, «ne correspond pas aux besoins du Liban-Sud sur le plan de la sécurité». «Le retour à la vie normale au Liban-Sud ainsi que la relance de l’activité économique nécessitent un déploiement efficace et massif de l’armée libanaise, a déclaré M. Lahoud. Ce déploiement doit se faire non pas à la frontière pour défendre Israël, mais dans les villages et les localités, comme c’est le cas dans les autres régions du pays». Et le député du Metn-Nord d’ajouter : «Le souci de l’État ne devrait pas être d’amadouer la communauté internationale, en lançant des initiatives symboliques, mais plutôt de répondre aux aspirations du peuple libanais et de défendre les Libanais en déployant massivement l’armée au Sud». De son côté, M. Farès Boueiz, député du Kesrouan, a déclaré, à sa sortie de Bkerké, qu’il avait pris conscience, lors de sa récente visite au Liban-Sud, de la nécessité du déploiement de l’armée dans l’ancienne zone de sécurité afin de «tranquilliser la population». «Tout État, a notamment souligné M. Boueiz, se doit de déployer son armée lorsque son territoire est libéré». «Je ne comprends pas la logique selon laquelle l’armée ne peut pas côtoyer les forces de l’Onu alors même qu’elle coexiste déjà avec les forces onusiennes», a déclaré M. Boueiz. De même, je ne comprends pas que la troupe se déploie d’une manière symbolique sous la houlette des Forces de sécurité intérieure». Quant à M. Albert Moukheiber, il a affirmé que la décision du Conseil des ministres de déployer au Liban-Sud une force mixte armée-FSI relevant du ministère de l’Intérieur est en contradiction avec la loi de défense, et plus particulièrement avec la teneur de l’article 4 du décret législatif n° 102 du 16/9/1983 qui stipule qu’en cas d’atteinte à la sécurité de l’État, l’armée peut être chargée du maintien de la sécurité. Auquel cas, a précisé M. Moukheiber, toutes les forces chargées du maintien de l’ordre doivent être placées sous la direction du commandant en chef de l’armée. Après s’être interrogé sur les raisons pour lesquelles le Premier ministre ne respecte pas les termes de l’article 4 de ce décret législatif, M. Moukheiber a souligné que la population se demande pourquoi «le gouvernement craint de confier les régions libérées à l’armée libanaise». Enfin, le Parti national libéral a dénoncé, dans un communiqué publié hier, «les tentatives visant à court-circuiter le projet de déploiement de l’armée sur la frontière Sud et dans toutes les régions libérées». Le PNL a estimé que les atermoiements de l’État sur ce plan «ont poussé certaines parties à se livrer à des agissements regrettables». «Des fractions partisanes ont ainsi effectué des perquisitions dans des habitations et ont enlevé près de 140 citoyens de Bint Jbeil qu’ils ont interrogés». En conclusion, le PNL a souligné que «les arguments et les prétextes avancés par le pouvoir pour justifier le non-déploiement de l’armée n’ont convaincu personne». «La sauvegarde de la sécurité et de la dignité des citoyens est aussi importante, sinon plus, que la restitution de quelques centaines de mètres du territoire libanais», a conclu le PNL.
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