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Actualités - Chronologie

Un musée à Hakone

Une petite ville japonaise va accueillir, aujourd’hui 29 juin, un millier de passionnés d’Antoine de Saint-Exupéry pour célébrer le centenaire de la naissance de l’auteur du «Petit Prince» dans le seul musée qui lui est consacré au monde. À Hakone, au pied du célèbre Mont Fuji, il suffit de suivre les célèbres silhouettes du Petit Prince, plantées sur le bord de la route, pour tomber nez à nez avec... une réplique du château où l’écrivain-aviateur a passé son enfance. Autour s’ouvrent, comme dans un décor de cinéma, une rue de Lyon, sa ville natale et une place provençale telle qu’elles existaient en 1900. «Immergez-vous dans le monde exupérien !», lance le guide. «Pour sentir le message et capter le message du “Petit Prince”, il suffit de prendre son temps et respirer», précise-t-il. Ce parc à thème original est né, en juin 1999, de la passion d’une femme, Akiko Torii, pour le célèbre personnage aux cheveux d’or. «Tous les Japonais connaissent “Le Petit Prince”. Je voulais aller plus loin et faire découvrir son auteur», explique-t-elle. L’édition nippone est, en effet, la quatrième la plus lue au monde, après la française, l’anglaise et l’allemande. «Depuis 1953, date de sa sortie au Japon, cinq millions de livres ont été vendus, auxquels s’ajoutent entre 100 000 et 150 000 exemplaires supplémentaires chaque année», indique Mariko Wakatsuki, de la maison d’édition Iwanami. Depuis le début de l’année, un nouveau tirage de l’édition originale a déjà trouvé 150 000 acheteurs. Le Petit Prince (Hoshi Ojisama en japonais) est ainsi, de loin, le livre français le plus célèbre sur l’archipel. La majorité des lecteurs sont des adolescents, mais «de nombreuses personnes reprennent le livre à l’âge adulte», souligne Mme Wakatsuki. Pour Mme Torii, cet engouement n’est pas surprenant car «le message du “Petit Prince” est très proche de la mentalité japonaise», qui «attache une grande importance à la profondeur des relations entre personnes». De plus, comme les Japonais, «“Le Petit Prince” est attiré par la nouveauté tout en gardant contact avec le passé et les personnes qu’il a connues», avance-t-elle. Tee-shirts et mouchoirs Akiko Torii a découvert le livre à l’âge de neuf ans, sur un lit d’hôpital. Il est devenu sa «bible» et rythme sa vie professionnelle. En 1987, elle obtient la charge, pour le Japon, des droits de commercialisation des produits estampillés Petit Prince. Dans un pays amoureux des gadgets personnalisés, le petit personnage habille aussi bien des tee-shirts, des tasses que des boîtes de mouchoirs en papier. «J’ai eu très vite le projet de créer un lieu pour faire vivre l’esprit du “Petit Prince” mais j’ai dû attendre douze ans pour réaliser mon rêve», témoigne-t-elle. Au centre du parc, Mme Torii a fait construire la réplique du château de Saint-Maurice-de-Rémens, où Saint-Exupéry passa ses vacances près de Lyon, pour abriter le musée sur «la vie exaltante» de l’écrivain. Tout y est reconstitué : sa chambre d’enfant, ses bureaux de l’Aéropostale à Buenos Aires, du Cap Juby au Maroc puis de New York, où fut rédigée, en 1942, sa plus célèbre œuvre. «Les héritiers de Saint-Exupéry nous ont beaucoup aidés», se félicite Mme Torii. Le musée peut ainsi exposer sa Légion d’honneur, deux de ses manteaux et un sac mais aussi les reproductions de la plupart des photos disponibles de l’aviateur disparu au-dessus de la Méditerranée en 1944. Un tel musée est-il viable au Japon? «Bien sûr, même s’il n’est pas encore rentable», répond sa créatrice, qui espère accueillir 500 000 visiteurs par an après en avoir reçu 300 000 la première année.
Une petite ville japonaise va accueillir, aujourd’hui 29 juin, un millier de passionnés d’Antoine de Saint-Exupéry pour célébrer le centenaire de la naissance de l’auteur du «Petit Prince» dans le seul musée qui lui est consacré au monde. À Hakone, au pied du célèbre Mont Fuji, il suffit de suivre les célèbres silhouettes du Petit Prince, plantées sur le bord de la route, pour tomber nez à nez avec... une réplique du château où l’écrivain-aviateur a passé son enfance. Autour s’ouvrent, comme dans un décor de cinéma, une rue de Lyon, sa ville natale et une place provençale telle qu’elles existaient en 1900. «Immergez-vous dans le monde exupérien !», lance le guide. «Pour sentir le message et capter le message du “Petit Prince”, il suffit de prendre son temps et respirer», précise-t-il. Ce parc...