Après avoir bouclé un siècle de présence, voilà que le jean se prépare pour un nouveau parcours. Il renaît en triomphant de l’usure des ans puisque, aux collections de ce printemps, il joue les vedettes. Grande surprise: il fait ses premiers pas dans la haute couture! Après un abandon (relatif) chez les adolescents et les très jeunes adultes, les fabricants ont réalisé que le lifting s’imposait de façon urgente. Ils se sont donc mis à réinventer le denim qui, il y a cent cinquante ans, a fait la fortume de Levi Strauss, le vétéran «jeaner» leader américain. Dernière vedette en date de la vénérable société, le célèbre best-seller 501, après quoi le ronron a entraîné une sévère dégringolade des ventes de la toile indigo. Dépassée par les goûts «transgénération» de la nouvelle clientèle branchée, elle poursuivait son demi-sommeil... Mais comme il n’y a pas d’âge chez les braves, le géant du jean a retroussé ses manches: grande enquête auprès des 15-24 ans, formation, recyclage international pour les stylistes et mobilisation de techniciens d’avant-garde. «Dans les enquêtes entreprises, explique l’un des responsables de la marque en Europe, il a paru nettement que les jeunes boudaient le jean, le trouvant peu confortable. Ce qui imposait une réforme radicale. Deux ans de travaux de recherche ont permis de mettre au point “Engineered”, une toile denim classique, mélangée au Tencel, une fibre qui adoucit le jean». La grande trouvaille consiste dans le fait que dans cette nouvelle version, le jean (dont les jeunes rejetaient la raideur), grâce au Tencel, s’assouplit et ses coutures suivent chaque mouvement du corps «comme un gant». Une révolution par rapport aux anciennes coupes. Le lancement de ce nouveau jean, à Paris, a eu lieu en février passé, avec 12 modèles de base: pantalons (fille et garçon), jupe, robe, blouson et T-shirt. Mais il semble que Levi’s n’est pas le seul à avoir reprensé sa formule. G-Star, il y a quatre ans, avait lancé le jean «Elwood Baggy» destiné aux skaters et autres fanatiques de la glisse. Aujourd’hui, devenu un classique, il est décliné en quinze variétés. Lee Cooper aussi a réformé ses produits, en intégrant dans le denim des fibres lycra. Du jean, donc, sans la contrainte d’une rigidité est le nouveau pari de la toile légendaire des pionniers de l’Ouest américain.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après avoir bouclé un siècle de présence, voilà que le jean se prépare pour un nouveau parcours. Il renaît en triomphant de l’usure des ans puisque, aux collections de ce printemps, il joue les vedettes. Grande surprise: il fait ses premiers pas dans la haute couture! Après un abandon (relatif) chez les adolescents et les très jeunes adultes, les fabricants ont réalisé que le lifting s’imposait de façon urgente. Ils se sont donc mis à réinventer le denim qui, il y a cent cinquante ans, a fait la fortume de Levi Strauss, le vétéran «jeaner» leader américain. Dernière vedette en date de la vénérable société, le célèbre best-seller 501, après quoi le ronron a entraîné une sévère dégringolade des ventes de la toile indigo. Dépassée par les goûts «transgénération» de la nouvelle clientèle branchée,...