À moins d’une semaine de l’entame du Championnat d’Europe des nations de football en Belgique et aux Pays-Bas, l’attente commence à se faire longue au sein des 16 sélections qualifiées. «Mes joueurs sont comme des chevaux de course. Ils ont hâte de s’élancer», a déclaré le sélectionneur espagnol José Antonio Camacho. Comme la grande majorité de ses confrères, il guette impatiemment l’ouverture de la compétition qui débutera par Belgique-Suède, le 10 juin au stade Roi Baudouin à Bruxelles. En attendant, les techniciens s’efforcent de gérer la vie de leur groupe, éviter que les antagonismes ne dégénèrent en conflits entre les joueurs présumés titulaires et ceux qui prendraient volontiers leur place, organiser la cohabitation jusque dans les chambres. «Je me demande parfois si nous sommes des entraîneurs ou bien un père et une mère à la fois», s’est interrogé le Norvégien Nils Semb. Dans le groupe D (Pays-Bas, France, Slovénie et Danemark), le Néerlandais Franck Rijkaard a décidé de se passer de Jimmy Hasselbaink, le nouveau joueur de Chelsea (Angleterre). Officiellement parce qu’il «n’est capable que de jouer attaquant». Officieusement, selon des joueurs néerlandais du FC Barcelone, parce que «Jimmy n’accepte pas la discipline du groupe». Ne pas décevoir La France, championne du monde en titre, s’est préparée à Casablanca (Maroc). Pour l’entraîneur Roger Lemerre, seule la question de l’attaque paraîssait se poser. Mais il n’a que l’embarras du choix. Henry, Djorkaeff, Anelka, Dugarry et Wiltord ont inscrit chacun un but face au Maroc (5-1) mardi soir. Une situation que lui envie sûrement son collègue tchèque Jozef Chovanec qui dispose d’un groupe homogène dont n’émerge réellement que Pavel Nedved, un milieu tout-terrain dont le talent pourrait éclater à l’occasion de cet Euro. Le Danemark, piloté par l’entraîneur suédois Bo Johansson, cultive sa discrétion. Celle qui lui avait permis de surprendre tout son monde en 1992 lorsqu’il s’était approprié le trophée. Mais, depuis, les frères Laudrup ont quitté la maison. Dans le groupe B, la Belgique aussi se prépare sans faire de bruit. Le sélectionneur Robert Waseige sait que, jouant à domicile, son équipe se doit de ne pas décevoir. Mais la Suède, l’Italie et la Turquie ne feront rien pour lui faciliter la tâche. La formation italienne semble la plus dangereuse mais la Turquie de Hakan Sukur, dirigée par Mustaphe Denizli, entend bien s’inscrire dans la dynamique créée par la récente victoire du Galatasaray Istanbul en Coupe de l’UEFA. «Dans toute compétition internationale, il y a toujours une formation surprise. La Turquie peut être celle là», a d’ailleurs noté Dino Zoff, le sélectionneur italien. Bien que confronté à de vives critiques, une tradition en Italie, il a maintenu son cap en sélectionnant sept joueurs de la Juventus Turin. La Lazio Rome, champion d’Italie après avoir coiffé la Juve sur le fil, n’a que deux joueurs retenus dans la Squadra Azzurra. La Suède paraît reléguée au rang de gros outsider. Cela ne semble pas contrarier le sélectionneur Tommy Soderberg qui met en garde contre les pronostics hâtifs en estimant que ce groupe B est «très ouvert et intéressant». Un grand classique Dans le groupe C, l’Espagne de Camacho, victorieuse en 1964 et finaliste malheureuse 20 ans plus tard, se pose en favorite. Le sort l’a plutôt épargnée en lui opposant la fantasque Yougoslavie, l’inexpérimentée Slovénie et la Norvège, solide mais sans génie. Il ne lui reste qu’à concrétiser et à suivre les traces d’un Real Madrid, vainqueur face à Valence, un autre club espagnol, de la Ligue des champions pour la huitième fois de son histoire le 24 mai. Le titre européen des nations viendrait ainsi couronner une année presque parfaite pour le football espagnol. Reste le groupe A, dit «de la mort». L’Allemagne, tenante du titre, arrive à pas comptés. L’assurance insolente des années passées a fait place au doute. Erich Ribbeck, le sélectionneur, doit gérer un ensemble de joueurs à l’humeur souvent incontrôlable. La qualité est là, impressionnante même sur certaines séquences de jeu, mais il faudra en faire étalage contre la Roumanie de Gheorge Hagi comme face à une solide équipe portugaise qui, elle aussi, se verrait bien être la révélation de la compétition. Et puis, il faudra aux Allemands se frotter à l’Angleterre. Un grand classique. En espérant que, le 17 juin, dans le petit (30 000 places) stade de Charleroi, la confrontation entre les deux pays se circonscrira au terrain et ne débordera pas en dehors, entre leurs supporteurs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À moins d’une semaine de l’entame du Championnat d’Europe des nations de football en Belgique et aux Pays-Bas, l’attente commence à se faire longue au sein des 16 sélections qualifiées. «Mes joueurs sont comme des chevaux de course. Ils ont hâte de s’élancer», a déclaré le sélectionneur espagnol José Antonio Camacho. Comme la grande majorité de ses confrères, il guette impatiemment l’ouverture de la compétition qui débutera par Belgique-Suède, le 10 juin au stade Roi Baudouin à Bruxelles. En attendant, les techniciens s’efforcent de gérer la vie de leur groupe, éviter que les antagonismes ne dégénèrent en conflits entre les joueurs présumés titulaires et ceux qui prendraient volontiers leur place, organiser la cohabitation jusque dans les chambres. «Je me demande parfois si nous sommes des...