Les offres du dollar ont presque disparu hier, à Beyrouth, dans un marché toujours préoccupé par les conjectures auxquelles donnent lieu les points litigieux au sujet de la délimitation de la frontière internationale entre le Liban et Israël. Pourtant, la demande en cette monnaie ne devait pas prendre beaucoup d’ampleur, se limitant aux besoins commerciaux courants du pays. Dans ce contexte, la Banque du Liban (BDL), qui s’est déclarée prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, afin de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, est parvenue à le faire fixer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL Mais, en raison de la pénurie d’offres en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à s’approvisionner en dollar auprès de la BDL et au haut de sa fourchette d’intervention, pour la première fois depuis deux semaines. En effet, la devise américaine s’est négociée invariablement durant toute la journée d’hier entre 1 513,50 et 1 514,50 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, dans des échanges peu étoffés, ne dépassant pas quelque six millions de dollars entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. L’euro dopé par l’attente d’une hausse des taux européens À l’étranger, l’euro s’est davantage raffermi hier sur les marchés des changes internationaux, parvenant à frôler le seuil de 0,96 dollar, au plus haut depuis début avril dernier. Il a certes profité de l’anticipation d’une hausse d’au moins un quart de point en pourcentage du taux de base de la Banque centrale européenne (BCE) demain qui rendrait les placements en euro plus attractifs. De fait, l’ensemble des analystes commencent d’ores et déjà à observer un changement de sentiment envers la monnaie unique européenne, redevenue de plus en plus attractive pour les investisseurs sous le rapport de la rentabilité. Pourtant, l’euro avait eu de mal dans la matinée à briser le seuil de 0,95 dollar une première fois, la seconde a été la bonne le faisant même frôler la barre de 0,96 dollar de sorte qu’il n’est pas impossible de le voir grimper encore plus haut dans les prochains jours. Selon des analystes londoniens, l’euro pourrait même monter jusqu’à 0,98 dollar s’il arrivait à se maintenir à court terme au-dessus de 0,9550 dollar, notant néanmoins que les conditions pour un retournement fondamental de sa tendance ne sont pas encore tout à fait réunies, malgré les incertitudes sur l’économie américaine. À cet égard, les opérateurs ont été attentifs à l’annonce hier par le département du Travail aux États-Unis que la productivité des Américains a augmenté en dernière révision de seulement 2,4 % au premier trimestre de cette année contre 6,9 % au dernier trimestre 1999, témoignant du ralentissement de la croissance. Cela d’autant qu’ils apprenaient aussi que les coûts salariaux ont progressé seulement de 1,6 %, au lieu de 1,8 %, contre 2,9 % pendant la même période, excluant toute perspective d’un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) à court terme. D’un autre côté, les investisseurs ont été sensibilisés par la diminution du chômage dans la zone euro en avril (à 9,2 % de la population active contre 9,3 % en mars), reflétant la vigueur de l’économie européenne et nourrissant les anticipations de hausse des taux d’intérêt dans la zone euro. Cela étant, les attaques à la baisse contre le dollar se sont multipliées hier non seulement face à l’euro mais aussi à la livre sterling et au yen. L’annonce hier d’une forte hausse de 3,2 % des ventes de détail au Royaume-Uni en mai est venue nourrir aussi les perspectives d’un relèvement des taux d’intérêt britanniques aujourd’hui par la Banque d’Angleterre à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. Il en est de même des spéculations sur une forte croissance du produit intérieur brut (PIB) japonais au premier trimestre dont les chiffres doivent être publiés après-demain, rassurant les investisseurs sur l’état du redressement de l’économie au Japon et par ricochet du yen. C’est dans ce contexte que le dollar s’est négocié franchement à la baisse, à New York, comme suit : – 0,9560 pour un euro contre 0,9480, la veille – 1,5305 pour un sterling contre 1,5190 – 2,0460 DM contre 2,0630 – 6,8615 FF contre 6,9185 – 1,6450 FS contre 1,6585 – 2 025,40 lires contre 2 042,25 – 105,70 yens contre 107,30. Bourse de Beyrouth : poursuite de la hausse À la Bourse de Beyrouth, la cote libanaise a continué sur sa lancée de la veille, soutenue toujours par la remontée des actions Solidere des deux catégories. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,84 % à 65,33 points, alors que l’indice partiel LIBEX des valeurs bancaires s’est maintenu à 139,90 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume toujours mince où 18 525 actions seulement ont changé de main d’une valeur globale de 138 678 dollars. Bourses américaines : tendance mitigée Sur les places boursières internationales, Wall Street a renoué avec la baisse alors que le Nasdaq présentait une certaine résistance aux ventes bénéficiaires, dans un marché toujours indécis. Selon les experts, les opérateurs boursiers restaient toujours mesurés dans l’attente de nouvelles statistiques à la fin de cette semaine susceptibles de confirmer un ralentissement de l’économie américaine qui dissuaderait la Fed de relever ses taux d’intérêt. Les indicateurs publiés hier n’ont de ce point de vue guère modifié la donne aussi bien sous le rapport des chiffres de la productivité des Américains au premier trimestre que sous le rapport des coûts salariaux pendant la même période. Quoi qu’il en soit, la tendance de fond des marchés reste positive, grâce à l’optimisme de certains opérateurs après la publication la semaine dernière de statistiques économiques reflétant un début de ralentissement de la croissance américaine. En effet, le Nasdaq a réussi à finir dans le positif au terme d’une séance mitigée contrairement à Wall Street qui a dégagé quelques pertes. Cest ainsi que l’indice Dow Jones des industrielles a irrégulièrement oscillé entre un plus haut à 10 822,61 points et un plus bas à 10 719,64 points, avant d’afficher en préclôture 10 744,81 points, en baisse de 70,49 points sur la veille. Tassement des Bourses européennes Les Bourses européennes ont clôturé en repli mardi, au terme d’une séance pourtant orientée à la hausse, le marché se montrant finalement frileux devant l’hésitation manifestée par les valeurs américaines à New York en matinée. La Bourse de Paris a terminé sur une baisse de 1,0 % et celle de Londres a fini inchangée. Amsterdam a cédé 0,59 %, Zurich 0,57 %, Milan 0,96 %, Madrid 2,08 %. Mais, contre la tendance, Bruxelles a gagné 0,23 %. Quant à la Bourse de Francfort, qui ferme désormais à 18h00 GMT, elle a perdue 0,65 %. L’Eurotop 300 paneuropéen se repliait de 0,7 % et l’Euro Stoxx 50 limité aux valeurs vedette de la zone euro abandonnait 1,18 %. Les marchés européens sont restés sans relief, à la recherche d’une direction après la forte hausse de la semaine dernière, dans le sillage du spectaculaire rebond de New York. Le compartiment des télécommunications s’est cependant illustré, notamment à Paris, où les autorités ont annoncé les modalités d’attribution des licences UMTS de téléphonie mobile de la troisième génération. France Télécom a clôturé en baisse de 1,68 %, Vivendi a conservé un gain de 0,85 % et Suez Lyonnaise des Eaux a réduit ses pertes à 1,6 %. Bouygues, apparemment le moins bien loti sur le plan du financement pour décrocher une licence – dont le coût a été annoncé à 32,5 milliards de francs – a abandonné 2,72 %. Parmi les valeurs actives de la journée, l’assureur allemand Allianz limitait ses pertes en fin d’après-midi et reculait de 2,84 % à 374 euros après l’annonce de la réduction de la participation de Deutsche Bank de 7,0 % à 4,1 %. Deutsche Bank était pratiquement inchangé à 86,05 euros. Le groupe britannique de télévision par satellite BSkyB a chuté de 6,27 % à 1 280 pence après que Lehman Brothers eut placé sur le marché une grosse part des participations détenues par le groupe des médias Kirch, non coté. Les valeurs technologiques ont souffert de l’hésitation de Wall Street. Le fabricant britannique d’ordinateurs de poche Psion a ainsi dégringolé de 4,25 % à 621,50 pence. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a fermé en baisse de 0,2 % mardi, les investisseurs préférant prendre leurs bénéfices après quatre séances de hausses consécutives, selon les courtiers. L’indice Nikkei a perdu 31,71 points à 17 170,08 points. L’indice Topix a perdu 6,78 points, à 1 588,66, pour un volume d’échanges estimé à 716 millions d’actions contre 666,8 millions lundi. «Il est normal que le marché ait voulu reprendre son souffle après quatre jours de hausse», a expliqué Kunihiro Hatae, de chez Tokyo Securities. Le marché avait repris un peu de terrain en fin de séance grâce à des achats de valeurs restées basses, selon les experts. «Les investisseurs recherchent davantage les actions à bas prix maintenant», a ajouté M. Hatae. Parmi ces valeurs on trouve Sega Enterprises, qui a annoncé lundi qu’elle projetait de développer un téléphone mobile de nouvelle génération permettant de surfer sur le net et de jouer avec l’aide de Motorola. Sega était en hausse de 80 yens, soit 4,2 %, à 1 970 yens. Les actions à forte valeur, en revanche, ont été les plus touchées par les prises de bénéfices. Sony perdait 20 yens, à 11 100, et Nippon Telegraph and Telephone était en baisse de 50 000 yens, soit 3,5 %, à 1,4 million de yens. Softbank Corp. réalisait une hausse importante de 850 yens, soit 4,3 %, à 20 800, après avoir signé un accord avec le gouvernement sur la reprise de la banque nationalisée Nippon Credit Bank Ltd. Les investisseurs particuliers ont beaucoup vendu, mais l’impact de leurs ventes sur la tendance n’a pas été décisif, selon les courtiers. «Les baisse est restée limitée grâce à une amélioration du résultat des entreprises» pour l’exercice s’achevant en mars 2000, a indiqué l’analyste de la Nikko Securities, Kazue Mayuzumi. Les prises de profits ont lourdement pesé sur les fabricants de puces électroniques qui avaient beaucoup profité des perspectives très favorables de ce marché, ont expliqué les experts.
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