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Actualités - Chronologie

Remédier à l'archaïsme économique, première tâche du prochain président

Le président Hafez el-Assad a légué à son fils et successeur désigné Bachar un pays à grande potentialité économique, doté d’infrastructures de bon niveau, mais archaïques pour la nouvelle économie articulée autour de l’informatique, de la communication et du secteur bancaire, selon les experts. Ce qui va de soi dans les pays environnants, en Jordanie et au Liban, ne l’est pas pour la Syrie. Le secteur bancaire privé, susceptible de gérer et encourager l’investissement, est inexistant. L’accès à Internet est restreint, réservé aux entreprises. Il faut plus de deux semaines pour se relier à l’unique réseau opéré par la société étatique de télécommunications et une autorisation spéciale des PTT pour brancher un fax ou un modem sur une ligne téléphonique. Les communications par portable ne sont actuellement disponibles que pour 3 000 à 4 000 abonnés et ne couvrent que Damas et la capitale du nord, Alep. Pourtant, le pays a de grandes potentialités. C’est le sixième producteur de coton au monde. La production pétrolière, secteur d’État, est de 600 000 barils/jour et deux millions de touristes ont visité la Syrie en 1999. Le pétrole constitue avec le coton et le blé près de 80 % des exportations syriennes. Conscient de ces possibilités et aussi des lourdeurs bureaucratiques aggravées par la corruption, le nouveau gouvernement de Moustapha Miro qui porte la marque de Bachar el-Assad s’est engagé à «lutter contre la corruption et à assainir et à moderniser l’économie». Le budget du nouveau gouvernement a donné la priorité aux dépenses d’investissements. La vaste campagne anticorruption a déjà fait plusieurs victimes, parmi lesquelles l’ex-Premier ministre, Mahmoud Zohbi, qui s’est suicidé après avoir été «chassé» du parti au pouvoir et fait l’objet de poursuites. Son objectif économique est évident. Pour Rateb Shallah, président de la Chambre du commerce et d’industrie de Damas, «la Syrie doit d’abord assainir son secteur public, qui assure actuellement 50 % du PIB s’il veut moderniser son économie». «La campagne anticorruption a bien sûr un objectif économique: celui d’écraser les monopoles et de réduire le clientélisme, et d’assurer la confiance aux investisseurs, conditions indispensables à une démocratisation et une libéralisation de l’économie», ajoute-t-il. En effet jusqu’à présent, la Syrie peine à libéraliser son économie, malgré l’insistance du secteur privé et l’engagement officiel des autorités à intégrer la zone de libre-échange euro-méditerranéenne à l’horizon 2000. En fait, le taux de croissance réel n’a cessé de diminuer depuis 1995 où il était d’environ 6 %. Il avait auparavant augmenté grâce notamment à la première loi libérale de 1991 pour encourager les investissements. Mais les investissements privés drainés par cette loi n’avaient pas dépassé les 3 millions USD, et n’avaient pas réussi à rapatrier les capitaux privés syriens à l’étranger, estimés à 20 milliards USD. Malgré les lourdeurs et l’immobilisme, le consensus, encouragé par Bachar el-Assad, se fait de plus en plus grand pour les réformes économiques et l’ouverture indispensable pour l’entrée de la Syrie dans l’économie de marché, ajoutent les experts.
Le président Hafez el-Assad a légué à son fils et successeur désigné Bachar un pays à grande potentialité économique, doté d’infrastructures de bon niveau, mais archaïques pour la nouvelle économie articulée autour de l’informatique, de la communication et du secteur bancaire, selon les experts. Ce qui va de soi dans les pays environnants, en Jordanie et au Liban, ne l’est pas pour la Syrie. Le secteur bancaire privé, susceptible de gérer et encourager l’investissement, est inexistant. L’accès à Internet est restreint, réservé aux entreprises. Il faut plus de deux semaines pour se relier à l’unique réseau opéré par la société étatique de télécommunications et une autorisation spéciale des PTT pour brancher un fax ou un modem sur une ligne téléphonique. Les communications par portable ne sont...