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Actualités - Chronologie

Turquie - Le nouveau président prête serment aujourd'hui Ahmet Necdet ezer, l'anti-Demirel

Le nouveau président turc Ahmet Necdet Sezer, un inconnu sur la scène politique, prêtera serment aujourd’hui mardi et succédera ainsi à Suleyman Demirel, marquant un changement radical de style et de génération. L’ex-président de la cour constitutionnelle est le premier chef de l’État turc à n’être issu ni de l’armée, ni du sérail politique. M. Demirel, 75 ans, ingénieur en travaux publics de formation, a exercé sept mandats de chef de gouvernement et dirigé la Turquie environ onze ans et demi. Deux de ses mandats de Premier ministre ont été interrompus par des coups d’État militaires en 1971 et 1980. Le parcours de M. Sezer, 59 ans, a été nettement plus linéaire, hors des agitations dramatiques de la scène politique turque : magistrat de bout en bout, son ascension l’a porté en janvier 1998 à la tête de la cour constitutionnelle. M. Demirel a passé son mandat de président à arpenter le pays, ne négligeant aucune inauguration ou association locale, serrant des milliers de mains, se posant en figure paternelle et protectrice symbole de l’État pourvoyeur, qui lui ont valu le surnom de «Baba» (papa). M. Sezer est un homme réservé, qui déteste se mettre en avant et ne parle que de ce qu’il connaît. Ses proches le décrivent comme un homme qui ne transige pas sur les principes, un juriste rigoureux. M. Demirel est l’homme qui a un jour lâché : «Hier était hier, aujourd’hui c’est aujourd’hui», une expression devenue proverbiale en Turquie par laquelle il expliquait en partie ses louvoiements voire ses revirements en politique. M. Sezer accède au pouvoir avec une réputation sans tache et a levé les espoirs d’être un Monsieur propre dans un pays où la corruption éclabousse les plus hauts sommets de l’État, tandis que l’entourage de M. Demirel n’est pas exempt d’accusations de corruption. M. Demirel s’est largement impliqué dans la politique étrangère et les relations internationales, à l’instar de son prédécesseur Turgut Ozal. M. Sezer ne parle aucune langue étrangère et n’a pas d’expérience internationale. Un point commun : tous deux ont suivi leur scolarité à Afyon, ville du centre-ouest de l’Anatolie réputée pour sa culture du pavot et ses loukoums, mais à plusieurs années d’intervalle. Ces contrastes laissent présager un changement de style et peut-être même un tournant dans l’exercice de la présidence, avec un nouvel équilibre des rôles entre présidence et gouvernement. M. Sezer paraît mieux armé pour jouer le rôle d’une autorité morale qui peut axer le débat sur une démocratisation de la Turquie et un meilleur respect des droits de l’homme à l’heure où elle ambitionne d’adhérer à l’Union européenne, s’il se conforme à ses déclarations comme juge suprême. Des nécessités également déclinées par son prédécesseur, qui a lui aussi prôné une modification de la Constitution, rédigée en 1982 sous le contrôle des auteurs du coup d’État militaire de 1980, mais sans grand effet. Reste à voir comment M. Sezer définira et tiendra son rôle une fois au pouvoir, notamment en tant que président du Conseil de sécurité national (MGK), instance réunissant les plus hauts responsables civils et militaires à travers laquelle l’armée exerce directement son influence sur la politique. Pour tenter de déchiffrer l’avenir, tous les commentateurs se sont mis à éplucher soigneusement ses jugements, leur seul grain à moudre, tentant d’en tirer des conclusions mais sans pouvoir donner de réponse si ce n’est l’espoir d’une amélioration pour la Turquie.
Le nouveau président turc Ahmet Necdet Sezer, un inconnu sur la scène politique, prêtera serment aujourd’hui mardi et succédera ainsi à Suleyman Demirel, marquant un changement radical de style et de génération. L’ex-président de la cour constitutionnelle est le premier chef de l’État turc à n’être issu ni de l’armée, ni du sérail politique. M. Demirel, 75 ans, ingénieur en travaux publics de formation, a exercé sept mandats de chef de gouvernement et dirigé la Turquie environ onze ans et demi. Deux de ses mandats de Premier ministre ont été interrompus par des coups d’État militaires en 1971 et 1980. Le parcours de M. Sezer, 59 ans, a été nettement plus linéaire, hors des agitations dramatiques de la scène politique turque : magistrat de bout en bout, son ascension l’a porté en janvier 1998 à la...