Les tiroirs-caisses n’ont pas flambé cet hiver dans les boutiques de robes de mariée : la razzia espérée pour l’an 2000 n’a pas eu lieu et les ventes n’ont que modérément augmenté, selon les principaux fabricants et distributeurs de robes de mariée en France. Optimistes à l’automne 1999, les professionnels du secteur du mariage tablaient sur un grand cru en 2000, en s’appuyant sur des prévisions de 20 % à 30 % de mariages en plus par rapport à l’an dernier (285 400 mariages). Les candidats à l’union légale étaient supposés privilégier l’année 2000 pour célébrer la cérémonie. Et, dans les ateliers de la robe perlée ou du taffetas sur crinoline, on rêvait d’un boom des mariages en blanc (de 150 000 à 180 000 chaque année, selon des estimations du secteur). Aujourd’hui, six mois après l’ouverture à l’automne de la saison de la robe de mariée, «on peut déjà affirmer que cette année ne sera pas exceptionnelle. Il n’y aura pas le boom espéré. On attendait beaucoup plus», a déclaré Gérard Labouze, PDG de Pronuptia, leader de la robe de mariée en France. Certes en novembre, mois «traditionnellement calme», les ventes ont grimpé «de 50 % par rapport à novembre 1998, mais il s’agissait d’anticipations d’achats» et non du début d’une explosion des ventes, a expliqué M. Labouze. Pronuptia vend environ 40 000 robes par an, dont 32 000 en France. La fourchette des étiquettes va de 1 495 F pour le meilleur marché à 30 000 F pour le haut de gamme griffé Christian Lacroix. «En décembre, les ventes ont augmenté de 15 %, puis elles ont stagné en janvier-février et très légèrement progressé en mars», a-t-il poursuivi. Le chiffre d’affaires devrait grimper, «dans le meilleur des cas, de 5 % à 6 % sur la saison 1999-2000», a estimé le PDG de Pronuptia. Chez son concurrent Cymbeline, «on escompte au final une hausse de 2 % à 3 % du chiffre d’affaires. Au mieux de 5 %», a indiqué Jean-Philippe Lautraite, directeur général de la société. Cette saison, «beaucoup de gens ont acheté plus tôt que d’habitude, alertés par les médias», a affirmé M. Lautraite. Craignant de ne pas trouver leur bonheur plus tard, les futures mariées ont provoqué «un embouteillage dans nos boutiques» en octobre et novembre, a-t-il ajouté. Les ventes ont connu «des scores très importants» sur ces deux mois et la tendance à la hausse a prévalu jusqu’en janvier, a précisé le responsable de Cymbeline, qui vend 35 000 robes par an dont la moitié en France. Même constat pour la société Hervé Le Mariage. «Il y a eu un “bug” de l’an 2000 par rapport aux prévisions. Les jeunes filles sont venues plus tôt dans les boutiques», a raconté le PDG Hervé Bleines. Après «une hausse de 30 % sur octobre/novembre/décembre, certains points de vente accusent une chute depuis janvier», a-t-il détaillé. Dans les rayons bon marché de Tati, on a vendu «11 000 robes sur toute la France» depuis le lancement de la nouvelle collection début novembre jusqu’à fin mars, a indiqué Anne Piérard, chef de produit du département mariage. «Les gens se marient, mais ce n’est pas le grand boom annoncé dans le secteur», a relevé Mme Piérard.
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