Le deuxième ligne australien John Langford, 31 ans, ancienne doublure de John Eales chez les Wallabies, sera un atout de poids pour la province du Munster, samedi à Bordeaux contre le Stade Toulousain, en demi-finale de la Coupe d’Europe de rugby . C’est précisément comme doublure de l’immense Eales que Langford a fait sa première visite à Limerick, en 1996, lors d’une tournée des Wallabies. Eales blessé, Langford avait été appelé d’urgence. Il est arrivé juste avant le coup d’envoi, après 26 heures de voyage, mais a passé tout le match à «se geler» dans les tribunes de Thomond Park, et s’en souvient encore. Il a heureusement pu se réchauffer après le match et laisser une carte de visite. Quatre ans plus tard, en juillet dernier, il se décidait à quitter les ACT Brumbies et signait pour Shannon, l’un des clubs qui approvisionnent le Munster, après avoir failli opter pour le Leinster. Sept matches européens plus tard, Langford, 2 mètres et 110 kilos, attend avec impatience le match de Bordeaux, mais n’a pas encore oublié le quart de finale contre le Stade Français : «Le match le plus dur que j’ai joué cette saison. J’étais ruiné après le match et j’ai encore mal partout. C’était très dur, très physique». Langford est né à Wagga Wagga, entre Sydney et Melbourne, et c’est avec l’université de Sydney qu’il avait fait sa toute première visite en Irlande, en 1991 : «Un souvenir mémorable, qui m’a aidé à prendre la décision de partir jouer à l’autre bout du monde. L’autre raison, c’est que le salaire était garanti, alors que beaucoup de joueurs venus en Grande-Bretagne n’ont jamais touché l’argent qui leur était promis». Le soleil lui manque Langford ne tarit pas d’éloges sur ses nouveaux amis à Munster. Du haut de ses quatre sélections avec les Wallabies, il compare volontiers Rod McQueen, le patron des champions du monde, à l’entraîneur du Munster, Declan Kidney : «Ils savent tous les deux quand c’est le moment de décrocher, ils font la différence entre les périodes où il faut travailler et celles où on peut se relaxer». Mick Galwey, son compère en deuxième ligne, est «l’un des meilleurs capitaines que j’ai jamais eu, il a beaucoup d’expérience, travaille beaucoup, et mérite le respect», dit Langford. Quant au talonneur Keith Wood, «on s’est tout de suite trouvés, dès le premier entraînement. C’est l’un des meilleurs lanceurs que je connaisse, et nous n’avons pas raté une balle de toute la séance». «Quand il retournera aux Harlequins, ce sera une grande perte pour le Munster, mais Frank Sheehan est mieux qu’une doublure. Je pense qu’il accompagnera Woody à l’aéroport pour être sûr qu’il ne rate pas l’avion pour Londres», plaisante Langford. Le grand John est bien intégré à Limerick, où sa femme Nicole a donné le jour, il y a trois mois, à un petit Connor, un prénom très irlandais. Mais le soleil, la plage et la famille lui manquent. Il était prévenu pour le mauvais temps, mais ne s’attendait pas à ce que «la saison des pluies dure si longtemps». Plutôt que la météo, il préfère parler du match de samedi : le Munster sera challenger, «un rôle qui convient bien aux Irlandais», mais «tous les joueurs sont déterminés à reprendre le flambeau porté l’an dernier par l’Ulster». Ce Langford est un modèle d’intégration, et il semble faire l’unanimité : «C’est un professionnel de première classe, et un type bien», résume Brian O’Brien, le manager du Munster.
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