Guatémala Quatre personnes tuées par des vigiles au cours d'une manifestation
le 29 avril 2000 à 00h00
Quatre personnes dont un photographe de presse ont été tuées par balles par des gardes de sécurité hier, à Guatemala, lors d’incidents avec des manifestants qui protestaient contre une hausse des tarifs des transports urbains. Les incidents sont survenus dans une galerie commerçante lorsque des groupes de jeunes ont brisé des vitrines de magasins à coups de pierres et dérobé des articles de sport. Des vigiles ont alors ouvert le feu avec des fusils de calibre 12 mm, touchant mortellement quatre personnes dont le photographe qui travaillait sur la manifestation pour le quotidien le plus important du pays, Prensa Libre. Douze personnes ont été également blessées. Depuis le début de la semaine, un mouvement de protestation contre une augmentation de 50 % des tarifs des transports urbains imposée par la municipalité a donné lieu à de violents incidents. Plusieurs dizaines de bus ont été saccagés, de nombreux magasins pillés et 70 personnes ont été interpellées. Une quinzaine d’étudiants ont affiché leur détermination en observant depuis trois jours une grève de la faim. L’un d’entre eux a dû être hospitalisé. Le président Alfonso Portillo a regretté ce «jour de tristesse dans l’histoire du pays, comme tant d’autres par le passé». «Nous ne pouvons que regretter la mort d’un journaliste qui était là pour rendre compte d’une manifestation légitime du peuple face à l’augmentation des tarifs des services de base», a-t-il ajouté. Il s’est déclaré également prêt «à intervenir dans ce dossier» si la municipalité de Guatemala et les compagnies de transports «ne renonçaient pas à appliquer l’augmentation des tarifs qui est à l’origine des manifestations». Pour sa part, le maire de la capitale, Fritz Garcia-Gallont, a rejeté la responsabilité des violences sur le gouvernement qui «n’a pas assumé ses responsabilités». «Le gouvernement de Portillo espère sans doute que les manifestations forceront le maire à démissionner, et pouvoir exercer ensuite un contrôle total sur la capitale», a déclaré Fritz Garcia-Gallont, élu en novembre dernier sous les couleurs de l’ancien parti au pouvoir (PAN). Plusieurs associations de défense des droits de l’homme, qui ont condamné «l’absence de consultation et de dialogue» de la part des responsables politiques depuis le début des manifestations, présentent également «cette spirale de la violence» comme «le résultat du duel que se livrent l’ancien parti au pouvoir (PAN) et le Front républicain guatémaltèque (FRG-droite)», le parti du président Portillo. Incapable de réduire les inégalités dans le pays et échouant dans sa politique économique depuis les accords de paix signés en 1996 qui ont mis fin à 36 ans de guerre civile, le PAN a été battu lors des élections législatives et présidentielle en décembre dernier. Le directeur du quotidien Prensa Libre a qualifié quant à lui la mort du photographe de son journal de «lamentable». «C’est un coup terrible porté à la presse mais aussi à tout le pays car il démontre l’état d’insécurité absolue dans lequel se trouve le Guatemala», a déclaré Gonzalo Marroquin. Les représentants des syndicats de la presse ont également annoncé «que les journalistes refusaient de continuer à travailler sur les manifestations» en raison des violences.
Quatre personnes dont un photographe de presse ont été tuées par balles par des gardes de sécurité hier, à Guatemala, lors d’incidents avec des manifestants qui protestaient contre une hausse des tarifs des transports urbains. Les incidents sont survenus dans une galerie commerçante lorsque des groupes de jeunes ont brisé des vitrines de magasins à coups de pierres et dérobé des articles de sport. Des vigiles ont alors ouvert le feu avec des fusils de calibre 12 mm, touchant mortellement quatre personnes dont le photographe qui travaillait sur la manifestation pour le quotidien le plus important du pays, Prensa Libre. Douze personnes ont été également blessées. Depuis le début de la semaine, un mouvement de protestation contre une augmentation de 50 % des tarifs des transports urbains imposée par la municipalité a...
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