Dans le champ clos de la mode, malgré les apparences d’un accès accueillant, il n’est pas facile de percer... Intérêts, vanité, rivalités et mille calculs érigent de hautes murailles qui barrent la route vers la renommée. Seule une poignée de griffes et de noms règnent en maîtres absolus sur le monde des chiffons, qui n’a absolument rien de futile. Tout est calculé, pesé, mesuré, de la longueur d’une jupe à la naissance d’une nouvelle étoile, à l’accueil d’un potentiel investisseur... Mais pour survivre, cet univers fragile des courants et des vogues a besoin d’un renouvellement perpétuel et vital... Durant un certain temps, le climat était statique. Une série de retours en arrière commémore de vieux succès et des gloires ayant fait leur temps. Les «come-back» et les rééditions nostalgiques étaient bien plus nombreux que les découvertes de véritables talents neufs. Or voilà que dans les champs du vêtement, de nouveaux épis mûrissent. De nouveaux créateur, pas nécessairement sujets de la «haute», font leur apparition, consolident leur position, se fraient un chemin neuf. Il en est ainsi d’Eric Bergère, de Jérôme L’Huillier, de Gilles Rosier, d’Isabel Marant, de Kostas Murkudis, de Véronique Leroy, de Marcel Marongiu, de Christophe Lemaire et de bien d’autres. Chacun apporte un brin de génie, un souffle neuf, une manière propre de traiter la matière, d’actualiser ainsi l’image de la féminité. Car ces nouveaux créateurs n’arrivent pas les mains vides. Leurs collections foisonnent de trouvailles. D’alliances nouvelles aussi : entre nuances et teintes, coupes, fentes et coutures au masculin et ou au féminin, chacun crée un style, explore une voie, installe un créneau neuf. Eric Bergère La griffe actuelle qui monte a derrière elle un bon routier : Eric Bergère, créateur du prêt-à-porter masculin et féminin ainsi que d’accessoires, est loin d’être un profane. Lancée en 1995, sa signature est la plus connue et la mieux reconnue parmi celles des nouveaux «promus». Classique et élégante, sa mode s’adresse à la femme «active». Celle qui enchaîne, montre au poignet, maison, boulot, enfants. Fatalement aussi, réunions, conférences, déplacements, loisirs. «Les femmes ne peuvent pas toujours rentrer chez elles pour se changer», explique Eric Bergère. «Il leur faut donc des tenues transformables. Le plus simple c’est de jouer sur les panoplies qui se dédoublent : une robe en jersey habillée d’un pull à col roulé, un twin-set raffiné, un petit haut précieux sous une veste, ou une robe sous un cardigan. La petite robe noire portée avec une veste cela marche toujours. Le plus important, c’est le décolleté qui allonge le cou. On peut alors ajouter, le soir, un collier. Mais un bracelet ou une broche c’est tellement mieux...». Dernière recommandation : l’ourlet au genou ou une de ces jupes tubulaires, très longues, qui ressemblent à des pantalons, qu’on glisse dans le sac pendant la journée en prévision d’une sortie le soir. Jérôme L’Huillier En 1996, un contrat d’importation et de distribution avec le Japon apporte à ce créateur, dont la marque existe depuis 1989, une augmentation importante de son chiffre d’affaires et de ses points de vente. Auparavant, Jérôme L’Huillier a travaillé dans la mode masculine et féminine (Rodier, 3 Suisses, Monoprix, Prisunic) simultanément. Actuellement, sa boutique parisienne, au Palais Royal, sert de vitrine à sa mode uniquement féminine : raffinée, pratique, originale. Les hommes peuvent attendre. Isabel Marant Une inspiration cosmopolite où se mêlent Orient, Afrique du Nord, Inde et Occident. Elle collabore avec Michel Klein et se distingue vite grâce à un style ultraféminin, facile à porter, et des matériaux choisis, très originaux : chemisier en popeline rayée soie et coton sur des pantalons en voile de coton, grands châles en voile de coton maintenus par un ceinturon. Gilles Rosier Il débute en 1982, à sa sortie de la Chambre syndicale de couture de Paris, chez Christian Dior, sous la baguette de Marc Boham, puis chez Balmain. Dix ans plus tard, il fonde sa propre marque après avoir été premier assistant chez Jean-Paul Gaultier, puis directeur artistique chez Leonard. En 1992, il fonde sa propre maison et peu de temps après son nom devient une griffe. Gilles Rosier a un style résolument moderne, sophistiqué. Il aime le biais, l’asymétrie, les belles matières. Marcel Marongiu De père français et de mère suédoise, il étudie la peinture, l’économie et la couture à Stockholm. En 1991, il s’installe à Paris où il ouvre sa première entreprise en 1998, rue Saint-Honoré. Ses traits principaux : coupes nettes, inspiration éclectique, originalité. Il met en valeur les formes féminines aidé, par son choix, des matières, telles que jersey, maille, stretch. Véronique Leroy Venue de son pays, la Belgique, étudier à Paris, elle a été l’assistante d’Azzedine Alaïa et de Martine Sitbon avant d’ouvrir sa propre maison. Après quelques années de créations débridées, elle s’assagit tout en gardant une touche avant-gardiste solidement soutenue par une coupe irréprochable et un goût très sûr. Kostas Murkudis Né en Allemagne, de père grec, il étudie la chimie puis le stylisme. Devenu l’assistant de Helmut Lang durant sept ans, il en gardera la force et la rigueur d’un apprentissage hors série. Il fonde sa propre maison en 1996 et, grâce à sa vision très personnelle du vêtement (mélange d’impressions, découpes, système original de zip), son nom est vite imposé dans les milieux de la création et de la mode.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans le champ clos de la mode, malgré les apparences d’un accès accueillant, il n’est pas facile de percer... Intérêts, vanité, rivalités et mille calculs érigent de hautes murailles qui barrent la route vers la renommée. Seule une poignée de griffes et de noms règnent en maîtres absolus sur le monde des chiffons, qui n’a absolument rien de futile. Tout est calculé, pesé, mesuré, de la longueur d’une jupe à la naissance d’une nouvelle étoile, à l’accueil d’un potentiel investisseur... Mais pour survivre, cet univers fragile des courants et des vogues a besoin d’un renouvellement perpétuel et vital... Durant un certain temps, le climat était statique. Une série de retours en arrière commémore de vieux succès et des gloires ayant fait leur temps. Les «come-back» et les rééditions nostalgiques...